Le tic-tac de la bombe à retardement

Publié le 16 novembre 2009 - par
Share

Voici quelques réflexions après la fusillade de Fort Hood, où un officier américain « issu de l’immigration », comme on dit chez nous, s’est subitement redécouvert Palestinien et a massacré ses collègues.

La première chose qui frappe est la réaction anormale de notre société devant les faits.
Le sang des victimes n’a pas fini de couler qu’on tente déjà d’expliquer le geste de ce bourreau par « le harcèlement » dont il se plaignait.
Cette rengaine victimaire n’est que trop connue.
Toujours dénoncée – à juste titre – quand elle vient de l’extrême-droite, il est curieux qu’elle trouve toujours écho dans les médias quand elle vient des islamistes.
Songeons à quel point elle est odieuse aux victimes et leurs familles.
Aurait-on même osé évoquer une telle excuse si un dernier habitant « souchien »(1) d’un quartier musulman, empêché de dormir toute la nuit à cause du ramdam(2), à bout de nerfs, en était venu à « tirer dans le tas » ?
La presse n’aurait pas de mots assez durs pour condamner cet attentat raciste et le qualifier d’inexcusable.
Mais que des « infidèles » soient massacrés par un illuminé d’Allah, et vient cette question : n’est-ce pas de notre faute ?

Notre société est décidément bien malade.
Il faut soigner au plus vite ce complexe de culpabilité, si nous voulons survivre à cette guerre de religion.
Car en dépit des dénégations frénétiques de certains aveugles volontaires, il faut voir les choses en face : c’est bien d’une guerre motivée et justifiée par une religion qu’il s’agit.
Pas de notre part, mais les « terroristes » font la « jihad » c’est-à-dire la guerre sainte contre l’Occident, et font clairement référence aux croisades.

Le 11 septembre 2001 est souvent cité comme le début de cette guerre qu’on peut qualifier de mondiale par son étendue, mais elle a commencé bien avant cela.
La guerre que fait l’islam contre les « insoumis » remonte à sa fondation et fait partie de sa substance.
Des croisades à l’Empire ottoman, son histoire n’est que succession de batailles et de conquêtes.
La campagne actuelle a commencé avec la fondation du Mouvement des Frères musulmans sur les ruines de l’Empire ottoman, dont l’ambition est de restaurer le califat sur cet empire perdu et l’étendre au reste du Monde.
Comme le nazisme s’est créé sur les ruines de l’Allemagne du Kaiser, à la même époque, avec l’ambition de dominer le Monde pour mille ans.
A la différence du nazisme dont l’armée s’appuyait sur une industrie « kolossaal » et qui n’a pu être écrasé que par une puissance industrielle encore plus formidable, le monde islamique évite l’affrontement militaire, terrain où il se sait inférieur.
Il ne s’y risque que quand il a une supériorité numérique écrasante, mais n’y récolte que défaite et humiliation, comme la démonstration en est faite régulièrement au Moyen Orient depuis 1947.
Alors il préfère utiliser la ruse, le terrorisme, envoyer des assassins tuer civils, femmes et enfants avec un maximum de cruauté.(3)

La notion même de guerre de religion nous semble si anachronique que nous refusons de nommer ainsi ce qui est derrière le terrorisme.
Nous n’avons pas de tels blocages quand chiites et sunnites se massacrent joyeusement entre eux.
Mais l’idée que nous soyons aux prises à une telle barbarie nous révulse, on ne veut plus de ça chez nous.
Or nous y sommes acteurs ou cibles, qu’on le veuille ou non.

Notre empathie envers nos bourreaux, notre culpabilité-réflexe, notre répugnance de la guerre, le respect de la vie, ça n’existe pas chez nos ennemis.
Ils frappent, sans états d’âme.

La seconde réflexion qui vient à l’esprit concerne les musulmans apparemment bien intégrés que nous côtoyons.
Je ne parle pas ici de ceux qui règnent sur les « territoires perdus de la République », en chassent toute forme d’autorité publique à coups de pierre ou de fusil, et y mènent une vie de chefs de guerre conforme à celle du Prophète, faite de trafics et de pillages au détriment des « infidèles ».
C’est un autre problème, qu’il faudra bien affronter un jour.
Je parle ici de ceux qui ont apparemment adopté notre mode de vie, portent veston-cravate, voire l’uniforme, même orné d’un croissant.(4)
Peut-on éviter de se poser la question : « à quel moment leur croyance va-t-elle reprendre le dessus et les transformer en fous d’Allah ? »

Pour y répondre, il faut comprendre ce qui transforme des citoyens « bien intégrés » en véritables bombes à retardement.
Comprendre, c’est d’abord observer.

Nous connaissons tous des exemples de musulmans « modernes » et « bien intégrés » qui ont été éduqués à l’occidentale, ont épousé des Européennes, et ont vécu ainsi sans histoire pendant des années, certains même toute leur vie.
Jusqu’au jour où, sans crier gare, certains se remettent à fréquenter assidument la mosquée, à porter la tenue traditionnelle, insulter puis frapper leur épouse, et finissent par emmener femme et enfants dans leur pays d’origine pour mieux les soumettre.
Ou abandonnent l’épouse rétive et n’emmènent que les enfants.
Les mères victimes de tels rapts parentaux ne sont que trop souvent abandonnées à leur triste sort par les pouvoirs publics : « après tout, elle l’a bien cherché ».
Là encore c’est la victime qui est culpabilisée, le fautif est excusé, comme s’il devait fatalement se comporter comme ça.(5)

Quel est le mécanisme qui fait changer si radicalement un individu de comportement ?
Qu’est-ce qui fait tic-tac ?

Comprendre c’est aussi écouter.
Écoutons ce que dit Mohamed Sifaoui, interviewé dans « C’est dur d’être aimé par des cons », le film de Daniel Lecomte sur le procès intenté par les organisations islamiques contre Charlie-Hebdo suite à la publication des fameuses caricatures.
A cette époque il a eu ces paroles très révélatrices. Évoquant les attentats islamistes et les menaces de mort contre lui-même, il a déclaré que « s’avouer que ces actes et cette violence était le fait de musulmans lui était très difficile. »
A la question du journaliste : « pourquoi est-ce difficile ? » il a répondu :
« On a été élevés dans une société où on nous a appris que nous étions dans une société aseptisée, où il n’y avait que du bien, et que le mal était toujours ailleurs. Certainement pas chez nous, mais ailleurs. Quand je dis très souvent que dans le monde musulman on enlève à l’individu tout esprit critique, c’est parce qu’on lui inculque une telle arrogance … on façonne, dans le monde arabo-musulman et dans les sociétés musulmanes, l’individu à être suffisant. Moi je le vois régulièrement, et j’ai beaucoup de mal avec ça. Y compris ceux qui sont résolument et sincèrement anti-intégristes. Par exemple, quand ils se retrouvent avec des non-musulmans, ils ont beaucoup de mal à le dire clairement, à critiquer d’autres musulmans. »(6)

Outre un éclairage particulièrement intéressant sur ses récentes attaques contre RL, ces propos décrivent bien le profond malaise, conscient ou non, du musulman transplanté dans nos sociétés modernes.
Quelle que soit sa bonne volonté, il ne peut qu’être assis entre deux chaises.
Vouloir profiter des avantages de la modernité sans pour autant renoncer à une religion qui en est à l’opposé, c’est vouloir concilier l’inconciliable.
Aussi vit-il constamment écartelé entre d’une part sa religion à laquelle il tient parce qu’elle le situe en tant que croyant au-dessus du reste de l’humanité, et d’autre part la société moderne occidentale qui au contraire lui en renvoie une image peu flatteuse, mais lui procure une liberté et un confort auxquels il tient tout autant.

Certains arrivent à maintenir un équilibre apparent en pratiquant un « islam modéré », c’est à dire en faisant des compromis.
Ce qui leur vaut la haine et les menaces des « fondamentalistes » qui, eux, s’en tiennent à la lettre du Coran.(7)
Afin de soigner leur culpabilité, ils se créent une chimère, traitent les intégristes de mauvais musulmans, affirment que l’islam est moderne et tolérant, en dépit de toutes les preuves évidentes du contraire.
Ils sont confortés dans cette utopie par des non-musulmans qui trouvent « rances » les valeurs républicaines, pourtant leur seul garant pouvoir de vivre selon leurs choix en toute liberté.
Ils appellent de leurs vœux un « islam des Lumières », comme si on pouvait comparer l’islam verrouillé, figé et répressif avec la culture chrétienne foncièrement non-violente et ouverte qui a permis les Lumières, quoique non sans lutte contre des religieux obtus.
Ils refusent de voir l’incompatibilité essentielle et irrémédiable entre les valeurs républicaines et les diktats de l’Islam.
Malheureusement pour eux, les faits sont têtus. L’actualité les rappelle chaque jour à la réalité.

Cette schizophrénie ne peut que déboucher tôt ou tard sur une douloureuse et violente crise d’identité.

Ceux qui ne subissent pas trop de pression sociale ou ont une personnalité assez forte choisissent la liberté.
Mais ils sont excommuniés pour le reste de leur vie.
Surtout, ils devront renoncer à l’idée qu’on leur a inculquée, qu’ils font partie de l’élite, du peuple élu, et devenir des non-croyants, sachant tout le mépris que ça implique de leurs semblables.
Rares sont ceux qui peuvent payer ce prix.

D’autres, enfermés dans leur vision étroite et chimérique d’une religion dont ils ne peuvent s’affranchir, maudissent autant ceux qui osent critiquer l’islam que ceux qui commettent des crimes en son nom. Comme Mohammed Sifaoui, ils s’isolent de la réalité.

D’autres encore, sous la pression sociale qui règne dans les quartiers entièrement islamisés, et au vu des doutes que nous exprimons sur nos propres valeurs, choisissent de rentrer dans le rang : reprendre le chemin de la mosquée, voiler femme et filles, et faire lire à leurs garçons le Coran au lieu des livres de science. Ils réclament les « accommodements raisonnables » dans les écoles : le voile, la cantine halal, le créationnisme. Ils sont de plus en plus nombreux. Contrairement aux prédictions des naïfs, le jeans n’a pas remplacé le voile.

Enfin, il y a ceux qui n’arrivent à renoncer ni à leur religion ni à la modernité et en éprouvent des frustrations de plus en plus insupportables.
Comme les grands écarts de température entre l’air et l’océan font les ouragans, ces tensions accumulées finissent par les conduire à l’explosion de violence et au sacrifice expiatoire… des autres.

Voici ce que devraient comprendre ceux qui croient que l’islam n’est pas le problème fondamental.

Comprendre cela et avoir conscience de l’enjeu est nécessaire mais pas suffisant.
Non qu’il faille légiférer, la France dispose des lois nécessaires pour défendre ses valeurs.
Il suffit d’appliquer la loi, rien que la loi, mais toute la loi.
Rien que le ferme refus toute discrimination, même – surtout – affublée du ridicule épithète de « positive », suffirait déjà à tenir en échec les ennemis de la République.
L’élément crucial, c’est le courage politique.
Comme à Munich.(8)

Jean Thirion

Anc. Principauté de Liège

Patrie de Charles Martel, de Simenon et de Grétry.

—————

En annexe : l’extrait sonore du film cité.

1. Jeu de mots – insulte phonétique (sous-chien) raciste anti-blanc. Utilisée impunément par les fascistes islamiques dans nos médias, trop lâches pour oser relever cette référence à peine voilée à l’insulte nazie « untermensch » (sous-homme).

2. n.m. ramdam [ramdam] (vient de ramadan) Vacarme assourdissant.

3. Le terme assassin vient de l’Arabe حَشَّاشِين, haschashin qui signifie « les gens qui fument le haschisch ( l’herbe ou le cannabis) ». Ce nom désigne aussi les membres d’une secte militante musulmane, également nommée Nizârites particulièrement active au XIe siècle et qui assassinait publiquement ses opposants (Cf: Samarkande d’Amin Malouf). Le haschisch était une des drogues que Hassan ibn al-Sabbah aurait utilisées pour conditionner ses disciples. Il enivrait avec cette plante certains de ses affidés, et, leur promettant que, s’ils mouraient pour son service, ils obtiendraient les félicités dont ils venaient de prendre un avant-goût, il leur désignait ceux qu’il voulait frapper. À noter qu’en Perse le mot حَشَّاشِين à la même signification. On dit aussi assâssioune qui signifie « fondamentalistes ». Au XIIIe siècle, le mot passa en italien sous la forme assassino pour désigner un chef musulman combattant les chrétiens, et puis un tueur à gage. Au XVIe siècle, le mot passa en français avec ce sens pour désigner toute personne payée afin de commettre un meurtre.

4. Pour l’instant, il ne s’agit encore en France que d’un « aumonier » de la Gendarmerie. Mais à Londres, le croissant se porte sur l’uniforme de la police.

5. Réflexion souvent qualifiée de raciste, à tort puisqu’elle vise un comportement à prétexte religieux, et pas une ethnie.

6. C’est une assez bonne description d’une société fasciste.

7. Les fondamentalistes existent aussi dans les religions juives ou chrétiennes, on citera les Mormons ou les Hassidims. Mais ils ne pratiquent pas le terrorisme. Au contraire, là se manifeste l’opposition entre Islam et Chrétienté : les Mormons refusent toute violence justement par la lettre des Évangiles.

8. La plupart des historiens s’accordent à dire qu’Hitler n’aurait jamais entrepris les conquêtes de la Tchécoslovaquie ni de la Pologne si les Alliés avaient tenu bon sur la question des Sudètes. Au retour de la délégation franco-britannique, Churchill eut ces mots : « Ils devaient choisir entre le déshonneur ou la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, ils vont avoir la guerre. »

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.