Le songe d’Attali

Publié le 21 février 2008 - par
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En ville comme à la campagne, côté cour comme côté jardin, la France qui pense et dépense, qui se congratule et se coagule, qui cause et psychose, ne salive plus céans que sur les trois cent et quelques propositions de la Commission Attali.

A l’exception du principe de précaution, de la suppression des départements et autres broutilles, le prince qui nous gouverne aurait parfaitement adhéré aux bouleversements nombreux et variés auxquels nous convie le polytechnicien le plus doué de sa génération.

Tout y passe, au service de la croissance, du savoir et du plein emploi : de la création de pôles d’excellence à la disparition des corporatismes mortifères en passant par l’érection de villes exemplaires à la campagne, tout est tracé pour que la France prenne enfin l’autoroute de la modernité planétaire. Pas un bouton de guêtre, pas un fil ne manque au costard que nous nous devons de revêtir pour vivre plus et mieux dans le futur immédiat.

Mais les esprits chagrins, qui sont toujours là , hélas, se posent tout de même quelques questions qui amènent le citoyen lambda à se gratter la tête et les yeux. S’il a dépassé le stade de l’acné juvénile, ledit citoyen se rappelle qu’il y a vingt ans encore, Jacques Attali était, depuis sept ans, le conseiller spécial, boîte à idées et poil à gratter de François Mitterrand, alors, faut-il le rappeler, président de la République.

Or, dans les années 80, les mêmes problèmes existaient déjà , et les mêmes blocages, les mêmes freins, les mêmes obstacles.

Mais alors, pourquoi n’avons-nous pas entendu à ce moment-là les propositions aussi valeureuses qui sont aujourd’hui avancées ?

Le conseiller des années 80-90 n’avait absolument pas la tête à ce que pense aujourd’hui le conseiller des années 2007-20012 ?

Le maître Jacques de la vieille gauche ignorait-il à ce point les enjeux qui semblent aller de soi pour le maître Jacques de la nouvelle droite ?

Ces choses-là sont rudes! On aurait aimé, tout de même, ne pas perdre vingt-cinq ans. N’est-ce pas ?

André Bercoff

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