Louis Schweitzer : La Halde devra imposer la journée du voile dès 2010

Publié le 31 mars 2009 - par - 916 vues
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Riposte Laïque, sans grand espoir, a sollicité un rendez-vous, pour une interview, avec Louis Schweitzer, président de la Halde. A notre grande surprise, celui-ci a accepté, et nous a donné rendez-vous, hier, dans un grand hôtel parisien. Pierre Cassen, Roger Heurtebise et Martine Chapouton étaient présents, pour notre rédaction. Le président de la Halde était seul.

Pierre Cassen : Merci Monsieur Schweitzer de nous avoir accordé cette interview, malgré l’ampleur de nos divergences….

Louis Schweitzer : Attendez, je vous arrête immédiatement. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous avez envoyé trois personnes de couleur blanche, pour m’interviewer. C’est une provocation, un piège que vous me tendez ?

Roger Heurtebise : Il se trouve que beaucoup de membres de la rédaction travaillent, n’habitent pas à Paris, et qu’à l’horaire que vous nous avez fixé, nous étions les trois seules personnes disponibles. Mais nous voulons vous rassurer, monsieur le Président, nous avons un Français d’origine roumaine, une Française née en Italie, une homosexuelle, un marocain, par ailleurs musulman, et autant d’hommes que de femmes dans notre rédaction.

Louis Schweitzer : Cela ne me convient pas totalement. Essayez d’intégrer un asiatique, un transsexuel et un ressortissant d’Afrique noire. Et j’aimerais que vous ayez autant de seniors que de juniors, je ne veux aucune discrimination pour raison d’âge. Je vous donne un mois pour vous mettre aux normes. Ce préalable effectué, l’entretien peut commencer.

Martine Chapouton : Monsieur le Président, certains de vos travaux ont été fortement contestés, voire brocardés par la presse. Votre rapport sur les programmes scolaires, avec notamment votre critique d’un poème de Ronsard, où vous avez vu une discrimination contre les personnes âgées et votre proposition de parler des homosexuels dans les problèmes de mathématiques n’a pas remporté un franc succès. Comment expliquez-vous cela ?

Louis Schweitzer : (signe de croix) Il faut éduquer le peuple, éduquer le peuple, vous comprenez ? Nous sommes conscients de l’importance de la mission qui nous est confiée, et nous sommes reconnaissants de l’appui – et des 11 millions d’euros par an – que nous apporte Nicolas Sarkozy. Il faut que notre peuple se fasse à l’idée que le métissage est aujourd’hui, dans la France de 2009, au cœur de l’Europe, dans une société mondialisée, plus qu’un devoir, une obligation. Le métissage, ce n’est plus la France moisie, la France recroquevillée, la France peureuse, c’est fini, tout cela, il faut s’ouvrir à la réalité des autres cultures, et cesser cette vision de village gaulois, et autres sornettes, dans laquelle certains nostalgiques veulent nous faire retomber…

Roger Heurtebise : Mais concrètement, à part écrire des rapports, et poursuivre les citoyens devant les tribunaux, vous allez faire quoi ?

Louis Schweitzer : Nous avons, pour 2009, deux grands projets. J’ai regardé, l’autre soir, « La journée de la jupe ». J’ai beaucoup souffert (signe de croix). Ce film islamophobe a donné la vedette à une enseignante blanche, alors que la majorité des élèves sont de couleur. Comment voulez-vous que cela marche ? Les attaques contre l’islam étaient inacceptables, il n’y avait aucune attaque contre la religion juive, ni contre la religion catholique (signe de croix). Nous allons donc convoquer le réalisateur, et lui recommander, sous peine de poursuites, de revoir des parties de son film, et d’équilibrer ses critiques religieuses.

Martine Chapouton : Mais c’est sa liberté d’expression….

Louis Schweitzer : Il n’y a pas de liberté d’expression quand il y a discrimination vis-à-vis de la religion des pauvres et des opprimés, messieurs de Riposte Laïque. Et justement, ce film m’a donné une idée. La raciste islamophobe Sonia Bergerac, incarnée par Isabelle Adjani, a lancé l’idée d’une journée de la jupe. Nous allons, à la Halde, IMPOSER, oui IMPOSER la journée du voile. Nicolas Sarkozy nous a promis de nous appuyer, ainsi que Martine Aubry, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Noel Mamère. Nous avons également le soutien de l’Eglise catholique (signe de croix), et du Consistoire. Tous les 19 mars, date du cessez le feu en Algérie, en 1962, je proposerai, en signe de repentance de l’Etat français, que chaque Française doive porter le voile, à l’école, même dans les maternelles, sur son lieu de travail, dans la rue, ou même à son domicile. Et je proposerai de verbaliser les contrevenantes, pour tenue incorrecte et trouble à l’ordre public.

Pierre Cassen : C’est énorme, Monsieur le Président ! Pensez-vous que cela va contribuer à améliorer votre popularité ?

Louis Schweitzer : Quand on a une mission à accomplir, (signe de croix), on se moque d’être aimé ou détesté. Du moment que le Président nous donne les moyens de travailler, l’avis d’un peuple raciste et nostalgique du colonialisme, on s’en branle ! Oh, pardon ! (signe de croix) !

Martine Chapouton : Et quel serait votre deuxième grand chantier, monsieur le Président ?

Louis Schweitzer (s’emportant) : Je veux éduquer le peuple, éduquer le peuple, vous comprenez ? La télévision est chez moi une source d’inspiration. Je regardais, samedi soir, les Français jouer au football contre une équipe de communistes, la Lituanie. J’ai été très ému de voir un joueur, Franck Ribery, faire des prières musulmanes avant la rencontre (signe de croix). Je remarque d’ailleurs que c’est lui qui a marqué le but, preuve supplémentaire que l’islam est une chance pour la France. Mais j’ai été très heurté. Il n’y avait sur le terrain que des hommes, entre 20 et 32 ans. Cela signifie que des millions de téléspectateurs ont vu un spectacle excluant les femmes, tous les jeunes de moins de 20 ans, et tous les adultes de plus de 32 ans, soit environ 90 % de la population…

Roger Heurtebise : Mais, monsieur le Président, ce sont les règles du sport de compétition….

Louis Schweitzer (rouge de colère) : Eh bien cela va changer, je veux éduquer le peuple, éduquer le peuple, vous comprenez ? J’ai proposé à Nicolas Sarkozy de mettre fin à cette discrimination insupportable, et de donner une feuille de route au sélectionneur, Raymond Domenech. L’équipe de France devra être mixte, autant d’hommes que de femmes….

Pierre Cassen: Mais, monsieur le Président, le football se joue à onze, comment on fait ?

Louis Schweitzer (hurlant) : Silence ! Silence ! Cessez vos insolences ! On en mettra douze sur le terrain ! Je veux six hommes, et six femmes dans chaque équipe. Je veux que toutes les tranches d’âge soient représentées. Je veux que la diversité soit affirmée. Je veux des équipes sportives à l’image de la société, je ne veux plus aucune discrimination, c’est ma mission (signe de croix), et j’irai au bout, j’irai au bout, vous entendez, Riposte Laïque ?

Pierre Cassen : Calmez-vous, monsieur le Président, dernière question : pourquoi ne mettez-vous pas vos actes en accord avec vos principes, et vivez-vous à Paris, dans un endroit où il y a peu de mixité sociale, plutôt que d’aller vivre dans le 93 ?

Louis Schweitzer (tapant des poings sur la table) : Je vous déteste, je vous déteste, je vous hais (signe de croix). Nous restons à Paris, parce que le devoir nous y appelle, mais nous sommes de tout cœur, au quotidien, avec tous nos frères victimes des discriminations d’une société cruelle, inhumaine et égoïste…

Roger Heurtebise : Euh, en parlant d’égoïsme, Monsieur le Président, en tant qu’ancien patron de Renault, ancien directeur de cabinet de Fabius et actuel président de la Halde, sans oublier votre présidence du conseil de surveillance au « Monde », vos revenus ne constituent-ils pas une discrimination vis-à-vis du monde du travail ?

Louis Schweitzer (s’étouffant de rage) : Voyous, malappris, insolents ! J’ai travaillé toute ma vie, j’ai fait des études, j’ai prié sans relâche pour arriver là où j’en suis arrivé (signe de croix) ! Mes stock-options, je ne les ai pas volées. Je suis un catholique de gauche, et je demeure un vrai socialiste, alors, vos remarques déplacées, gardez-les pour vous ! Rien ne me fera dévier de ma voie : éduquer le peuple, éduquer le peuple, éduquer le peuple (signe de croix)…

Martine Chapouton : Donc, monsieur le Président, si nous devons résumer cet entretien, les 11 millions d’euros qu’on vous donne chaque année, vont servir, en 2010, à imposer le voile à toutes les femmes, le 19 mars, et à faire jouer des mémés et des pépés dans l’équipe de France de football. Avons-nous tout compris ?

Louis Schweitzer (l’air illuminé, entrant en transe) : Ce n’est qu’un début, messieurs de Riposte Laïque, ce n’est qu’un début, j’ai une mission, je la mènerai jusqu’au bout, je ferai le bonheur du peuple, malgré lui, je vais éduquer le peuple, éduquer le peuple, éduquer le peuple….

La rédaction de Riposte Laïque s’en va alors discrètement, l’abandonnant à son monologue, et lui laissant l’ardoise à payer.

Propos recueillis par Roger Heurtebise, Martine Chapouton et Pierre Cassen

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