Les prétendus antifascistes méprisent le peuple et servent la soupe à un nouveau fascisme

Publié le 27 novembre 2009 - par

Eloge de la Peur !

La peur de l’insécurité fait-elle le jeu du système et de Sarkozy? Ou est-elle une réaction légitime?

La peur est-elle déshonorante ?

Lors de nombreux débats, quand on parle d’insécurité ou d’intégrisme, les bien-pensants brandissent un argument-massue : « Vous avez peur ! » Ce mot accusateur est accompagné d’un discours, comme celui de l’humoriste T. Vaquette, Mardi 24 novembre à « Ce soir ou jamais » face à Eric Zemmour : « En attisant les peurs, le Système met en place un contrôle social. » On pourrait compléter cet argument par : « Cette peur est créée de toutes pièces pour détourner des vrais problèmes. » Il est amusant de voir que souvent, ceux qui critiquent « la peur » quand il s’agit de violence, d’insécurité ou d’intégrisme, n’ont pas la même attitude quand on parle du réchauffement climatique, de la fin du pétrole etc. Il y a donc des peurs légitimes, et d’autres qui ne le sont pas. La peur peut être positive si elle nous mobilise contre un réel danger – comme les dangers écologiques.

Mais alors, la peur des violences urbaines ou de l’intégrisme, ne seraient-elles pas des peurs salutaires, voire nécessaires ? Ne sont-ce pas ces bien-pensants qui, eux, « n’ont pas peur » (peut-être parce qu’ils vivent dans de beaux quartiers, se déplacent en voiture et pas en RER, ou bien sont des jeunes gens en pleine santé ne se sentant pas « en insécurité »), qui seraient en fin de compte aveugles et les véritables alliés du Système ?

A force d’ignorer les peurs d’un peuple qu’ils méprisent, les donneurs de leçons laissent la situation d’insécurité se dégrader et, à terme, ils favorisent des tentations répressives. En fait, les bien-pensants ne seraient-ils pas les « idiots utiles » du fascisme à venir ? Nous y reviendrons.

Une accusation de racisme à peine voilée

En réalité, les bien-pensants veulent toujours – comme à leur habitude – faire taire leurs opposants. Cela ne les intéresse pas de discuter, de chercher à éclaircir la situation, de confronter des points de vue. Ils aiment la diversité surtout entre gens d’accord sur les mêmes idées, les mêmes valeurs. Un drôle de pluralisme. Mais quand on formule des opinions gênantes, ce qu’ils veulent, c’est discréditer l’autre (par ex. Zemmour ou Riposte Laïque), et identifier leurs contradicteurs avec l’extrême droite. Si l’opération réussit, il n’y aura plus à discuter. Car c’est bien connu, on ne discute pas avec un facho, on le met « hors d’état de nuire », on lui tape dessus ou au moins on lui fait des procès pour le ruiner et l’empêcher d’exprimer ses idées nauséabondes.

Quand, lors d’un débat sur l’insécurité, un bien-pensant dit « vous avez peur », il suggère : « vous avez peur de l’autre, des musulmans ou des ‘jeunes des cités’, parce que vous êtes raciste. Votre peur est la peur du petit blanc, ou du petit bourgeois, face aux classes dangereuses. Cette peur a toujours servi à justifier la répression et l’Etat fort. Votre peur n’est pas recevable, moi je n’en ai rien à faire ! » Il est intéressant de noter à quel point cette leçon de morale est insupportable, pleine de mépris pour tous ces gens qui souffrent d’une insécurité véritable, d’agressions, ces profs, ces pompiers, ces médecins. Nos bien-pensants, que proposent-ils de faire des plaintes de toutes ces personnes, à part les qualifier de « racistes » ? Mais passons…

Vrais et faux problèmes

Si notre bien-pensant argumente, sa position revient à ceci : « Vous vous intéressez à un faux problème. L’islamisme, l’insécurité ? Ce ne sont que des conséquences de conditions sociales difficiles, de l’exclusion et du chômage. Au lieu de vous intéresser aux conséquences, travaillez aux causes, améliorez l’économie, luttez pour de meilleurs salaires, moins d’exclusion etc. »

– Sur l’islamisme : il est évident qu’il s’agit d’une force idéologique, qui mobilise autant chez les exclus que dans les classes moyennes, y compris occidentalisées. Ben Laden est un riche ; les auteurs des attentats de Londres appartenaient aux classes moyennes « intégrées ». L’islamisme est un choix conscient et volontaire, pour imposer un autre modèle de société. Ce n’est pas une « invention de Bush », un faux problème etc. On peut reconnaître à la fois le danger de l’islamisme et le danger de la mondialisation néo-libérale. Comme on le dit suffisamment sur Riposte Laïque, les craintes par rapport à cet intégrisme devraient être partagées par tous les progressistes. Car même si les problèmes sociaux étaient résolus, nombre d’injustices réparées, cela n’empêcherait pas certains d’épouser la cause de l’intégrisme.

– Par exemple, on entend souvent que « si on résolvait le conflit israélo-palestinien, l’islamisme cesserait ». Etrange idée ! La Révolution iranienne n’avait pas pour « cause » le drame palestinien. On pourrait aller bien plus loin, et dire que l’islam a vocation à s’universaliser, et à conquérir – par la prédication – le monde et les âmes. Cette volonté universaliste ne dépend de rien, ni des injustices vécues par les musulmans, ni du peuple palestinien.

L’islamisme met en mouvement une volonté de domination, comme celle qui a pu animer l’Eglise ou d’autres idéologies. Les conquêtes musulmanes remontent au Moyen-Age, et les islamistes veulent reconquérir Al Andalous ; travailler à un monde moins injuste est un idéal tout à fait valable, mais ce n’est pas cela qui désarmera les partisans d’un grand Califat ! C’est la liberté « occidentale » elle-même que récusent les islamistes ; c’est l’existence de civilisations laïques qui les choque. A la limite, seule notre conversion pourra les satisfaire. Cela n’a rien à voir avec la fin des injustices.

– Sur la violence urbaine : la traiter à part, s’en inquiéter, serait une mauvaise approche, faisant « le jeu de l’extrême droite en agitant les peurs ». Certes, la délinquance ne peut pas être traitée uniquement par une approche répressive. Cela est réducteur et inhumain. Beaucoup de délinquants ont besoin d’éducation, de repères, etc. Il y a le rôle essentiel de la misère sociale. Mais le problème est le suivant : il est peu probable que le plein emploi soit à l’horizon. Dans les années qui viennent, étant donné les délocalisations et la mondialisation prônée par l’UE, on sera en butte à un chômage de masse. La pauvreté va vraisemblablement augmenter. Le chômage touchera d’autant plus les jeunes des quartiers, peu qualifiés, peu intégrés et déjà discriminés. Tenter d’intégrer ces jeunes aux entreprises serait sans doute un mode d’intégration fort utile ; peut-être qu’une part de « discrimination
positive » permettra à quelques-uns d’être embauchés. Le problème subsistera, car quoiqu’on fasse, on ne pourra pas leur donner à tous un emploi, alors que le chômage restera élevé et que des immigrés continueront d’arriver en masse en Europe. Que fera-t-on alors si la machine économique continue d’être en panne ? Acceptera-t-on que la violence augmente ? Cette difficulté sociale devra-t-elle toujours rester l’excuse d’actes violents, souvent parfaitement gratuits (comme les scènes insoutenables vues à Paris récemment, lors de la fameuse distribution d’argent) ?

La peur est salutaire

Alors oui, on peut avoir peur. Peur de cet avenir d’une société qui se dissout, peur de la montée de l’islamisme, peur du durcissement général des relations humaines. Au lieu de douceur, de politesse et de convivialité, que verra-t-on ?

On verra des gens hostiles, refermés sur eux-mêmes, défiants et agressifs ; des rues avec des groupes de jeunes machos, homophobes et violents pour le moindre regard. De cette situation tendue, ne pourront sortir que des demandes de plus en plus pressantes de sécurité.

A force de laisser la situation empirer, il y aura de plus en plus de drames : tournantes, femmes brûlées vives, écoles saccagées, émeutes, crimes racistes et réactions xénophobes… A la longue, l’Etat devra « reprendre les choses en main » et la lente décomposition de notre société prépare des lendemains fachos. Et pas facho pour de rire ; une vraie reprise en main musclée, policière, tout ce qu’il faut pour contrecarrer des éléments qu’on aura laissés devenir incontrôlables, des bandes de barbares à la Fofana pratiquant enlèvements et tortures.

Les prétendus « antifascistes » font-ils le jeu du fascisme de l’avenir ?

La responsabilité de ce gâchis ? Certes, il sera dû à la crise économique ; mais aussi au laxisme, au discours bien-pensant qui désarme ce qui est encore un Etat de droit. A force d’empêcher la police républicaine de travailler, les récidivistes et les meneurs (un petit noyau ultraviolent) d’être mis pour un long moment dans des centres fermés, etc., les bien-pensants auront préparés l’avènement d’une société invivable et répressive.

Tous ces « anti-fascistes » auront donc fait le jeu :

– D’abord, des caïds fascistes ;

– puis ensuite de l’Etat violent qui finira par « remettre de l’ordre ».

Ou encore, comme certains semblent le désirer, on confiera la remise au pas des cités à un encadrement religieux, qui aura des valeurs, certes, mais assez peu laïques ni favorables au féminisme, à la liberté des mœurs, à la liberté d’expression…

Merci donc à tous ces « antifascistes » qui nous préparent un futur répressif, vert ou brun, mais en tout cas aux antipodes d’une société humaniste et sereine.

Loick

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