M. Boubakeur, pour être crédible, encore un petit effort…

Publié le 10 janvier 2011 - par
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Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée de Paris,

Vous avez déclaré il y a peu, sur les ondes d’une radio, que l’Islam était une religion devenue la force politique de terroristes et d’assassins. Bravo ! Ce courage vous honore.. Pour compléter votre information, je vous suggère de regarder une video mise sur Internet il y a quelques jours. Vous constaterez que les Wahabites, Salafistes et autres manieurs de grenades divines ne sont pas seuls en cause.

En détail, voici ce qu’il est loisible d’y voir.

Elle est à genoux sur un de ces terreaux d’Orient fait de caillasse et de poussière. Son vêtement bleu tranche avec le gris jaunâtre du décor sans grâce qui l’entoure. Elle est à genoux et elle attend. Que voit-elle de derrière son grillage serré ? Des hommes qui vont et viennent, d’autres, immobiles, de tous âges, en demi-cercle. Pas de femme dans cette assemblée.

Nulle colère en apparence, on imagine un silence vaguement murmurant. Fait-il chaud ? La lumière est vive. Il est peut-être midi, quelque part dans une province du pays nommé Afghanistan.

Elle est à genoux et elle va mourir, pour la simple raison qu’elle a été aimée hors du mariage. Près d’elle, un trou, cubique, profond. La suite se laisse supposer. L’image saute, se décale, revient vers elle, c’est un amateur qui officie avec un téléphone portable. On se prend à penser qu’il s’agit là d’un quelconque tournage de film par un cinéaste sans grands moyens.

Des hommes rôdent autour d’elle, ils ont l’air de peaufiner quelque chose, les positions des uns et des autres, les angles. Ils donnent des ordres. Il y a là une mise en scène..

Un bras s’est soudain levé dans l’assistance, le geste est celui d’un lancer. Que s’est-il passé ? On ne sait trop. D’autres bras se lèvent, la terre se soulève en petits nuages gris, la burqa bleue ondule et se répand sur le sol. Des pierres la percutent, la condamnée tente de se protéger, les mains tendues vers ses bourreaux.. Mais les projectiles sont énormes, certains font la taille d’un pamplemousse, d’autres sont aiguisés tels des lames. Et touchent au but. La femme blessée doit être appuyée sur un coude. Elle rampe comme elle peut vers le trou, se redresse. Comment peut-elle ? Un caillou plus précis que les autres l’atteint à la tête et la projette dans ce qui sera sa tombe.

On la croit morte. On l’espère enfin soulagée d’une souffrance aussi brève qu’atroce. Mais son fantôme couleur de ciel marin, maculé de terre et de sang, bouge encore, et le voilà qui s’appuie contre la paroi. Va-t-il surgir, comme ressuscité des ténèbres, et quitter le champ de démence sous lequel on prétent l’ensevelir ? Il est alors décidé que non. C’est à bout portant que la besogne s’achève. En pluie de pierre.

Mais voici déjà le garçon que l’on conduit les mains liées dans le dos. Il est grand et maigre, vêtu de blanc, son visage est superbe, une gueule altière de jeune pachtoun, comme sur les photographies des beaux-livres et dans les livres de Kessel. Au passage, il jette un bref regard vers la fosse, un mélange d’angoisse et de résignation qui le rend presque neutre. Puis on l’agenouille et c’est aussitôt l’exécution.

Lui, mourra très vite, au bord du trou, le crâne défoncé, les bras repliés dans une attitude d’inutile protection. Fin du film.

Monsieur Boubekeur, si je vous ai décrit un peu longuement cette video, c’est parce que, sur le fond, je ne vois aucune différence entre cette ignominie afghane et le caillassage d’une petite française, dans une cour d’école parisienne, sous prétexte qu’elle n’observe pas le jeûne.

Votre co-religionnaire Tarik Ramadan aura beau m’expliquer qu’il souhaite un moratoire sur la lapidation, je continuerai à me sentir profondément humilié à la vue de pareilles aberrations, qu’elles soient le fait de villageois pachtouns commis à un double assassinat, ou de sales mômes de chez nous abandonnés par nos dirigeants et délivrés par des religieux souvent étrangers, de l’enseignement censé leur être donné. Nous sommes là devant la configuration uni-culturelle d’un absolu désastre..

Monsieur Lévy aura beau me sussurrer à l’oreille sa théorie sur les Lumières et la douceur de l’Islam, je continuerai à éprouver une grande rage au spectacle de la bestialité humaine ainsi légitimée comme voie de justice, à Kaboul tout autant qu’à Paris.

Monsieur Alaoui aura beau me prétendre qu’il n’a personnellement aucune attache avec des gens aussi peu respectueux de la personne humaine, je persisterai à trouver sa logorrhée de vendeur de loukoum fortement suspecte de mensonge par omission.

Monsieur Boubekeur, on vous dit modéré. Votre discours officiel est en effet celui d’un rassembleur des bonnes volontés civiques, d’un prélat pour qui le mot République semble signifier autre chose que son interprétation à l’iranienne ou à l’algérienne. Vous vous prétendez démocrate, épris de tolérance et de paix. En quelque sorte français, de conscience, de cœur et de raison, comme l’immense majorité de vos compatriotes.

C’est possible.

Alors, il faut être clair. Si vous êtes effectivement tout cela, eh bien, la République, la démocratie, la paix, la tolérance et moi-même exigeons de vous autre chose que votre antienne de grand-père vaguement importuné par l’indiscipline et l’humeur fantasque de sa descendance. Pour ma part, je n’entends à cette heure de votre bouche ni sainte colère ni véritable indignation face aux dérives parfaitement programmées de la religion dont vous êtes un important représentant.

Vous devez donc faire désormais un effort particulier pour passer de la réprobation molle à la révolte contre un ordre nouveau dont aucun Français raisonnable ne veut.. Quelques pistes de réflexion pour une action urgente :

Le jour ou, vous aurez déclaré urbi et orbi que le jet de cailloux sur autrui, entre autres violences, avec l’intention de le détruire physiquement ou mentalement, est un crime passible de lourdes peines, en France comme en Afghanistan,

A l’instant où vous aurez affirmé que l’excision est une mutilation ignoble visant à rabaisser la femme au rang de ce que n’est même pas l’animal le plus soumis,

Dès lors que vous aurez clairement dénoncé comme pénalement punissable la tradition forçant des petites françaises (elles le sont, Monsieur Boubekeur, et on les enlève, exactement comme au 11è siècle !) de treize ou quatorze ans à s’en aller épouser des barbons sexagénaires au fin fond de l’Atlas ou des Aurès,

Lorsque vous aurez reconnu que votre pays, la France, se ruine, se compromet et se déshonore en fermant les yeux sur l’utilisation éhontée de ses droits sociaux par de purs produits de l’extrêmisme islamique, qu’ils soient wahabites, tablighs ou de quelque autre obédience, et lorsque vous aurez publiquement dénoncé, au lieu de la flatter, la faiblesse à cet égard des hommes et des femmes qui nous gouvernent,

Quand vous aurez persuadé les prêcheurs de mépris, de haine et de guerre, vomisseurs de bile amère dans un nombre croissant de lieux de culte, à travers toute la France, qu’il est dans l’intérêt de tous, eux compris, qu’ils retournent vers les maîtres financeurs qui les ont envoyés en mission de conquête chez nous et dans le reste de l’Europe,

Lorsque, enfin, pour conclure cette liste ô combien non exhaustive de travaux prioritaires, vous aurez persuadé tous les responsables de l’Islam présents en France que la solubilité de votre religion-idéologie (c’est vous qui la décrivez comme telle) dans la République passe nécessairement par l’abandon de toute prétention à vouloir imposer à une majorité démocratique les volontés de minorités agissantes,

Alors, oui, Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, je considèrerai votre modération non seulement comme réelle mais encore capable de déteindre sur vos ouailles, associés et collatéraux, et même susceptible, voyez vous, de secouer enfin la mortelle léthargie de nos édiles.

Vous aurez alors sacrément bien œuvré, croyez le, pour la paix, pour la tolérance, pour la démocratie et pour la République.

Dr Alain Dubos

Ecrivain-Médecin.

Ancien Vice-Pt de MSF (Prix Nobel de la Paix 1999)

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