Les trotskistes d’Allah

Publié le 12 janvier 2009 - par - 498 vues
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On a encore vu, pour le deuxième samedi consécutif, de nombreuses organisations de gauche, dont des trotskistes, se mêler aux islamistes pour manifester contre les événements de Gaza. Cette alliance rouge-brun n’est pas nouvelle, et ne peut pas surprendre les observateurs attentifs d’une évolution catastrophique pour quiconque se réclame du marxisme, et prétend combattre pour l’émancipation du genre humain !

Ce fut le militant trotskiste anglais Chris Harman (1), membre du Socialist Workers Power, qui, le premier, théorisa la nécessaire alliance entre les marxistes révolutionnaires et les islamistes, dans un texte intitulé « Le prophète et le prolétariat » (2). La thèse principale de ce long texte peut se résumer ainsi : les trotskistes auraient tort de considérer les islamistes comme des fascistes. Le principal ennemi étant le capitalisme, et l’impérialisme américain, il convient de faire quelques pas avec les ennemis de nos ennemis, et les convaincre de la justesse du combat social.

Bref, ce serait une nouvelle version trotskiste de la main tendue aux chrétiens de Maurice Thorez ! On pourrait faire remarquer à Chris Harman et ses amis que les ayatollahs iraniens ont parfaitement compris la première partie du programme (un bout de chemin ensemble) et su utiliser la gauche et l’extrême gauche pour se débarrasser du chah, mais qu’ils ont ensuite éliminés leurs alliés d’hier, comme tout régime fasciste qui se respecte.

En Grande-Bretagne, la ligne trotskiste se traduisit par le soutien actif à toutes les revendications communautaristes des islamistes. Le sommet sera atteint au Forum social européen de Londres, en 2005, où le SWP avait une influence énorme dans l’organisation. On verra à ce forum de la honte une présence et une agressivité des militants islamistes sans aucune commune mesure avec leur influence réelle dans le mouvement social.

Des militantes voilées tiendront le haut du pavé, et Bernard Cassen, à l’époque président d’Attac, fut sifflé et insulté pour avoir voulu répondre à des personnages qui qualifiaient la loi contre les signes religieux à l’école votée en France de « loi raciste ».

Et en France ? Une tendance, proche du SWP, « Socialisme par en Bas » (Speb) rejoignit la LCR.

A l’intérieur de cette organisation, des tendances ont toujours existé. Des dirigeants historiques, comme Catherine Samary, signera l’appel des « Indigènes de la République », avec d’autres militants de la LCR.

Lors de la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école, la Ligue sera fort divisée, sur cette affaire. Outre Catherine Samary, une militante syndicale, Sophie Zafari, à l’époque secrétaire du Snuipp, fera preuve, dans toutes les structures où elle interviendra, notamment à Attac, d’une forte agressivité contre les laïques, et d’une grande complaisance avec les voilées (3).

Certains iront même plus loin puisque, sous l’influence de « Socialisme par en Bas », se tiendra à Montreuil, en 2004, une réunion animée par la LCR, lors de la campagne pour une loi contre les signes religieux.

On y vit les hommes entrer par une porte, et les femmes par une autre, le refus de toute mixité, et l’interruption de la réunion pour aller prier dans une salle voisine ! On ne pouvait mieux résumer la formule « les trotskistes d’Allah », que le journaliste Claude Askolovich décerna à ces nouveaux révolutionnaires. John Mullen, un des animateurs de « Socialisme par en Bas », membre du Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot, réclame de la gauche une manifestation nationale contre l’islamophobie ! (4)

Le sommet sera atteint, un 8 mars 2004, quand l’organisation de jeunesse de la Ligue, les JCR, serviront de service d’ordre, main dans la main avec les barbus, pour protéger les jeunes filles voilées qui s’infiltraent dans une manifestation défendant le droit des femmes !

Mais d’autres militants de la LCR surent, en cette période, sauver l’honneur, comme ces enseignants du lycée Henri Wallon d’Aubervilliers qui votèrent l’exclusion des deux sœurs Levy, fille de l’avocat du Mrap, qui entendaient, soutenues par leur père et Mouloud Aounit, imposer des tenues afghanes à l’école publique !

Autre composante trotskiste (même s’ils ne s’en réclament plus), le Parti des Travailleurs affirme, lui, défendre la laïcité. En fait, il attaque surtout le Vatican (souvent de manière pertinente) mais fait preuve d’une complaisance étonnante vis-à-vis des islamistes. En Algérie, le leader de cette mouvance, Louisa Hannoun, fera même un bout de chemin avec eux, lors des accords de San Egidio (5).

En France, la Libre Pensée, qui est, au niveau national, sous l’influence du Parti des Travailleurs, combattra le projet de loi contre les signes religieux à l’école. Elle ira jusqu’à écrire un communiqué commun avec la Ligue de l’Enseignement, fer de lance du concept de laïcité ouverte, pour dénoncer cette loi comme raciste, pour le plus grand plaisir des islamistes (6).

Elle n’hésitera pas à injurier le philosophe Robert Redeker pour son article paru dans « Le Figaro », alors qu’il était condamné à mort par les fascistes religieux et sous haute protection policière (7).

Seule Lutte ouvrière, dès 1989, a pris ses distances avec le voile, au nom du droit des femmes. Lors des fêtes de Lutte ouvrière, ses militants pulvérisaient régulièrement, sur cette question, ceux de la LCR.

La-dite LCR s’est toujours toujours voulue en première ligne de la bataille contre le fascisme, et contre le Front national. Elle était, avec son service d’ordre, de toutes les bagarres contre les mouvements d’extrême droite, notamment dans les facultés.

En 1990, sous son influcence se créait « Ras’l’Front », qui, outre le besoin de lutter contre la montée du parti de Jean-Marie Le Pen, se voulait une réponse à l’influence de SOS Racisme, jugé inféodé au PS.

Ces trotskistes ont toujours expliqué qu’il fallait « écraser la vermine fasciste dans l’œuf ».

Ce sont pourtant ces gens là qui, depuis des années, à chaque manifestation sur le Proche-Orient, côtoient sans état d’âme les fascistes islamistes, les femmes voilées, et écoutent stoïquement les « Allah akbar » accompagner leurs mots d’ordre et même parfois imposer une prière en fin de manifestation !

Trotski donnait comme définition du fascisme : « un régime gouvernemental qui écrase le mouvement ouvrier organisé ainsi que tous les éléments de la démocratie politique ».

N’est-ce pas le programme des fascistes religieux musulmans, avec qui ces trotskistes défilent ? Alors, pourquoi cette anti-fascisme à géométrie variable ?

Thierry Jonquet avait bien raison de s’exclamer, en 2006, « Léon, réveille toi, ils sont devenus fous ! » (8)

Lucette Jeanpierre

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Harman

(2) http://tintinrevolution.free.fr/fr/harmanprophete.html

(3) http://esquerda-republicana.blogspot.com/2005/08/attac-lpreuve-de-la-lacit.html

(4) http://johnmullenagen.blogspot.com/

(5) http://christophebourseiller.zumablog.com/index.php?sujet_id=5218

(6) http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1194

(7) http://oumma.com/A-propos-de-l-affaire-Redeker

(8) http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,702,,,,,_Trotsky-reveille-toi-ils-sont-devenus-fous.htmhttp://www.gaucherepublicaine.org/2,article,702,,,,,_Trotsky-reveille-toi-ils-sont-devenus-fous.htm

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