Majorité silencieuse : lève-toi et marche…

Publié le 4 janvier 2010 - par
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La religion musulmane pourrait être comparée à une galaxie dans laquelle gravitent plusieurs planètes différentes, mais se réclamant du même système solaire. Intéressons nous plus particulièrement aux notions de « fondamentalisme islamique » et « d’islamisme » et essayons de comprendre ce que recouvre cette « planète islamique particulière ».

Selon William MILLWARD dans son livre « La montée de l’intégrisme islamique », « La tendance islamiste chez les musulmans désigne en général des groupes et des mouvements qui, dans plusieurs pays, cherchent à établir, ouvertement ou clandestinement un gouvernement ou un Etat islamique. Cet objectif se justifie par le fait qu’un gouvernement islamique appliquerait la plupart des lois et règles de l’islam (la charia) qui ont trait, entre autres, à l’habillement, aux relations entre les sexes, à l’interdiction de l’alcool et des jeux d’argent, aux châtiments propres à des crimes précis et aux restrictions imposées aux opérations bancaires et aux prêts à intérêts ».

Pour John L. ESPOSITO, « à l’aube du XXI° siècle, le fondamentalisme islamique ou l’islam politique reste une force puissante … et une question d’intérêt mondial. C’est un terme couramment employé pour désigner le renouveau islamique contemporain, c’est un mouvement religieux étendu mais divers qui se propage depuis plus de deux décennies … Le fondamentalisme islamique comprend la notion de renaissance ou d’activisme islamique … contenant la notion d’activisme politique et social … on parle bien d’islam politique et d’islamisme ».

Après ces quelques définitions, nous voyons bien que nous sommes ici en plein cœur de notre notion républicaine de laïcité. Rappelons, en résumé, que cette laïcité, telle que définie dans la loi de 1905 correspond à la fameuse mais galvaudée « séparation des églises et de l’Etat ». En clair, aucune religion ne doit se mêler de politique. Cette même laïcité ne devant pas remettre en cause les pratiques privées des religions, tant que ces mêmes pratiques ne sont pas en discordance avec notre constitution et nos lois républicaines.

Certes, en France, cet islam politique ne représente en aucun cas la totalité des pratiques de la religion musulmane et procéder à cet amalgame relèverait d’une escroquerie intellectuelle. Cependant, même minoritaire, le fondamentalisme islamique est très actif, voire même activiste, et c’est pourquoi nous devons nous en préoccuper car il n’a absolument rien à voir avec notre République. Ne nous y trompons pas, nous sommes confrontés de plus en plus à cet islam politique, expansif et prosélyte, voulant s’imposer comme dominant et non pas s’insérer dans une société laïque. C’est bien contre cela que tous les républicains doivent faire rempart.

Continuons à explorer quelque peu ce que recouvre cet islamisme politique.

Il faut savoir qu’ici l’islam est un mode de vie total qui se suffit à lui-même, ainsi islam et politique sont étroitement imbriqués et l’islam est donc mêlé à la vie publique autant qu’à l’observance de ces préceptes. A ce stade, rappelons que tout système qui prétend prendre en compte et régenter la totalité de la vie s’appelle tout simplement un régime totalitaire. Il n’est point besoin de faire un dessin pour expliquer ce que cela entraîne en terme de pertes de liberté et autres joyeusetés de ce genre.

Cette renaissance islamique se fonde très souvent en réaction à un sentiment de délitement politique, social et moral et d’injustices diverses. Il est question, ici, de mettre en place un islam « purifié » supprimant les pratiques non islamiques et opérant un retour au coran, à la sunna et aux principes de la communauté musulmane primitive. En quelque sorte, un retour à une source fondamentale dont l’eau serait plus pure que pure. Ce concept de pureté est à mettre en lien avec la dimension totalitaire dont nous parlions plus haut. Tous les régimes totalitaires mettent en exergue la pureté comme idéal, l’exemple le plus tristement célèbre étant bien sur le national socialisme des nazis avec le bon aryen bien pur et, par ailleurs, l’élimination de tout ce qui est considéré comme impur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas comme soi, c’est-à-dire de la notion même d’altérité.

Donc, il est bien clair qu’ici la religion prend en compte aussi bien la vie personnelle que la vie publique. Temporel et irrationnel sont mélangés, la croyance et la foi l’emportent sur la raison, le dogme fait office de loi et la Vérité est bien sur révélée par dieu. Donc, dans ce cadre là, nulle besoin d’une assemblée de législateurs élue par et pour le peuple, puisque seules les lois révélées par le prophète ou pas dieu (c’est la même chose puisque l’un ne fait que transmettre les principes de l’autre) sont acceptables. Dans cette configuration là, l’islam est à entendre comme une idéologie pouvant compenser les faiblesses tant du capitalisme que du socialisme (si tant est que l’on puisse cliver ces deux notions aussi facilement …). IL faut aussi bien comprendre que l’instauration d’une telle société exige des changements qui doivent venir de la base, par une stricte application de la loi islamique avec comme but avoué de transformer ainsi toute la société. Il s’agit bien de la volonté d’imposer une nouvelle direction politique au service de l’islam et de la loi islamique.

Toujours selon John L. ESPOSITO c’est « depuis les années 1990 que s’est opérée une révolution tranquille. L’activisme islamique s’est révélé être une force politique et sociale efficace, agissant à l’intérieur d’un système, dans le cadre des institutions et de la vie sociale en général ». Puis, il continue en expliquant que, selon lui, « la réaffirmation de la religion dans le politique et la société musulmane est un défi aux présupposés occidentaux et séculiers quant à la modernisation et à la théorie du développement ».Dès lors, il apparaît clairement que l’objectif de l’islamisme réside dans la création d’une société véritablement, complètement et purement islamique, guidée uniquement par les règles de la foi. Qui plus est, n’oublions pas la dimension panislamique de ce fondamentalisme qui aspire à la construction d’un bloc d’Etats dont les gouvernements appliqueront la seule loi de l’islam. Le but ultime se situant dans l’espoir qu’un tel bloc pourrait changer les règles du système international.

A propos des musulmans qui s’efforcent d’établir un Etat islamique, William MILLWARD distingue deux groupes : « le courant principal » et « le courant militant ». Pour l’auteur, le but reste le même, seule la méthode change. En effet, le « courant principal » s’inscrit dans le cadre des règles en vigueur dans les sociétés et il est donc décrit comme plus « modéré » ; mais il est plus insidieux et passe plus inaperçu, cela le rendant très dangereux car il faut plus de temps pour en prendre conscience. Le « courant militant », quant à lui, est prêt à recourir à la violence pour renverser les gouvernements en place, le rendant plus violent mais aussi plus visible et, donc, plus facilement identifiable. Mais, ne nous y trompons pas, que nous ayons à faire à l’un ou l’autre modèle, c’est toujours la même chose : politique, affaires de l’Etat et religion sont toujours intimement mêlées. De surcroît, le but ultime est le même : faire en sorte que la loi coranique gouverne la société et les vies des citoyens qui en font parties.

Dans son éditorial du Nouvel Observateur n° 2353 de décembre 2009, Jean DANIEL écrit : « c’était se faire d’aberrantes illusions que de croire que les européens pouvaient ne pas se sentir atteints par les échos de ces convulsions et de ces violences. C’était aussi naïf de penser que l’islamisme n’allait pas salir et caricaturer outrageusement l’image de l’islam tout entier. C’est à ce moment là qu’il fallait dire et rappeler sans cesse que l’intégrisme islamique traverse et bouleverse avant tout les sociétés de l’islam. Ce sont les musulmans qui, dans leurs propres pays, en sont et de beaucoup les plus nombreuses victimes ».

Il n’est pas trop tard pour prendre conscience de cela. Pour parenthèse, souvenons nous que la psychanalyse nous a enseigné qu’une prise de conscience seule pouvait aider pour résoudre un problème mais que, dans bien des cas, cela ne suffisait pas et que pour aller plus loin il fallait avoir le désir d’entrer dans un parcours et un travail long et parfois difficile. Nous le voyons bien pour ce qui concerne la prise en compte de la dimension écologique : la prise de conscience mondiale est bien là et il n’y a plus beaucoup de monde pour traiter les écologistes de farfelus et de doux rêveurs, mais quand la « communauté internationale » se réunit à Copenhague aucune décision contraignante n’en ressort.

Comme à chaque fois, il s’agit de mettre en œuvre non pas la seule prise de conscience, qui est cependant absolument nécessaire, mais bien la puissance de la volonté politique pour inverser certains systèmes et certains fonctionnements, voire certaines gouvernances. Pour le sujet qui nous intéresse, d’aucuns n’en sont même pas encore au stade de la prise de conscience, quant à la volonté politique …

En France, entend-on le conseil français du culte musulman (CFCM qui est une émanation de l’union des organisations islamiques de France – UOIF) prendre officiellement position pour contrecarrer cela et exprimer le fait qu’ils ne se reconnaissent pas dans cet islamisme radical. Que ne prennent-ils pas position contre toutes les ignominies, et elles sont pourtant nombreuses, commises au nom de l’islam.
Si l’islamisme fait du mal ç l’islam, alors qu’il soit vertement dénoncé par ce que d’aucuns appellent les « musulmans modérés ».

Nier le fait que l’islam des années 1960/1970 n’a plus rien à voir avec cet islam, qui a commencé à naître dans les années 1990, politique, militant, prosélyte et expansif relève du refoulement et, comme nous l’a si bien démontré Sigmund FREUD, gare au retour du refoulé … C’est ce qui est en train de se passer aujourd’hui et beaucoup trop de nos élites se refusent à voir.

Toujours dans le Nouvel Observateur, mais dans son numéro 2354 de la fin décembre 2009, dans son dossier sur « la France et ses musulmans », il est indiqué que : « Toutes les pratiques gouvernementales de créer cet « islam de France » sous l’égide d’une instance représentative ont échoué. Le CFCM mis en place par Nicolas SARKOZY en 2003, et soumis aux pressions des Etats algériens et marocain, ne parvient pas à fédérer … En juin, le lancement officiel de la fédération laïque des citoyens de sensibilité musulmane, qui souhaitait se positionner comme « l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics », a accouché d’une souris ».

Où est donc cet « islam de France modéré » dont la République devait soi disant pouvoir s’accommoder ? Force est de constater qu’il est inexistant ou presque, force est aussi de constater qu’il est bien pâle et bien mou par rapport à toutes les attaques contre les Droits de l’Homme et contre nos valeurs républicaines. D’autre part, en se positionnant toujours en victime et en martyr de la société française laïque, il accentue le sentiment de rejet vis-à-vis d’une majorité de la population.
Citons deux exemples, toujours pris dans le même numéro du Nouvel Observateur, de pratiques de l’islam par deux musulmans différents, vivant en France.

Le premier est Thomas alias Abbas, converti à l’islam, qui dit clairement : « Dans la rue on ne passe pas inaperçu avec son jibeb (voile intégral porté par son épouse) qui ne laisse apparaître que son visage et ses mains … Pour nous, les autres musulmans (comprenez les « modérés ») sont dans l’ignorance et dans l’erreur … Maintenant, je ne vais pas vous mentir, mon islam est idéologiquement incompatible avec la laïcité française. Je ne suis pas d’accord avec ses principes … Je ne serre pas la main des femmes et j’aimerais pouvoir faire mes prières au travail aux heures consacrées … Ma fille, qui a 7 mois aujourd’hui, suivra ses études par correspondance à partir de l’âge auquel elle portera le voile ». Caricatural ? Non au contraire, tout à fait réaliste et pas si marginal que ça. Au moins cela a le mérite de la clarté et si certains font encore mine de ne pas comprendre alors c’est que ce sont vraiment des « idiots utiles ».

A l’inverse, l’autre exemple est tout aussi éclairant d’une pratique religieuse privée, discrète, non prosélyte et laïque. Il s’agit de Nicolas, lui aussi converti à l’islam, qui nous dit : « Rien ne m’empêche réellement de pratiquer ma foi en France » et de continuer en disant qu’il ne comprenait pas « pourquoi autorise-t-on (en France) un cursus de finance islamique directement issu de la charia ». Au passage, rappelons que Mme Christine LAGARDE, ministre de l’économie et des finances de la République française, voit d’un bon œil la création, en France, de banques islamiques qu’elle est visiblement prête à favoriser et à accompagner.

Intéressons nous maintenant à un article paru dans le journal Libération, daté du 21 décembre dernier, signé par trois élus du parti socialiste (Mme Aurélie FILIPETTI et MM. Philippe ESNOL et Manuel VALLS). Cet article, relativement court, résume plutôt bien la problématique à l’œuvre autour des limites inhérentes au principe de laïcité.
Dès l’introduction, les trois rédacteurs parlent de « loi interdisant le port du voile ». Comment trois élus de la République peuvent-ils eux-mêmes être autant amnésiques (cela pose, entre autres, la question de savoir si l’oubli est un trouble de la mémoire ou du désir ?) quant à l’intitulé même de cette loi.

Effectivement, en aucun cas il ne s’agissait d’une loi spécifique contre le port du voile, mais bien d’une loi tout à fait laïque (c’est l’inverse : légiférer sur le seul port du voile islamique eut été probablement anti laïque, puisque instaurant une discrimination entre les religions) interdisant le port ostentatoire de tous les signes religieux dans l’espace de l’école publique (écoles, collèges et lycées, les universités publiques ne doivent pas faire partie de l’enseignement républicain …). En effectuant cet amalgame, ces mêmes élus (ils ne sont malheureusement pas les seuls), de gauche, font ce qu’ils dénoncent eux-mêmes, à savoir la stigmatisation d’une religion alors que la loi n’opère certainement pas cette mise à l’index. En fait, ces mêmes élus qui critiquent l’islamophobie (qui, dans leurs bouches, devient vite, après un tour de passe passe, tout simplement du racisme …) finissent par, eux-mêmes, pointer du doigt une religion plus qu’une autre. Ceci est complètement antinomique avec notre principe de laïcité.

Une autre contradiction apparaît dans cet article. Dans le même paragraphe, il est dit, d’une part : « Alors, il faut être clair, il est essentiel de bâtir avec un islam de France fort et progressiste. L’Etat français, sans hypocrisie, doit notamment pouvoir aider les musulmans à sortir des caves indignes dans lesquelles ils ont été réduits à prier et à construire sur l’ensemble du territoire des mosquées ayant pignon sur rue ». Et d’autre part, juste un peu plus loin : « La France est une société laïque séparant l’Etat du religieux ». Donc, si nous appliquons cette dernière phrase, ce qui semble être la cas des trois rédacteurs socialistes, pas de subventions publiques directes ou indirectes pour la construction des mosquées et, donc, de tous les édifices cultuels (a-t-on jamais entendu les juifs, les bouddhistes, les protestants ou autres revendiquer cela ?).

Mais, dans le même temps, ils nous disent qu’il faut que l’Etat français aide les musulmans à construire leurs mosquées. Si cela n’est pas un « double lien » alors qu’est-ce que c’est ? Nous sommes là complètement dans ce qu’il convient d’appeler les « accommodements raisonnables », au risque qu’ils soient anticonstitutionnels. Si nous votons socialiste (mais, là aussi, pas de stigmatisation, ils sont loin d’être les seuls dans ce cas là …), nous saurons à quoi nous attendre en terme de laïcité …
Par contre, concernant le port des burqas et autres niqabs, les rédacteurs sont plus clairs et posent bien la question des limites, qui devraient être indépassables en France (sauf que la difficulté, comme nous l’avons vu, réside dans le fait que ces limites sont à géométrie variable selon qui parle, alors qu’elles sont très claires dans la loi de 1905). Et là, nous ne pouvons qu’être d’accords, non seulement avec une éventuelle interdiction, mais aussi avec les arguments développés pour arriver à cette loi interdisant ce genre de « vêtement ».

Premier argument : « Qu’il soit volontaire ou non, le port du voile intégral nuit à la société et à l’ordre public dans la mesure où il soustrait du regard d’autrui les femmes qu’il recouvre ».

Second argument : « La burqa est aussi une atteinte à la dignité humaine. Elle concerne tout individu dans la mesuré où elle place la femme à un rang subalterne ». Car, dans ce cas de figure (c’est la cas de le dire), la Femme perd son humanité, sa liberté et, bien sur, sa féminité. D’autre part, les rédacteurs pointent non seulement que c’est est inacceptable au regard du principe d’égalité de droit Homme – Femme, mais aussi que cela ne doit, en aucun cas, être assimilé à une conduite religieuse et coranique (mais, quand bien même cela le serait que cela ne serait pas plus acceptable).

Alors, pour les trois rédacteurs, « Une loi (d’interdiction) est nécessaire car cette question essentielle ne peut être laissée aux seules interprétations éparses des maires, sauf à transformer la République, indivisible, en une fédération de collectivités. Elle est d’autant plus nécessaire, enfin, qu’elle est une réponse symbolique forte à la montée du fondamentalisme ».

Nous serons gré à ces trois élus de vouloir rassembler ce qui est épars et de vouloir donner toute sa force aux symboles, mais n’y a-t-il pas là deux poids et deux mesures ? Car cela voudrait dire que concernant le port de ce genre « d’habit » il ne faut pas prendre le risque « d’interprétations éparses des maires », mais à propos du subventionnement public, même indirect, pour construire des mosquées ou pour mettre en place des horaires séparés hommes/femmes dans les piscines, nous pourrions laisser ces mêmes maires « interpréter de manière éparse » ? Pourtant, en terme de limites concernant la question des financements, la loi de 1905 est on ne peut plus claire : aucun financement public d’aucun culte et aucun « accommodement raisonnable » de la République avec aucun culte. Cependant, et c’est pour cela que la tutelle du ministère de l’intérieur est pertinente, l’Etat français doit veiller à ce qu’aucune religion n’entraîne des troubles à l’ordre public. Prier dans les rues en entravant la circulation, par exemple, est un trouble à l’ordre public, alors qu’attend-on pour y mettre fin ?

Nous avons vu plus haut quels résultats avaient donné cette soi disant volonté de « bâtir avec eux un islam de France fort et progressiste » … Non seulement pas grand-chose, mais, de surcroît et entre autres, la mise sous quasi tutelle du CFCM par le Maroc et l’Algérie … L’Etat voulait éviter les financements occultes des mosquées et il se retrouve avec une instance qu’il a créé et qui, maintenant, est, en partie, contrôlée par des puissances étrangères dont le moins que nous puissions dire est que leurs vertus démocratiques et laïques laissent à désirer. Il serait d’ailleurs intéressant, selon le plus élémentaire principe de réciprocité, de voir comment ces Etats réagiraient s’il leur était demandé de participer au financement de lieux de cultes autres que musulman …

Mis à part des individus isolés et quasiment inaudibles, entend-on cette fameuse « majorité modérée » de l’islam dénoncer fortement et officiellement toutes les horreurs commises au nom de cette religion, en France même ; l’entend-on dénoncer le fondamentalisme et l’islamisme politique ? Oui, bien sur, cette majorité existe, mais, pour l’instant, c’est elle qui fait preuve d’un silence assourdissant, alors que c’est la minorité agissante et activiste qui prend le dessus, car elle est bien prosélyte, expansive avec un réel projet politico-religieux.

Alors, minorité silencieuse, lève toi et refuse l’intolérable qui est commis au nom de la religion que tu pratiques. Refuse la réification et l’asservissement des femmes, refuse le fondamentalisme, refuse le lien entre religion et politique, refuse les crimes d’honneurs, refuse les fatwas quelles qu’elles soient, refuse la condamnation à mort de l’apostasie, refuse le procès contre les caricatures et l’humour, refuse le mépris vis-à-vis des plus élémentaires droits de l’Homme, refuse l’ingérence quasi permanente du religieux dans les affaires publiques de l’Etat et de ses représentants, refuse les financements cultuels de la République.

Majorité silencieuse : lève toi et marche …

Hervé BOYER

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