Les erreurs impardonnables du Mrap

Publié le 29 septembre 2009 - par - 292 vues
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Le sigle Mrap mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples représente une belle devise. Pourquoi au fil des ans, ce mouvement a-t-il perdu petit à petit le fil conducteur de celle-ci ?

Quand le Mrap soutient de toutes ses forces les imams et les jeunes filles musulmanes qui veulent faire entrer le voile à l’école, quel est son but ? Où est le problème ? Le refus du voile à l’école est-il une position raciste ? N’est-ce pas au contraire la simple application de la laïcité et du respect de la loi de 1905 ? Et si discrimination il y a, n’est-elle pas du fait de l’iman, du père, qui au prétexte de religion pousse la jeune fille à s’auto-discriminer parce que femme et musulmane ? Grave erreur du MRAP, positionnement qui va empoisonner l’école pendant 15 ans, dont on doit se souvenir et, surtout, qui doit nous questionner : quels objectifs visaient le MRAP à l’époque? Permettre à la communauté musulmane de compter les voiles à l’intérieur de l’école ?

En procédant ainsi, le MRAP a attaqué directement la laïcité et la République. De plus, il a cautionné, au nom d’une pseudo liberté religieuse, une aliénation sexiste du corps des jeunes filles. Position allant à l’encontre de leur émancipation. Machistes les gens du Mrap ? Vingt ans plus tard on mesure les conséquences que cette collusion a entraînées sur le sort de bien des jeunes filles des cités, contraintes par leur père ou frère de s’enfermer dans le voile, voile devenu au fil des ans, plus long, plus foncé, plus enveloppant, puisque maintenant les jeunes -filles et femmes vont jusqu’à vivre sous une bâche noire.

Quand Fanny Truchelut demande à des femmes dans son gîte, de retirer leur voile, elle s’oppose à l’affichage religieux chez elle. Au nom de la liberté des autres et de tous les occupants potentiels de son gîte n’a-t-elle pas raison ? Où est l’amitié ou est la convivialité du lieu si je dois côtoyer des femmes qui me refusent leur regard ? Car Fanny Truchelut n’ aurait pas pu, non plus, refuser des femmes en voile intégral.

Par ces deux exemples, et il y en aurait bien d’autre, on réalise la dérive communautariste des combats et procès du MRAP. Les provocations se multiplient, le burkini par exemple va-t-il donné lieu à d’autres procès ? Heureusement, petit à petit les sections locales du mouvement ont pris leurs distances par rapport aux positions du bureau national, mais la bonne image du MRAP s’est effritée. Pour qui roule le MRAP national ?

Comme je l’avais rappelé dans un papier antérieur (RL N° 62) des sections départementales ont dénoncé les liens du MRAP Paris avec la mouvance des Indigènes de la république et la venue dans des manifestations importantes du mouvement de responsables musulmanes voilées. Peut-on, en effet, porter la parole du Mrap avec le voile, sans lui faire perdre sa crédibilité ? Qu’aurait-on dit, si les militants du MRAP étaient arrivés en chapeaux noirs et papillotes ? Dans son livre : Grandeur et misère de l’antiracisme. Le MRAP est-il dépassé* ? M. Maurice Winnykamen faisait une remarquable analyse de ce mouvement, de son dérapage, et rappelait que dans certains forums sociaux M Anouit s’affichait au côté de l’idéologue islamiste Tariq Ramadan.

Sihem Habchi la courageuse présidente des Ni Putes ni Soumises est la nouvelle victime du MRAP. Que cherche-t-il maintenant ? Comme la plupart d’entre nous, Sihem Habchi est contre l’excision, qui semble être le sujet de la plainte. Des travaux de recherche ont été faits, des propos tenus dans des émissions de télévision ou de radio, du type : « On a tort de juger l’excision avec « nos » yeux d’occidentaux, il faut comprendre ce que ça signifie dans la culture africaine etc » tendant à relativiser cette horreur, comme pour nous encourager tous à comprendre, admettre et accepter cet acte barbare ce « fait culturel » inacceptable qui mutile de toutes petites filles. On sait à quel point Sihem condamne ces positions de relativisme culturel et à quel point le MRAP, lui est prêt à les soutenir. Le MRAP dit qu’il a toujours été contre l’excision, dont acte. Il va porter plainte parce qu’il se sent diffamé, soit, mais n’est-ce pas aussi pour essayer de faire taire Sihem Habchi parce qu’elle parle juste et dit des vérités qui dérangent les intégristes ? Et, comme on marque sur les paquets de cigarettes, les procès injustes et les positions du Président ne nuisent-elles pas gravement à la santé du MRAP et aux sections locales dans leur ensemble ?

Chantal Crabère

*A lire aux Editions Tribord.

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