M. Le Pen à J.F. Copé sur les prières de rue : « Vous n'avez rien fait et vous appelez au financement des mosquées »

Ce dimanche sur BFM TV, il y a eu un débat fort intéressant entre Jean-François Copé, nommé secrétaire général de l’UMP par Nicolas Sarkozy, et Marine Le Pen, récemment élue présidente du Front national par les militants (1).
Ce fut bien trop court, seulement une vingtaine de minutes, pour aborder deux vastes sujets : l’identité nationale et l’économie. L’animateur et les deux orateurs ont convenu de se retrouver pour un débat plus long, et ce sera sans doute nécessaire.
Néanmoins, cette discussion a permis de voir ce que chacun des adversaires politiques avait – ou pas – dans le ventre, les angles d’attaques qu’ils ont choisis d’utiliser et leurs méthodes rhétoriques. Je vous en laisse juges, je ne prendrai comme exemple symptomatique la séquence sur les prières de rue, une affaire qui intéresse nos lecteurs (à partir de 03:00 sur la vidéo.) Curieusement, c’est Jean-François Copé qui met le sujet sur le tapis en le prenant comme un modèle d’argumentation à l’encontre de Marine Le Pen :
– Vous êtes très très forte dans l’incantatoire, quand il s’agit de dénoncer, de mettre des tas de problèmes sur la table. Pour certains d’entre eux, c’est d’ailleurs des problèmes où on se retrouve. Je prends l’exemple de la prière publique dans la rue. C’est évidemment inacceptable et il est évidemment indispensable de le dénoncer, sauf qu’ensuite il faut trouver des solutions. Mais le pacte républicain, qui est la réflexion sur laquelle on doit maintenant avancer, ça ne doit être que des propositions concrètes et réalistes. Et de ce point de vue, moi je vois très bien ce sur quoi il faut qu’on avance. D’un côté une fermeté totale, totale. C’est pour cela…
– Monsieur Copé, et alors ?
– Et alors on a fait beaucoup de choses. C’est pas parce qu’on fait semblant… C’est pas parce qu’on se nourrit de l’idée qu’on dit matin midi et soir que rien n’a été fait que pour autant c’est la réalité.
– Monsieur Copé, sur l’affaire des prières de rue, il y avait il y a cinq ans une rue bloquée, il y en a 15 aujourd’hui. Vous n’avez rien fait. Vous n’avez absolument rien fait. Vous n’avez rien fait pour arrêter le financement public des mosquées. Vous appelez même d’ailleurs au financement public des mosquées. Vous n’avez rien fait pour empêcher les revendications d’interdits alimentaires dans les écoles publiques, laïques et républicaines. Et vous n’avez rien fait, d’ailleurs, en amont, parce que ces problèmes-là sont aussi la conséquence d’une immigration qui est aujourd’hui à saturation en France (…)
Et Marine Le Pen continue sur « l’échec » de la gestion sarkozyste de l’immigration. Jean-François Copé reproche à Marine Le Pen d’utiliser « le fond de commerce du Front national », etc.
Jean-François Copé, qui pourtant a souvent interrompu Marine Le Pen dans ce débat – surtout quand elle commence à expliquer telle ou telle proposition de son parti – est tout à fait silencieux quand on lui prête l’intention de développer le financement public des mosquées. Et après tout, n’est-ce pas ce qu’il sous-entend quand il reproche à Marine Le Pen de ne pas trouver des « solutions » au problème des prières de rue ? Quelles « solutions » ? Car enfin, il s’agit là d’un délit à répétition depuis des années et des années, qui va en s’aggravant, et donc les « solutions » n’est-ce pas de faire mettre fin à ce délit par la police et de le faire sanctionner par la justice ?

On voit donc que Marine Le Pen a parfaitement raison de dénoncer le laxisme de l’UMP et du gouvernement sur toutes ces affaires d’« islamisation », et qu’elle a mis dans le mille en dénonçant le projet souterrain de l’UMP de développer encore et encore le financement public des mosquées. D’ailleurs ça apparaît également dans la déclaration de Jean-François Copé lors de ses vœux aux jeunes de son parti, le 12 janvier dernier (2) :
– Pour le parti de Nicolas Sarkozy, trois thèmes majeurs seront au cœur de la campagne présidentielle qui s’annonce : la « compétitivité de la France », « la justice sociale » et « l’exercice des cultes religieux dans la République laïque avec un point particulier sur l’exercice du culte musulman ».
– Marc-Philippe Daubresse, vice-président de l’UMP, en charge d’une mission de réflexion sur la stratégie à conduire face au FN et au PS, assume totalement ce choix (…) Concrètement, il faut se demander s’il faut « revisiter la loi 1905 », lance l’élu du Nord qui dit être à l’écoute de ce qui se dit « sur les marchés ». « L’équilibre de la loi 1905 est parfait mais il faut en vérifier l’applicabilité : comment continue-t-on d’assurer la liberté de culte dans la sphère privée tout en garantissant le devoir de réserve dans l’espace public ? » Jean-François Copé, lui, prévient : « aucun débat ne doit être tabou ni interdit, nous entrons dans une phase de très grande ouverture du parti. »
C’est très clair : les prières de rue vont servir de prétexte à l’UMP pour tout simplement modifier la loi de 1905 sur la laïcité afin de financer le culte musulman avec l’argent public. C’est cela, les « solutions » de Jean-François Copé et donc de son parti et de Nicolas Sarkozy. On va se servir d’un délit contraire aux lois laïques pour modifier ces lois laïques. Mais Jean-François Copé et ses collègues avancent à pas de loup. La technique est de mettre le « débat » sur la table, puis de laisser mijoter pour instiller peu à peu l’idée du financement public dans l’esprit des Français.
Jean-François « dénonce » les prières de rue, les trouve « inacceptables » et appelle à une « fermeté totale ». Mais il se contente de dénoncer et de parler, et d’un autre coté il donne un signe clair aux islamistes qui organisent ces pressions sur la République et sur le gouvernement : OK, vous voulez que les contribuables français paient vos mosquées, vous pouvez compter sur nous, on va vous arranger ça. Les islamistes n’espéraient que cela !
C’est comme Jean-Christophe Lagarde, maire Nouveau centre de Drancy et sa « mosquée municipale » : il l’avait promise à son électorat musulman pratiquant – et elle fut terminée comme par miracle juste avant les élections municipales –, mais il leur a expliqué qu’il faut faire ça en douce pour éviter que les « laïcards » (sic !) ruent dans les brancards. Et il l’a fait, allant même jusqu’à mentir à ses administrés en leur faisant croire que le bâtiment qu’il construisait avec leurs impôts locaux était un centre culturel et non un lieu de culte.
C’est un double langage purement politicien, qui rappelle celui de Tariq Ramadan : on rassure d’un côté les Français, et de l’autre les fantassins de l’islamisation politico-religieuses. Bref, on baisse son pantalon devant les barbus et on ruse pour essayer de tromper ses concitoyens jusqu’à les mettre devant le fait accompli.
Inutile de compter sur la gauche pour défendre la laïcité et faire une autre politique que l’UMP face à l’islamisation : on ne compte plus ses lâchetés devant les prières de rue ou les cantines halal, et elle aussi finance en douce les mosquées avec l’argent public, et elle aussi veut pouvoir le faire plus ouvertement. Quant à l’extrême-gauche, sa compromission avec les militants de l’islam conquérant n’est plus à démontrer. Mais elle a au moins la qualité de moins cacher sa collaboration avec les ennemis de la laïcité que l’UMP ou le Parti socialiste.

Par conséquent, sur tout l’échiquier politique, il n’y guère que Marine Le Pen pour dénoncer l’islamisation, mettre le nez de l’« UMPS » dans son caca, et in fine défendre réellement la laïcité contre les attaques musulmanes. La gauche et l’extrême-gauche vont attaquer la présidente du Front national en l’accusant de racisme anti-musulman. Reductio ad hitlerum, on connaît ! Ca ne marche plus, mais ils n’ont que ça en magasin. La droite va dire – comme l’a fait Jean-François Copé tout au long de ce débat sur BFM TV – que Marine Le Pen n’aurait pas de solutions concrètes aux problèmes des Français ou que ses solutions seraient irréalistes. La gauche en appelle au « vivre ensemble », la droite au « pacte républicain », alors que l’une et l’autre ne cessent de laisser se dégrader le « vivre ensemble » et de détruire le « pacte républicain ».
Tout cela est bien lamentable, mais il y a tout de même de bonnes choses dans cette ouverture de la campagne électorale présidentielle à des sujets de société que nous traitons depuis bientôt quatre ans à Riposte Laïque. Désormais les problèmes sont sur la table politique, et les Français peuvent juger les uns et les autres sur leurs bilans, leurs propositions ou leurs dérobades. Comme nous l’avions espéré, l’islamisation est devenue l’objet de débats populaires – comme le reconnaissent les élus UMP – et les politiques sont mis au pied du mur.
Mais nous devons continuer à rester extrêmement vigilants, puisque nous voyons clairement qu’entre la laïcité et les valeurs républicaines d’une part, la soumission aux offensives de l’islam politique d’autre part, l’« UMPS » persiste et signe : elle joue dans le camp adverse de celui des Français, et elle plus que jamais est décidée à continuer à le faire, tout en nous faisant croire le contraire.
Djamila GERARD
(1) http://www.dailymotion.com/video/xgp67d_bfmtv-2012-jean-francois-cope-face-a-marine-le-pen_news
(2) http://www.20minutes.fr/article/655590/politique-l-ump-veut-faire-l-exercice-cultes-priorites-campagne-presidentielle

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