Lettre ouverte à Fanny Truchelut

Publié le 23 février 2009 - par
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Fanny,

Je ne te comprends pas. Je ne te comprends plus. Tu me déçois, énormément. Je viens de lire le numéro 5 de ton site « A Voix haute » (1) constitué pour l’essentiel d’un « Droit de réponse » qui, non seulement n’a ni rime ni raison, mais, en plus est gratuitement agressif.

Au lieu d’utiliser ce numéro 5 pour faire ce que tu voulais, fédérer tes lecteurs en un réseau susceptible de convaincre les députés de voter des lois capables de mettre à l’abri de futures Fanny Truchelut, tu t’emploies à régler des comptes imaginaires avec celui qui t’a le plus aidée, qui a su nous convaincre, a sein de la rédaction, de la nécessité d’être tous derrière toi, et que tu prends comme bouc émissaire de tes échecs, Pierre Cassen.

Je suis choquée, Fanny. Qu’est-ce que c’est que ce galimatias, ces extraits de mails ou de courrier des lecteurs qui ne prouvent absolument rien, sauf que Pierre a toujours été cohérent et correct avec toi ? Qu’est-ce que ce « droit de réponse » qui ne répond à rien, puisque tu n’as jamais été attaquée, bien au contraire ?

Je dois avouer que je me perds un peu dans les méandres de ta pensée confuse, et que j’ai du mal à comprendre ce que tu reproches au fondateur de Riposte Laïque.

Pierre t’a aidée et soutenue pendant deux ans, tu lui as fait confiance, et tu t’en es bien trouvée puisque tu t’es fait de nouveaux amis, tu as été entourée par la rédaction de Riposte Laïque et ses lecteurs, tu as même bénéficié de leur aide financière (je crois savoir que les deux souscriptions t’ont rapporté plus de 7000 euros). Alors comment ne pas éclater de rire en levant les yeux au ciel quand tu présentes Pierre comme une espèce de gourou qui t’aurait mise dans une relation de dépendance ? S’il suffit d’aider les gens pour, brutalement, être traité de gourou, ni l’amitié ni la solidarité n’auront plus droit de cité en France !

Tu prétends même avoir été « utilisée » pour lancer Riposte Laïque.
Tu ne peux quand même pas reprocher à notre journal d’avoir été le seul à comprendre les enjeux de ton procès ? Sois honnête, Fanny, Riposte Laïque a parlé de toi parce que ton affaire était révélatrice des lacunes juridiques, mais tous ceux qui t’ont rencontrée se sont pris d’amitié et de respect pour toi. D’autre part, si tu n’avais pas croisé le chemin d’Horia Demiati, nous aurions eu d’autres chats à fouetter, comme tu peux le voir en consultant nos archives.

Parmi tes reproches, tu évoques cette réunion que tu as organisée, à Paris, le 13 octobre. J’y étais, et je dois avouer que ni Pierre, ni moi ni les autres membres de la rédaction présents n’ont vraiment compris ce que tu avais en tête… et qui ne devait pas être clair pour toi aussi à l’époque. Pierre et quelques rédacteurs de RL ont essayé de recadrer un débat que tes propos rendaient confus, et à impulser des choses concrètes, qui ont été réalisées. Je me souviens que Pierre a insisté sur la complémentarité entre ce que tu voulais faire et RL, sans les opposer, mais en précisant que c’était RL qui déterminait sa ligne. Tu voulais fonder une association. Qui t’en a empêché ??? Pas nous.

Alors quel est le problème ? Que nous n’ayons pas mis Riposte Laïque à ta disposition pour en faire un media à tes ordres et voué à ton projet ??? Je n’ose pas l’imaginer, Fanny !!! Tu sais fort bien que notre journal a de très nombreux combats à mener pour la laïcité et que se restreindre, se limiter à ton projet aurait été et très réducteur et dommageable pour les causes que nous défendons.

Tu as choisi de créer ta propre association, ton propre journal, pour mener à bien, comme tu l’entendais, ton projet, et nous avons relayé les informations, sans problème. Il semble que tes appels n’aient pas été entendus, malgré tout, et que peu de gens aient rejoint « A Voix Haute ». Est-ce la faute de Pierre si les gens n’en ont pas eu envie, pour des raisons qui leur appartiennent ? Tu oses lui reprocher de ne pas t’avoir communiqué les courriels de ceux qui avaient signé la pétition ! Mais s’il l’avait fait, cela aurait été une faute, voire un délit. De quel droit l’aurait-il fait ? Ceux qui ont signé ont pu lire ton appel et ont été libres d’y répondre ou pas.

Enfin, que dire de tes divagations sur le sens de « démocratie » ??? Il n’y a jamais eu, que je sache, à voter pour savoir qui, de toi ou des rédacteurs de Riposte Laïque, devait déterminer le contenu du journal, parce que cela n’aurait pas eu de sens. Par contre, Pierre nous a toujours consultés, nous les rédacteurs, pour savoir si on parlait de ton affaire, comment on pouvait te soutenir et comment on devait répondre à tes sollicitations. La démocratie interne a donc fonctionné, totalement, mais tu n’avais pas voix au chapitre, puisque tu ne faisais pas partie de la rédaction, tout simplement ! Et je te rassure : dans notre rédaction, il y a suffisamment d’esprits libres, et de fortes personnalités, pour qu’un « gourou » n’ait aucune chance de s’imposer !

Quant à la publicité pour ton livre, tes plaintes sont ridicules : nous avons écrit un ouvrage, qui est terminé, prêt à paraître, que nous avons prévu de longue date de présenter à nos lecteurs dans le numéro du 24 février. Et tu t’offusques que l’on ne dise pas oui, la main sur la couture du pantalon, quand tu exiges qu’on fasse la promotion du tien, qui n’est pas terminé, loin de là, à la même date ? En plus, Pierre ne te fermait même pas la porte, après le lancement de « Les dessous du voile ».

Tu n’es pas Riposte Laïque, Fanny. Ton cas a été emblématique des combats à mener et nous t’avons soutenue, défendue et aidée autant que faire se pouvait. Nous ne pouvions pas faire davantage sauf à y perdre notre raison d’être et tu aurais dû et pu le comprendre sans aigreur ni acrimonie.

Je suis vraiment déçue, Fanny. Je crois que je n’achèterai pas ton livre, comme j’en avais l’intention, je suis trop écoeurée par ton attitude.

Ce qui me désole, dans ton initiative, est qu’elle va réjouir tous ceux qui t’ont enfoncée, quand nous étions les seuls à te soutenir.

Ce qui me consterne, c’est qu’on va encore se gausser sur les éternelles querelles qui divisent ceux qui ont pourtant des combats communs à mener.

Par ailleurs, que tu puisses rendre publics des échanges personnels, fussent-ils militants, me paraît peu élégant. Je te souhaite sincèrement d’en prendre conscience au plus vite.

Christine Tasin

(1) http://www.a-voix-haute.com/

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