Le sommet de Copenhague se termine par un flopenhague

Publié le 21 décembre 2009 - par
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Du 7 décembre au 18 Décembre 2009, sous l’égide de l’ONU, s’est déroulé le Sommet de Copenhague. Quelques 200 pays, membres du G8, pays en voie de développement et pays émergents devaient se mettre d’accord pour trouver de nouvelles mesures pour faire face au réchauffement climatique.

Le protocole de Kyoto de 1997 qui avait été ratifié par 175 pays avait pour objectif de lutter contre le réchauffement climatique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, soit disant responsable des dérèglements climatiques constatés ces dernières années. Tous les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur les origines du réchauffement de la température sur la terre.

Le protocole de Kyoto, non ratifié par les USA devait se terminer en 2012. Ce premier traité est entré en vigueur en 2005 et prévoyait une réduction des quantités de gaz à effet de serre émises par les pays industrialisés d’au moins 5,2% d’ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990.

Un nouvel accord international devait couvrir la période 2013 à 2017.
C’est dans cette optique que le sommet de Copenhague devait prendre la relève et définir à l’échelle planétaire de nouvelles mesures à même de circonscrire ou à tout le moins limiter les effets néfastes des économies sur le changement climatique constaté par les scientifiques ( fonte des glaciers au Pôle Nord et au Pôle Sud entrainant la montée du niveau des océans et par là même la disparation de certains états , avec l’exode de millions d’individus ).

Les enjeux de Copenhague étaient les suivants :

-Développer les énergies renouvelables

-Réduire le recours aux énergies fossiles

-Améliorer la performance énergétique des bâtiments

– taxer de certaines industries polluantes

– Recours aux véhicules moins émetteurs de Co²

-Développement des transports collectifs

La Communauté Scientifique et les membres du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) avaient fixé comme objectif de diviser de moitié les émissions à effet de serre d’ici 2050 et de contenir l’augmentation des températures à 2°C.

Le réchauffement climatique touche en priorité les populations les plus vulnérables et les pays les plus pauvres.
Pour arriver à un accord accepté par toute la Communauté Internationale, il aurait fallu que tout le monde y trouve son compte.

Les Pays industrialisés ont voulu faire supporter aux pays en voie de développement une grande partie de l’effort, alors que les principaux responsables sont ceux là mêmes qui ont pillé pendant des décennies la richesse de ces pays qui regroupent la misère du Monde.

La crise financière et économique dont sont victimes ces pays qui veulent sortir de la misère ne pouvaient accepter un tel sacrifice, alors que leurs populations vivent pour une grande majorité déjà dans des conditions déplorables.

Le G77 qui regroupe les 130 pays en voie de développement ne voulait en aucun cas toucher au protocole de Kyoto, car il considère à juste titre que les pays du Nord sont à l’origine de l’accumulation de CO² dans l’Atmosphère.

Comment concilier croissance pour assurer son développement et décroissance pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette équation est impossible à résoudre. Ce qui semble être à l’évidence la conséquence de l’échec de ce sommet.

Il ne faut pas oublier que les pays industriels sont responsables pour les deux tiers des émissions rejetées dans l’atmosphère. Un chinois n’émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, alors qu’un européen 10 et qu’un américain 20. Tout est dit et il n’y a rien presque rien d’autre à rajouter.
Dès le départ, il était évident qu’il n’y aurait pas d’accord permettant d’atteindre un objectif inatteignable dans les faits tant les intérêts divergeant étaient insurmontables pour les dirigeants des pays en voie de développement.

18 décembre 2009 pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d’un traité l’année prochaine : difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague que la déclaration présentée à la fin du sommet par Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Celle-ci est aux antipodes de l’accord international équitable, ambitieux et juridiquement contraignant qui aurait permis de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C.

« Ni équitable, ni ambitieux ni juridiquement contraignant. Si les Nations unies adoptent le texte présenté ce soir, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Copenhague n’auront pas rempli leur mission, déclare Pascal Husting. Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front. »

L’Europe a été incapable d’imposer aux Etats Unis ses options, car les Etats Unis ne voulaient pas d’un accord contraignant tant sur le plan juridique que financier.

Les Etats Unis veulent continuer à produire comme ils n’entendent, même s’ils reconnaissent qu’ils ont leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique.

Quant aux chinois, ils n’avaient aucune raison de soutenir un texte contraignant, car ils considèrent que les promesses non tenues et le manque d’ambition des pays riches sont à l’origine de cet échec de Copenhague.

Nicolas Sarkozy, comme à son habitude, a essayé lors de sa conférence de presse de minimiser cet échec cuisant en expliquant que tous les pays y compris la Chine donneront par écrits leurs objectifs de réduction de CO² d’ici Janvier 2010.

Il a été également annoncé au Sommet de Copenhague, un fonds de 100 milliards d’aides aux pays pauvres d’ici 2020 pour financer cet ambitieux programme de réduction d’émission de CO² dans l’atmosphère, mais à quel prix pour ceux qui crèvent la faim dans ce Monde sans pitié où les plus forts dictent leurs voix aux plus faibles.
Personne ne sait comment seront financés ces 100 Milliards de dollars et qui les financera.

Cet accord en trompe l’œil n’intègre plus une réduction de 50% des émissions globales de gaz d’ici à2050. Il n’est même pas envisager de créer une instance internationale chargée de vérifier la mise en œuvre des engagements pris par les pays signataires.

Tout semble remis en question, quoiqu’en disent certains dirigeants occidentaux pour ne pas perdre la face devant leur opinion publique.
John Ashe, président des négociations onusiennes sur l’application du protocole de Kyoto, a souligné que les objectifs du sommet n’étaient pas atteints.
Pendant 15 jours les grands médias ont couvert cet événement, pour en définitive accoucher d’une souris.

En tout cas ce sommet aura couté très cher à tous les contribuables du monde entier, déjà harassés par les charges qu’ils ont du mal à supporter. La facture sera de 148 millions d’euros. C’est une addition bien lourde pour une absence de résultat.
Le sommet de Copenhague aura réuni 15000 délégués venus du monde entier pour tenter d’arracher un accord.

Le Président américain Barack Obama et le Premier ministre danois ont tous les deux reconnu que ce sommet n’aboutirait pas à l’élaboration d’un nouveau protocole de Kyoto, mais servirait seulement à bricoler un arrangement en attendant le prochain sommet qui aura lieu à Mexico. De même, les officiels britanniques ont dit ne pas s’attendre à ce qu’un nouveau protocole naisse de cette réunion.

Si le réchauffement climatique était devenu aussi crucial pour l’avenir de l’humanité, un accord aurait dû aboutir. Mais que faut-il réellement en penser ? N’y a –t-il pas de la manipulation dans ces prédictions catastrophiques ? Les opinions publiques ne sont –elles plus préoccupées par leur devenir au jour le jour que par des enjeux qui les dépassent ?

Les pays qui se sont réunis à Copenhague avaient peut être d’autres sujets de préoccupation que le changement climatique. L’endettement colossal des Etats et la montée du chômage ont dû certainement jouer un rôle dans l’impossible entente internationale pour relever un tel défi
Pour Nicolas Sarkozy, cet échec montre les limites d’un système onusien à bout de souffle.

En tout état de cause, ceci révèle au grand jour que le Monde reste divisé et que les pays en voie de développement n’ont pas l’intention de renoncer à la croissance quoiqu’il puisse en couter pour le réchauffement climatique. Pourquoi devrait-on leur en tenir rigueur ?

Fabrice Letailleur

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