Lettre à mes amis de la Libre Pensée du Gers, pour un grand débat laïque sur la Nation et le voile

Publié le 9 novembre 2009 - par
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Je viens de recevoir par mail un courrier de la Libre Pensée au sujet de la réhabilitation des fusillés pour l’honneur.

Depuis plus de cinq ans que je suis à la L.P, c’est toujours l’éternelle antienne qui revient à la même époque. A l’occasion de la cérémonie du 11 novembre, un énième courrier est adressé au président de la république au sujet de ces 650 français fusillés pour l’honneur de la patrie. Mais ces fusillés, étaient-ils tous des pacifistes, des anti-militaristes, des libres penseurs ?

Alors que dire des autres soldats qui furent fusillés par l’ennemi, écrasés par les obus, abandonnés dans la boue et le sang.

Etaient-ils tous volontaires pour décéder sous la mitraille ?
Dans les deux cas, je pense que non. Tous n’étaient pas pacifistes, tous n’étaient pas volontaires.

Face à l’armée de l’empire allemand, puissante et conquérante, la France et le Royaume uni, les deux seules démocraties de l’Europe en cette période, devaient impérativement gagner la guerre afin de faire vivre la liberté.

Mais malheureusement, notre République devait se montrer forte, comme en 1792-93-94, elle lui fallait gagner contre les oppresseurs. La France, celle de 1917 et de 1793, qui était entourée de royaumes non démocratiques devait montrer l’exemple pour établir des républiques en Europe. Ce qu’elle obtint après l’armistice de 1918.

Mais comment gagner la guerre avec des pacifistes, des pleureurs, des peureux, des battus ; c’est impossible. Alors la nation française qui avait besoin de guerriers, de combattants, de poilus et de « couillus »…dut se présenter ferme voire autoritaire contre les vaincus d’avance, ce qu’elle fit avant 1918.

La réhabilitation des fusillés pour l’honneur est nécessaire pour la mémoire collective mais il ne faut pas oublier tous ceux qui sont morts, involontairement, pour défendre les vraies valeurs de la république française:
Liberté, Egalité, Fraternité et surtout Laïcité.

Concernant la laïcité, inlassablement, la direction de la Libre Pensée, par l’intermédiaire de la Raison, nous assène de propos rédactionnels contre les papistes, contre les violations anti-laïques des sectaires catholiques, contre la collusion de certains hommes politiques avec l’église de Rome mais Rien ou presque rien sur les autres églises.

Rien ou peu sur les sectaires protestantes, (puritains, évangélistes, baptistes, adventistes, anglicans et bien d’autres), dont beaucoup sont à la tête de la finance mondiale (banque suisse et finance anglaise).

Rien concernant la religion juive (sujet tabou inabordable), sur le port de la kippa, sur les papillotes, sur le Sionisme, sur l’ambition du grand Israël et la colonisation de la Palestine.

Toujours rien ou très peu, sur la montée de l’Islam ou plutôt de l’Islamisme politique. Il ne faut surtout pas s’attaquer cette religion au risque d’être traité d’islamophobe, voire de raciste ou de bouffeur d’arabe (ce qui fut mon cas pour avoir osé soutenir Riposte Laïque). Il ne faut rien dire sur les rues de Paris ou des grandes villes européennes fermée à la circulation (automobile et piétonne) lors de la prière du Vendredi.

Rien sur les signes ostentatoires, sur le port du voile, sur la burqha ? Où plutôt si, concernant la burqha, la direction de la Libre Pensée a pris position contre… le projet gouvernemental de s’attaquer à ce symbole culturel et non cultuel… (A partir du moment que ce n’est pas une idée de la gauche, forcément ce projet est irrecevable). La Libre Pensée dit ne pas vouloir s’opposer à la façon de s’habiller : « chacun est libre de porter le vêtement de son choix dans la rue comme chez soi ». Voilà une façon inattendue pour ne prendre position contre la soumission à Dieu, au père, au mari.

« La liberté s’arrête où celle des autres commence ». La rue, les commerces comme les services publics sont des lieux communs. Les citoyens ne doivent pas se promener à poil, ou porter des vêtements provocants, racistes ou trop provocateurs. Est-ce que le voile, la cornette, la kippa, le keffier, le turban, la burqha, la djellabas, la soutane, le froc, la robe de bure ne sont-ils pas des tenues provocantes pour les athées, les laïques, les républicains des deux rives ?

Tous ces signes distinctifs des communautarismes religieux sont-ils culturels, cultuels ou provocateurs?

Voilà de quoi alimenter un grand débat que j’aimerais lire plus souvent dans La Raison, au grand risque de ne pas plaire à certains bien-pensants (laïques ou religieux).

Georges Brousse

membre de la Libre Pensée du Gers.

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