Le roman « La mosquée Notre-Dame de Paris 2048 », publié en France avec quatre ans de retard !

Publié le 11 mai 2009 - par - 7 418 vues
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Best-seller russe écrit par l’écrivain Elena Tchoudinova et publié en 2005, le roman d’anticipation très politiquement incorrect « La mosquée Notre-Dame de Paris 2048″ a fini par trouver un éditeur français et vient seulement d’être publié fin avril 2009 en France, alors qu’il s’agit du pays dans lequel se déroule l’action du roman !

Examinons les faits :

Une des branches les plus riches de la littérature de science-fiction, ou d’anticipation (terme plus approprié en l’occurrence) est celle que l’on appelle la politique-fiction. Ce genre littéraire très ancien (1) consiste pour l’auteur à imaginer ce que serait un monde régi par un système politique très différent de celui existant du temps de l’auteur. Si certains auteurs ont créé des utopies ( étymologiquement : le bon lieu ) , la plupart des auteurs créent plutôt des univers dystopiques ou anti-utopiques , voire franchement cacotopiques.

Plusieurs classiques de la littérature décrivent des mondes cacotopiques, voire cauchemardesques. Citons par exemple le roman  »
1984″ de Georges Orwell, décrivant une anti-utopie de type communiste ultra-stalinien dans une épouvantable Angleterre de 1984, dans laquelle chaque citoyen est sous vidéo-surveillance. Ce roman a tellement marqué des générations de lecteurs que le terme « orwellien », pour désigner un monde ultra-dictatorial et ultra-surveillé, est devenu un adjectif usuel. Le monde décrit dans 1984 était une étrange prémonition du stalinisme et de la Chine maoïste.

Un autre univers très dystopique est celui décrit dans « le meilleur des mondes », de Aldous Huxley, mélange effarant de société de consommation « optimisée » par la fabrication de clones en grande série, « améliorés » génétiquement pour s’adapter à leur classe sociale, monde peuplé d’êtres humains dont les émotions sont chimiquement contrôlées par des drogues. Dans « Un bonheur insoutenable », roman un peu moins célèbre, Ira Levin décrit un monde entièrement contrôlé par un super-ordinateur et par des médecins dispensateurs de « traitements » rendant les citoyens dociles, jusqu’à ce que le héros découvre qui programme l’ordinateur central…

Les trois livres précédemment évoqués ont la caractéristique d’être d’être des avertissements effrayants, qui ont, en leur temps, beaucoup marqué les esprits, et, d’une certaine façon, ont suscité des réactions : « 1984 » a constitué une des bases de la prise de conscience, en occident, de la nature du système stalinien, tandis que des lois telles que celles qui concernent la bioéthique n’auraient peut-être jamais vu le jour si l’avertissement lancé par « le meilleur des mondes » n’avait pas été un frein puissant à des dérives effrayantes . Ces trois livres sont également des chefs d’oeuvre de la littérature de science-fiction, et même de la littérature tout court !

Tel n’est malheureusement pas totalement le cas du roman d’Elena Tchoudinova. Littérairement, il se rapproche beaucoup plus des best- sellers à grand tirage qui fleurissent sur les plages en plein été que de la grande littérature. Plusieurs raisons à cela : d’une part, il semble y avoir eu des difficultés de traduction, et d’autre part le style de l’auteur, parfois tarabiscoté, gêne parfois l’intelligibilité du texte et de l’action, en particulier dans le prologue, qui est assez hermétique, et ne devient qu’imparfaitement compréhensible après lecture d’une bonne partie du livre. Il est donc préférable de débuter la lecture de celui-ci par le chapitre premier, plutôt que par ce prologue.

Quel est donc ce monde cacotopique décrit par Elena Tchoudinova ? En
2048, l’islam a pris les rênes du pouvoir dans l’essentiel des pays de l’Union européenne, rebaptisée Bloc Euro-islamique ou Euroislam.
L’auteur ne s’étend pas tellement sur les événements ayant permis cette prise du pouvoir. Néanmoins, on apprend qu’une une grande Albanie, réunifiée avec le Kosovo, et probablement réislamisée et armée avec des pétrodollars, s’empare de ce qui reste de la Serbie.
Ensuite, le reste de l’Europe tombe, territoire après territoire, aux mains de l’islam comme dans un jeu de Go. En France, des émeutes banlieusardes, précédées d’une période d’immigration massive mal contrôlée et d’une instabilité chronique violente aboutissent à des concessions répétées de la République, qui cède du terrain sous la pression du chantage et d’actions violentes, et en fin de compte il y a une prise de pouvoir par des islamistes wahabites.

Dans cette Europe de cauchemar, seuls deux pays gardent leur indépendance : la Grèce, au prix du paiement d’un lourd tribut annuel, et la Pologne, dernier pays catholique d’Europe, qui a eu la sagesse de s’allier avec la Russie et de quitter l’Union Européenne tant qu’il en était encore temps. La Russie est le dernier représentant du monde libre. Les Etats Unis, économiquement exsangues et politiquement divisés , deviennent isolationnistes. Le Japon s’est replié sur lui même et l’Inde, soumise à des conflits internes, reste en dehors du conflit. Un traité international entre la Chine, la Russie, l’Australie, l’Inde et le Japon interdit tout transfert de technologie innovante vers l’Euroislam et les autres pays musulmans.

Dans cette France islamisée, les Parisiens non convertis à l’islam sont parqués dans cinq grands ghettos , dans lesquels ils vivent dans le dénuement et sont soumis à d’incessantes persécutions. La cathédrale Notre-Dame de Paris, après des modifications architecturale d’importance, a été rebaptisée mosquée Al Franconi.

Une bonne part des Français sont des convertis « collaborationnistes » ayant adopté des prénoms musulmans plus ou moins francisés pour eux-mêmes et leurs enfants, tandis que la classe dominante de cette société est constituée des musulmans d’origine arabe. La justice est rendue par des Cadis : on assiste au premier chapitre à la lapidation à mort sous l’Arc de Triomphe d’un viticulteur bordelais censé s’être reconverti dans la fabrication du raisin sec, mais qui en fait détourne une partie de sa production pour fabriquer du vin vendu au marché noir.

Les femmes converties à l’islam sont devenues des citoyennes de seconde zone, pouvant difficilement sortir de chez elle sans leur mari, la tenue voilée est obligatoire pour elles sous peine d’ennuis avec la police religieuse. Les familles sont déchirées entre convertis et non-convertis.

L’action du livre se passe à un moment clé : les autorités musulmanes ayant décidé de demander à des milices banlieusardes d’investir les ghettos non-musumans et de les détruire!

Dans cette dictature religieuse incroyablement obscurantiste, un mouvement de résistance s’est formé (semble-t-il armé par les Chinois). Les voitures de dignitaires musulmans sont piégées. On fait la connaissance des trois personnages clés du livre : Sophie, dont il est question dans le prologue, une gréco-russe orthodoxe, dont la vengeance est le moteur de l’action. On comprend à la longue que l’origine de cette vengeance se rapporte à des événements dont parle le prologue. Il y a aussi Eugène Olivier , un athée poseur de bombes et liquidateur de cadis. ll y a enfin un troisième personnage beaucoup plus atypique, le père Lotaire, un prêtre catholique traditionaliste disciple de Mgr Lefebvre !

C’est d’ailleurs le point idéologiquement très faible et très contestable, et même désagréable, du roman. L’auteur, Elena Tchoudinova, a, sur les événements qu’elle narre, une vision très nationaliste pan-slave et pan-orthodoxe, profondément réactionnaire à de nombreux point de vue. Il est clair qu’elle éprouve de la sympathie, voire une adhésion, à la thèse soutenues dans le livre par le père Lotaire, selon laquelle la cause première de l’apparition de ce bloc euro-islamique est l’affaiblissement de l’église catholique, suite au concile Vatican II ! Evidemment , personne ne peut sérieusement soutenir une pareille thèse : en France, les événements actuels démontrent amplement que c’est l’affaiblissement considérable, depuis une vingtaine d’années, de la laïcité, sous les coups de boutoir de la pensée « politiquement correcte », et non celui du catholicisme, qui est le terreau fertile du développement exponentiel de l’intégrisme musulman.

Il y a là, de la part de Elena Tchoudinova, une très grande méconnaissance de la réalité sociologique française : les catholiques lefebvristes ne représentent qu’un groupuscule ultra-minoritaire, d’importance dérisoire dans le paysage idéologique français.

Ce point de vue très slavo-centré qu’adopte l’auteur rend néanmoins très intéressant l’un des personnages, Slobodan, un espion serbe infiltré très haut placé dans la société musulmane. Ce personnage développe longuement le point de vue serbe sur l’intervention de l’OTAN au Kosovo et en Serbie, point de vue systématiquement occulté par les médias adeptes de la pensée unique à l’époque des faits, et qui mérite d’être entendu.

Il y a quelques scènes désopilantes dans le livre : ainsi , la
conversation surréaliste entre le prêtre traditionaliste Lotaire et
Eugène Olivier. Le prêtre expose à l’athée éberlué l’interprétation théologique que font les catholiques traditionalistes des soixante douze « houris » qui attendent le musulman au paradis. Nul doute qu’à l’écouter le paradis musulman en perd considérablement de son attrait, et semble une bien mauvaise affaire !…

Malgré certains partis-pris idéologiques détestables relevant de l’excessive et rétrograde bondieuserie de son auteur, on aurait tort de négliger le terrifiant message de ce roman. L’idéologie politiquement correcte ne manquera pas de le qualifier « d’islamophobe » selon ce terme inventé par Khomeiny et qu’affectionne Sarkozy.
Certains iront même jusqu’à le qualifier injustement de raciste.

2048, c’est dans une trentaine d’années. Il paraît, en première analyse, improbable qu’une dictature islamique prenne le pouvoir dans l’Union Européenne dans un aussi bref laps de temps. Néanmoins, qui aurait pu croire il y a trente ans, en 1979, que, dans le monde de
2009 des tribunaux de la charia seraient institués en Grande Bretagne, et que ce pays verrait une régression hallucinante de la liberté d’expression de ses citoyens, au point de devenir progressivement un état néototalitaire (2). Qui aurait pu imaginer l’incroyable prolifération des voiles islamiques, des abayas saoudiennes, même sur des adolescentes, voire des burqas et niqabs, dans les rues et les super marchés? En 1979, on ne voyait que de très rares voiles sur des immigrées de plus de 60 ans. Qui aurait pu penser que les seins nus sur les plages et dans les piscines, qui étaient une pratique généralisée en 1979, deviendraient hors la loi dans nombre de piscines, et que dans certaines de celles-ci seraient imposées des horaires musulmans, entre autre à Lille par la future leader du parti « socialiste » ? Qui aurait pu prévoir en 1979, époque pendant laquelle les mosquées françaises se comptaient sur les doigts d’une main, il y en ait actuellement des milliers, et que, dans une France dont la laïcité se rétrécit comme une peau de chagrin, 30 % de leur budget de construction soit illégalement financé par l’argent public (3)?

Qui aurait pu penser en 1979 que la publication de caricatures sur l’inventeur d’une religion provoqueraient des émeutes, l’incendie d’une ambassade et un procès en blasphème contre Charlie hebdo ? Qu’un écrivain, Houellebecq , aurait eu également a subir un procès pour avoir critiqué l’islam ? Qu’aux Pays-Bas, un cinéaste ( Théo Van Gogh ) serait odieusement assassiné pour blasphème contre l’islam ? Qu’un prétendu « conseil des droits de l’homme de l’ONU » voterait une résolution visant à interdire la « diffamation des religions », autant dire le blasphème
(4) ? Qui aurait pu prévoir les attentats musulmans du 11/09/2001, de Londres, de Madrid et autres ?

Un futurologue aurait -il fait l’ensemble de ces prévisions en 1979 qu’il aurait sans nul doute été l’objet de la risée générale du public, qui aurait parlé de catastrophisme infondé !

Elena Tchoudinova étant actuellement, par rapport à notre époque, dans la position de cet hypothétique futurologue de 1979, nous risquerions donc fort de regretter à l’avenir d’avoir négligé ses avertissements ou de nous en être gaussés. N’oublions pas que la pire dictature du XXème siècle est arrivée légalement au pouvoir, par le jeu d’alliances politiques contre nature, avec seulement le tiers des votants !

Une chose ressort clairement de ce roman, c’est que l’ éventuelle arrivée d’un pouvoir islamique en France serait à l’origine d’une régression des libertés probablement encore pire qu’à l’époque de l’occupation allemande. N’oublions pas non plus que la société invivable pour un français que décrit ce roman n’est rien d’autre que le quotidien actuel de centaines de millions d’habitants de cette planète soumis au joug islamique.

Ce roman a eu beaucoup de mal à trouver un éditeur en France, c’est un éditeur peu connu (éditions Tatamis) qui a eu le courage de le publier. Oui, il faut parler de courage, car cela pourrait valoir à cet éditeur procès et mesures de représailles. Il est assez sidérant de constater que, alors que de nombreux livres totalement dépourvus d’intérêt sont abondamment commentés dans les médias, et leurs auteurs invités dans les débats-spectacles télévisuels, aucune critique, même négative, n’a été faite de ce livre dans aucun titre de la presse nationale, alors qu’il est publié depuis trois semaines !

Les médias n’auraient pas pu faire preuve de plus de tartuferie : cachons ces idées que l’on ne saurait voir ! On pourrait même qualifier cette indifférence feinte et ce  » silence-radio  » de véritable censure invisible. Raison de plus pour acheter ce livre, malgré ses défauts manifestes.

« Gouverner, c’est prévoir », affirme avec raison la sagesse populaire. La lecture de ce roman est donc chaudement recommandée à tous les élus de la République, qui devraient longuement méditer cette phrase-clef de l’ouvrage : « Quand on commence à faire des concessions, on ne peut plus s’arrêter »…

Docdory

Regarder ici (5) les vidéos de l’interview de Elena Tchoudinova.

(1) [http://www.metabasis.it/2/frammenti/ricercaBraga.pdf->http://www.metabasis.it/2/frammenti/ricercaBraga.pdf]

(2) [http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article1084->http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article1084]

(3) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/12/13/01016-20081213ARTFIG00745-enquete-sur-le-financement-des-nouvelles-mosquees-.php

(4) [http://www.wluml.org/french/newsfulltxt.shtml?cmd%5B157%5D=x-157-564411->http://www.wluml.org/french/newsfulltxt.shtml?cmd%5B157%5D=x-157-564411]

(5) [http://mosquee-notre-dame.blogspot.com/2009/02/videos-2-5-delena-tchoudinova.html->http://mosquee-notre-dame.blogspot.com/2009/02/videos-2-5-delena-tchoudinova.html

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