Les propos déplacés de Ségolène Royal contre Ayaan Hirsi Ali

Publié le 13 février 2008 - par
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Mardi 12 février, Ségolène Royal est l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC – BFM. Interrogée sur sa participation au meeting de soutien à Ayaan Hirsi Ali le dimanche précédent, elle confirme son appui à celle-ci, mais avec une réserve de taille : Ségolène Royal condamne les « propos déplacés » d’Ayaan Hirsi Ali sur l’islam et explique qu’il ne faut pas « caricaturer les religions » (sic !)

http://fr.youtube.com/watch?v=bFMiMovvuR4

Madame Royal a une bien curieuse notion de la laïcité française et de la liberté d’expression. Depuis quand doit-on se donner une limite dans l’opinion sur une religion, sur l’islam, sur le Coran ou sur Mahomet ? Depuis quand les citoyens doivent-ils ne pas « blasphémer » contre les croyances religieuses ? Elle veut rétablir l’Inquisition ou quoi ?

Quant à son explication du caractère qu’elle juge « excessif » des propos d’Ayaan Hirsi Ali parce qu’elle a subi des souffrances physiques, elle est sordide : cela voudrait dire qu’une personne qui n’aurait pas été victime de l’intégrisme religieux à ce point n’aurait pas le droit de critiquer l’islam (ou une autre religion) dans les mêmes termes. C’est encore une bien curieuse conception des plus condescendantes sur la liberté d’expression !

Cette police de la pensée et cette volonté de museler la critique religieuse est très inquiétante, et me font douter de la sincérité de plusieurs soutiens à Ayaan Hirsi Ali qui se sont exprimés depuis plusieurs jours. On défend la liberté d’expression religieuse le dimanche, et on veut la censurer le mardi. Ce double discours rime à quoi ?

Il est vrai qu’en période électorale, les politiciens tentent de manger à tous les bénitiers. Même le plus éminent d’entre eux nous habitue à un curieux catéchisme déiste depuis Latran jusqu’à Ryad, et nous explique sans rire que les citoyens français qui croient en un dieu sont meilleurs que les autres (Mais que fait la Halde ?)

Madame Royal, je respecte les croyants et les incroyants, mais je n’ai pas à subir vos fatwas qui veulent m’imposer une quelconque soumission à des dogmes religieux. Ayaan Hirsi Ali a autant le droit de considérer Mahomet comme un « pervers » et un « pédophile » que de l’aduler, et vous feriez mieux de dénoncer ceux qui la menacent de mort que de continuer votre clientélisme communautaire.

Roger Heurtebise

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