Les trotskistes lambertistes soutiennent les ayatollahs !

Publié le 29 juin 2009 - par - 285 vues
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Faut-il s’en étonner?

Les « trotskistes » LAMBERTISTES devenus POI, dans les deux derniers numéros de leur hebdomadaire, montent au créneau, pour défendre le régime des ayatollah et son sous-chef le président fraudeur Ahmadinejad; leur argument principal : Moussaoui serait lui aussi un homme du sérail khomeyniste, lié à la bourgeoisie du bazar.

Dubchek, Nagy et leurs équipes, en Hongrie de 1956 et en Tchécoslovaquie de 1968, n’étaient-ils pas des hommes qui étaient aussi des dirigeants de premier plan dans les PC? Est-ce cela qui donnait son caractère aux actions contre la dictature engagées par les travailleurs et de la population?

Un « printemps », une révolution a commencé lundi 15 juin en Iran, avec 1 million d’iraniens dans les rues de la capitale et beaucoup de milliers d’autres hommes et femmes, des jeunes et des moins jeunes, dans les rues de 4 autres villes.
Quand la dictature soit disant bien élue a réagi, elle n’a pu trouver qu’à peine 20000 iraniens pour la soutenir.
des dizaines de milliers de femmes étaient chaque fois dans la rue. Il y a eut la jeune Neda. Un milicien bassidji l’a tuée de sang froid, d’une balle en plein cœur.

Les femmes iraniennes, en rejetant le quartier de haute sécurité « vestimentaire » sous lequel la dictature les emprisonne, en descendant dans les rues comme les hommes, disaient et disent : où est passé mon vote?

Où est passé mon vote?!

Pour l’hebdomadaire du POI, cette question ne se pose pas. Ahmadinejad est bien élu. Sauf peut-être la région de Moussaoui, mais cela ne changerait rien au résultat final de l’élection. Alors quelle importance, sauf à vouloir déstabiliser l’Iran au compte d’Israël et des USA?

Où est passé mon vote? Lundi 15 juin l’une d’entre elle, l’une de ses victime de la tyrannie de la police de la religion, s’est approchée, les mains nues et visage découvert, d’un milicien robocop islamiste. Elle lui a décoché un coup de pied de karaté. C’est cela aussi qui a commencé :

un mouvement démancipation des femmes iraniennes par les femmes iraniennes elles mêmes.

La révolution qui a commencé, renoue avec le mouvement de 1979 étouffé dans le sang par les pasdaran : 12000 pendaisons de militants ouvriers de toutes tendances, destruction de toutes les organisations ouvrières, écrasement sous les bombardements aériens du mouvement national des Kurdes d’Iran.

Dans la dernière période, des syndicats ouvriers ont pu se reconstituer, malgré et contre la dictature. Ils subissent la répression. Ainsi le président du syndicat des transport de Téhéran qui est en prison depuis 5 ans. Très malade, on craint pour sa vie. Le vice-président du syndicat est lui aussi en prison.
Mais tout cela n’intéresse visiblement pas nos prétendus défenseurs de la Démocratie ouvrière, des droits syndicaux et même des libertés démocratiques dites bourgeoises.

Que le bouffon tête de liste du Parti antisioniste, et partenaire du représentant d’Ahmadinejad en France, ait cette position, rien que de très naturel. Par contre, qu’une organisation qui se prétendait marxiste il n’y a pas si longtemps, qui se déclarait seule continuatrice de la tradition du combat de Trotski matérialisée par la politique du front unique pour la défense des libertés démocratiques, que cette organisation jette cette tradition au plus profond d’une mémoire dont l’alzheimer consiste à oublier le passé et le présent aussi, cela interroge et doit inquiéter.

Cela doit inquiéter en effet. Cela doit inquiéter : non parce qu’elle exprime un courant significatif de sympathie pour la dictature iranienne, qui existerait dans ce pays, mais parce que de prétendus militants ouvriers, parce que d’anciens défenseurs affirmés de la liberté d’organisation, mettent au service de la terreur policière khomeyniste le prestige passé du trotskisme et celui de leur propre passé; tout cela pour venir en aide à Ahmadinejad et pour essayer d’empêcher le soutien indispensable du mouvement ouvrier et des groupements de la démcratie politique envers l’action des organisations de l’émigration iranienne se mobilisant pour aider la révolution qui commence en Iran.

Dans quel but? Pour quels intérêts sordides? L’avenir nous le dira.

Alain RUBIN

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