Les radars n’ont rien de républicain, ils sont un racket d’Etat contre les automobilistes

Publié le 2 juin 2009 - par

Cyrano m’a fait suivre ce texte, envoyé par un de nos lecteurs.

Bonjour,

D’ordinaire je pense être en accord avec les positions que Guylain Chevrier adopte, or dans sa semaine d’actu en vrac du numéro 90, il monte à la tribune pour défendre messieurs et dames les automobilistes que pour la plupart nous sommes tous. Que se passe-t-il ? Mr Chevrier aurait-il quelques actions chez l’un ou l’autre des constructeurs automobile ? Sait-il que l’usage qu’en font nos co-citoyens est excessif ? Il prend comme exemple les limitations de vitesse que le gouvernement tient à punir sévèrement par le moyen le plus efficace : le portefeuille. Eh bien je ne vois rien à y redire car le transport individuel est devenu non pas une liberté, mais une servitude bruyante et polluante. La démocratie ne signifie pas la liberté absolue d’assouvir ses pulsions quelles qu’elles soient, surtout avec un tel fléau. Oui car la voiture est devenue un fléau : encombrement des villes, bruit, pollution etc… L’idéologie qui veut que chaque citoyen ait une voiture avec laquelle il est en mesure de faire n’importe quoi.

En résumé, la voiture est la cause de tous les maux, et le gouvernement a raison de pénaliser sévèrement les automobilistes qui se font prendre par les radars. Notre lecteur sait-il que les habitants de ce pays qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours sont, la plupart du temps, ceux qui habitent loin des centre-ville, et n’ont pas les moyens d’y vivre, parce que les loyers sont trop élevés ? Sait-il que d’autres n’ont plus envie de prendre les transports en commun, parce qu’ils ont peur, parfois, des mauvaises ambiances, des « incivilités », marre des sièges lacérés, des vitres rayés, et des wagons tagués ? Sait-il, quand il encourage le gouvernement à taper encore plus durement sur les automobilistes, les conséquences, pour un salarié qui peine à joindre les deux bouts, d’une amende de 90 euros parce que vous avez été flashé à 56 kh/h, par un radar placé sur une deux voies, à deux kilomètres du centre-ville ? Sait-il les conséquences, quand un automobiliste perd son permis, sur sa vie quotidienne, qu’il soit salarié ou petit entrepreneur, et qu’il ne peut plus se rendre à son travail ?

Sait-il qu’il est pratiquement impossible, aujourd’hui, de rouler régulièrement sans, par un moment d’inattention, se faire surprendre par un de ces radars, dont le gouvernement promet une augmentation régulière ? Sait-il que la France est le pays le plus répressif, en Europe, sur la vitesse, et que les autres pays européens ont d’aussi bons résultats, sans matraquer les automobilistes ?

Sait-il qu’à cause de cette politique répressive, un nombre élevé de Français (des articles de presse parlent de plus de 2 millions) conduisent sans permis, et sont donc prêts à prendre tous les risques pour échapper à un contrôle, ou prendre la fuite en cas d’accident ? Sait-il qu’une enquête démontre que de plus en plus de conducteurs regardent trop souvent le compteur, par hantise de dépasser la vitesse permise, et donc ne regardent plus la route pendant ce court moment ? Sait-il l’automobiliste n’a aucun moyen de défense, et qu’on est rentré dans un système arbitrairement policier. Airy Routier, dans un livre « La France sans permis », fort bien décrit par Evariste, dans Respublica, avait rompu le politiquement correct en dénonçant le système du permis à point, mis en place par les socialistes en 1990, et la dérive d’un système totalement répressif. (1)

Surtout, notre lecteur veut priver les citoyens de la liberté d’avoir une voiture, considérée comme le mal absolu. Nous pensons que la démarche émancipatrice ne consiste pas à priver les citoyens d’un outil de liberté, la voiture, mais consiste à protéger les centre-ville, et surtout à réfléchir à des voitures moins polluantes, et meilleur marché.

Mais au-delà de ce discours de la culpabilité, qui a un but politique que révèle fort bien Guylain Chevrier dans sa revue de presse (2), il y a une autre réalité qu’il faut ici approfondir. Les différents gouvernements, de par leurs abandons successifs de leurs prérogatives à l’Union européenne, n’ont plus guère de vrai pouvoir décisionnaire sur la monnaie, les services publics, et toute politique protectionniste, l’exemple des quotas laitiers le démontre clairement. Ils doivent montrer au bon peuple qu’ils servent encore à quelque chose. Ils multiplient donc des Grenelle bidons, et des mesures qui se retournent contre les citoyens, en les habillant de leur culpabilisation nécessaire. Donc, on multiplie les taxes, les amendes, au nom de la défense de l’environnement et de la sécurité routière.

Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas se préoccuper de la sécurité des citoyens, et pratiquer la politique du laisser-faire ? Bien sûr que non, il y a au volant de véritables assassins potentiels, qui n’ont aucun respect de la sécurité d’autrui, et, avec eux, il faut se montrer impitoyable. Mais un gouvernement digne de ce nom, s’il voulait retrouver la confiance des citoyens, ne persécuterait pas des automobilistes en les traitant comme des délinquants, alors qu’ils n’ont, la plupart du temps, provoqué aucun danger pour la vie d’autrui.

Il réhabiliterait les valeurs de la République, et d’abord celle du respect des autres. Il est tellement facile, pour les policiers, de se mettre avec des jumelles, bien dissimulés, et de flasher les automobilistes qui dépassent, sans aucun danger, une vitesse autorisée souvent ridicule, sur une grande ligne droite. C’est tellement plus facile que de faire respecter les lois quand les gens des voyages squattent des terrains publics, et que la police se montre impuissante à les empêcher d’entrer, et à les faire déguerpir. C’est tellement plus facile que de protéger les citoyens de la violence de plus en plus juvénile qui pourrit de plus en plus de Français. C’est tellement plus facile de retirer des points à un conducteur qui, en ville, a oublié, négligemment, pendant 500 mètres, de boucler se ceinture, que d’empêcher les propriétaires de chiens de laisser leur sympathique animal souiller nos trottoirs, ou des malappris jeter n’importe quoi par terre. C’est tellement plus facile de retirer le permis de quelqu’un qui a bu un apéritif et deux verres de vin, et conduisait tranquillement, sans nervosité, que d’enquêter sur les ressources des gens du voyage, ou sur celles des petits caïds de quartier, qui ne travaillent pas, et roulent en caravanes luxueuses ou en voitures de sports.

Finalement incapable de protéger le quotidien des citoyens de ce pays, dépassé par les événements, les différents gouvernements ont résolu de frapper au porte-monnaie les pauvres bougres qui travaillent, paient leurs impôts, essaient de vivre honnêtement. Notre amie Gabrielle Desarbres (3) nous racontait sa mésaventure d’automobiliste, et l’attitude des juges : ceux qui paient sont ceux qui ont le malheur d’être solvables. Cela résume ce qu’est devenu notre pays.

Il y a quelque chose qui s’est gravement délité. Ceux qui travaillent ont de plus en plus l’impression de payer pour beaucoup trop de choses. Ils ne supportent plus la pression sur les salaires qu’ils subissent, quand ils voient les stock-options que s’offrent les grands patrons. Ils ne supportent pas davantage de voir la culture de l’assistanat suppléer la valeur travail. Ceux qui paient des impôts ont de plus l’impression d’être les idiots du système, coincés entre les riches qui ont les combines pour ne pas en payer, et la moitié des Français qui n’en paient pas, dont certains ont malgré tout un meilleur niveau de vie qu’eux. Ceux qui essaient de respecter les lois de leur pays en ont plus que marre de se faire verbaliser par les radars-racketteurs, quand ils savent que les policiers ont ordre de ne pas poursuivre un « djeune » sur un scooter volé, de peur de provoquer une émeute, et qu’ils savent que l’Etat achète la paix sociale – avec notre argent – dans de nombreux quartiers.

Etre Républicain, c’est ne pas encourager les gouvernements à racketter la population souvent la plus paisible, et la plus respectueuse des lois, et à démissionner devant ses tâches de maintien de l’ordre devant les plus violents, et les plus menaçants pour l’ordre public.

C’est pour cela que Nicolas Sarkozy, qui avait su, le temps d’une campagne, rappeler ces valeurs républicaines de base, a été élu par 53 % des Français. C’est parce qu’il n’applique pas ce qu’il a souvent dit avec justesse qu’aujourd’hui les électeurs lui tournent le dos, sans avoir envie pour autant d’ouvrir les bras des socialistes, qui feraient pire que lui, notamment au niveau sécurité quotidienne (laxisme et culture de l’excuse) et sécurité routière (répression encore plus féroce) !

Voilà ce que j’ai envie de répondre à notre sympathique lecteur, que je remercie d’avoir alimenté ce débat.

Jeanne Bourdillon

(1) http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,1004,,,,,_Apres-les-presidentielles-serons-nous-flashes-par-des-radars-bleus-ou-des-radars-roses.htm

(2) https://www.ripostelaique.com/Une-semaine-d-actu-en-vrac-de-l,2332.html

(3) https://www.ripostelaique.com/Justice-ceux-qui-sont-solvables.html

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