Libération d’Ingrid Bétancourt, Gaza : les protestations et les silences de la Croix Rouge

Publié le 17 février 2009 - par - 639 vues
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Si la France, par la voix de son président, s’est félicitée de l’opération de sauvetage ayant abouti à la libération, par les forces spéciales colombiennes, d’ex-otages des F.A.R.C dont la franco-colombienne Ingrid BETANCOURT , force est de constater qu’une fois le danger passé, cette belle unanimité a rapidement volé en éclats.

En effet, comme toute opération commando à risques, celle-ci a nécessité un entrainement intensif et une préparation minutieuse, incluant des éléments tactiques de surprise et de ruse.

En l’occurrence, pour approcher des ravisseurs et mener à bien leur opération, les commandos de l’armée colombienne ont utilisé entre autres artifices, le port d’uniformes et d’emblèmes de la Croix-Rouge, ce qui a effectivement permis d’aboutir au résultat escompté tout en évitant un bain de sang inutile.

Or, dès que l’information fut connue, de belles âmes, professionnelles de l’indignation sélective, ayant cette fois ci pour fer de lance le très démocratique président vénézuelien Hugo Chavez, ont dénoncé « cet usage irresponsable » d’emblèmes d’organisations internationales, susceptible de décrédibiliser cette vénérable institution et de mettre en danger son personnel dans le futur, cette condamnation étant immédiatement relayée par une vive protestation des instances dirigeantes de la Croix-Rouge Internationale.

Soucieux du respect du droit international, il aurait donc fallu laisser mourir Ingrid BETANCOURT et ses co-détenus, compagnons d’infortune livrés depuis des années à des geôliers sans pitié, subissant les dures conditions d’une jungle hostile, les affres des maladies tropicales et l’absence de soins.

Des mois et des années de négociations, d’appels désespérés à la clémence n’ont jamais abouti face à des illuminés dogmatiques pour qui un otage n’est qu’une marchandise susceptible d’être échangée contre une rançon, qui viendra à son tour financer les besoins en armes des guérilleros.

Aussi, était-il du devoir du gouvernement colombien, après avoir tout tenté, d’exploiter les faiblesses d’une guérilla aux abois en la localisant grâce à des informations de plus en plus précises provenant d’un certain nombre de services de renseignements, américains en particulier.

Le président Alvaro URIBE, fortement critiqué pour sa gestion de la crise a néanmoins rempli son devoir de chef d’Etat, quelles que soient les griefs qu’on peut lui adresser par ailleurs sur la politique suivie par son gouvernement.

Il peut se regarder dans un miroir et, la tête haute, rencontrer et recevoir les enfants et la famille de madame BETANCOURT. Sa fermeté a payé, peu importe son indice de popularité sur la scène internationale.

En son temps, madame Golda MEIR, alors premier ministre de l’Etat d’Israël, répondant à l’un de ses interviewers qui lui demandait si elle ne craignait pas d’être détestée par beaucoup de personnes dans le monde pour son intransigeance et celle de son peuple, avait répondu en substance : « Je préfère que l’on nous déteste vivants plutôt que l’on nous plaigne morts. »

Mais dans cette affaire colombienne, malgré tout, le président URIBE a été contraint à des excuses publiques. Ouf! Les apparences sont sauves et le droit international préservé.

On pensait la polémique close et la doctrine ainsi énoncée universelle. Mais voilà, les choses ne sont pas si simples. Un autre exemple est venu contredire de façon flagrante ce cas d’école.

En effet, au même moment, il est avéré que les différents mouvements combattants palestiniens, avec à leur tête le Hamas, ont utilisé et utilsent régulièrement des ambulances de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge, parfois en usant d’intimidations ou de menaces sur le personnel, pour transporter des armes, des munitions, des combattants ou des commandos-suicide au plus près des cibles israéliennes, qu’elles soient civiles ou militaires.

Nous ne sommes plus en présence d’une opération de sauvetage d’otages où des vies humaines sont en danger comme en Colombie, mais en présence de terroristes qui utilisent des véhicules censés sauver des vies pour propager la mort.

Dans cette affaire, on a point entendu les instances représentatives de l’O.N.U condamner de tels actes, encore moins le comité directeur de la Croix-Rouge Internationale qui n’a pas cru devoir émettre la moindre protestation, lui qui n’avait pas de mots assez durs pour fustiger le président URIBE.

Cherchez l’erreur!

Themis

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