Les roms, et après ?

Publié le 17 août 2010 - par
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LES ROM, ET APRES ?

Sarkozy veut expulser les Rom.

Quand j’ai entendu cela aux infos, j’ai tout de suite pensé : ce n’est qu’un début, l’étape suivante sera l’expulsion de tous les gens du voyage…

Mon intuition s’est confirmée, ça y est, c‘est commencé !

Je rencontre des gens du voyage au Secours Populaire F. au cours des distributions alimentaires où j’accueille les « ayant droit », dont certains en font partie.

Au début, je les sentais sur la défensive ; facile à comprendre : la méfiance qu’ils suscitent est palpable. Bon, je le sais : ils ont la réputation d’être voleurs, mais je ne suis pas d’accord avec ce genre de généralisation d’après le faciès, l’allure ou l’origine des gens mais je ne les traiterais surtout pas pour autant de voleurs, à la grand’ rigueur de « hardis preneurs » quand ils en ont l’occasion et surtout la nécessité, ce qui serait plutôt une taquinerie.

Quand j’étais petite et que je voyais des enfants cueillir des fruits aux branches des arbres qui débordaient des jardins au long des chemins – pour le plaisir, non par besoin – je croyais que c’était du vol, mais on m’a expliqué que non, ça n’en était pas.

Il ne faut pas étaler ses biens sous les yeux des gens démunis : J’avais un médaillon en or que je ne me quittais pas mais qui attirait leur regard, je l’ai enlevé et ne l’ai pas remis ; je me suis sentais coupable de provocation devant eux.

Autre bévue : je me suis trouvée confuse en montrant un prospectus à une femme qui me dit d’un air navré : « je ne sais pas lire moi madame » ! Je lui montre donc les photos : « je n’y vois pas, et je n’ai pas de lunettes » … Elle est nu-pieds dans des tongues crottées, son mari des bottes, ils s’accommodent de la promiscuité dans leurs caravanes et savent choyer leurs enfants.

Surtout, ne pas les juger trop rapidement quand on n’a aucune idée de ce qu’ils vivent ; Lequel (bien à l’abri dans son appartement ou sa maison) oserait prétendre qu’il jalouse leurs façons de s’habiller et de vivre ou leur cadre, parqués comme ils sont, bien à l’écart de la ville et des supermarchés.

Allez donc leur rendre visite un jour dans leur campement, si vous osez … et s’il est encore temps !

Moi qui en connais pourtant un grand nombre, je n’oserais jamais le faire sans y être invitée : je craindrais d’offenser leur pudeur en découvrant leur misère.

Leurs misères, devrais-je dire, toutes celles que j’ai perçues dans nos échanges pendant l’attente en essayant de rendre ce moment plus léger, sinon agréable.

Alors quand je vois l’un d’entre eux à la télévision, complètement désemparé dire : « mais monsieur, j’ai mes papiers, je suis français, moi ! », et pourtant lui aussi est prié de décamper ! …

ET MAINTENANT, A QUI LE TOUR ?

UN maire a ouvert à ces gens (mais momentanément ) les salles de sport de sa commune, « par SOLIDARITE HUMAINE » -alors que la rentrée scolaire approche mais COMBIEN L’ONT FAIT ?

Il ne faut pas oublier la manière dont la France a accueilli ses harkis en France , son attitude fut peu honorable, pour ne pas dire indigne !

Comment la France ose t-elle encore proclamer sa devise : « liberté, égalité, fraternité » : elle opprime et humilie ses enfants, ne les nourrit pas et pire, les rejette !

Même s’il sont adoptés, ce n’est pas une raison.

J’ose à peine vous faire part de mes craintes, de peur qu’elles se réalisent à nouveau : ET MAINTENANT : à quand les barbelés ?

LES EXPULSIONS CONTINUENT, ET C’EST INHUMAIN !

Aujourd’hui encore Dimanche 15 août un camp de Rom et de gens du voyage a été expulsé dans le pyrénnées…

Sarko veut semer la panique et le désordre , attiser les jalousie et les révoltes ; quelle sera l’attitude de tous ses gens et ceux qui voudraient pouvoir les soutenir. Se sentir aussi révolté et désarmé mène à la violence !

Je ne crois pas qu’il soit superflu d’être plusieurs à l’exprimer, au contraire, c’est une situation d’alerte, il faut se mobiliser !

Et puis : où iront les gens chassés des camps qui leurs étaient réservés ?

– S’ils deviennent hors la loi, faudra t-il les mettre en prison (si toutefois on leur y trouve de la place ? )

– Faudra t- il les mettre à la mer sur des radeaux comme les boat-people éjectés de leur pays à une époque ( et en partie recueillis par la France ) ?

Sur toutes les routes sans but, mais qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

Pourrait – on donner à manger à ceux qui sont dans le besoin, au moins les fleurs qui sortent chaque jour du palais de l’Elysée, ou mieux encore, les restes de leurs festins…

Bon appétit à vous si vous regardez les info à la télé en mangeant, parce que moi, terminé : ça me le coupe, et ça me fait mal au cœur , au propre comme au figuré.

Marie-Astrid Savary

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