Mariage forcé entre Mahomet et Marianne : 1. Aucun avantage et beaucoup d'inconvénients

30 novembre 2006. Nicolas Sarkozy ; candidat à l’élection présidentielle mais encore ministre de l’Intérieur, était invité à l’émission de France 2 « A vous de juger ». Alain Duhamel évoque le sujet de l’immigration.
Extrait du dialogue :
« Alain Duhamel : La majorité de ceux qui arrivent maintenant sont de confession musulmane. Est-ce que vous pensez que pour contribuer à leur intégration, il faut que l’État, les municipalités, aident la religion musulmane à disposer de lieux de culte honorables et d’imams qui eux-mêmes justement, pour prendre votre exemple, parlent aux Français ? »
Nicolas Sarkozy : Oui.
Alain Duhamel : Si vous êtes président c’est ce que vous ferez ?
Nicolas Sarkozy : Je m’en explique. La France est multiple, la France est diverse. Que cela plaise ou non, la deuxième religion de France c’est l’islam. Je veux un islam DE France et je ne souhaite pas un islam EN France. Je demande donc la francisation de l’islam pour le rendre compatible avec les règles de la République. J’ajoute un mot très important : je veux qu’on débarrasse l’islam de France de l’argent de l’étranger. Et je souhaite que les imams en France soient des imams qui parlent français et qui respectent nos valeurs.
Alain Duhamel : Et pour vous, sincèrement, parce que c’est une question que beaucoup de gens se posent, et ils ont le droit de se poser ce genre de question, laïcité et religion musulmane, il n’y a aucune incompatibilité ?
Nicolas Sarkozy : Écoutez… ou alors s’il y avait une incompatibilité, comme il y a 5 à 6 millions de nos compatriotes qui sont de culture musulmane, s’il y avait une incompatibilité il faudrait les rejeter à la mer ?
Alain Duhamel : Non mais c’est pas ma réponse qui est intéressante, c’est la vôtre. Le candidat à la présidence, c’est vous.
Nicolas Sarkozy : Mais parfois il arrive qu’on réponde à une question par une question. C’est une réalité. La laïcité c’est quoi, monsieur Duhamel, réfléchissons un instant. La laïcité c’est la séparation de l’Eglise et de l’Etat, cette séparation doit être absolue. Et puis deuxième chose, c’est le droit pour chacun de croire ou de ne pas croire. Et pour ceux qui croient, il n’y a aucune raison que certains puissent croire dans une religion et d’autres pas. Je parle des grandes religions révélées. Je veux être ferme, monsieur Duhamel, mais je me dois d’être juste. Et être juste, c’est que chaque famille, qu’elle soit catholique, chrétienne, juive, musulmane, puisse suivre sa foi et la transmettre à ses enfants. Et le ministre de l’Intérieur que je suis vous dit que les problèmes que nous avons, c’est pas dans les mosquées officielles, c’est dans les caves et les garages. Une identité humiliée, c’est une identité radicalisée. »
(fin de citation)

Pour Sarkozy, on est obligé de faire avec l’islam

Au vu de l’actualité, on peut douter du fait que les « mosquées officielles » ne poseraient pas de « problèmes » ou sur le fait de l’« islam de France » soit une réussite. Mais ce qui est intéressant dans ce dialogue, ce sont deux réactions un peu surprenantes de la part du futur président de la République.
« Que cela plaise ou non, la deuxième religion de France c’est l’islam. » Nicolas Sarkozy prend ainsi acte que la présence de l’islam peut déplaire en France, mais qu’il faut bien faire avec. Et lorsque Alain Duhamel lui pose la question de la compatibilité entre laïcité et religion musulmane, Nicolas Sarkozy ne répond pas du tout à la question posée, ni dans sa première répartie, ni suite à la relance du journaliste. Sa réaction immédiate est de temporisée par un « écoutez… » qui montre une hésitation, puis elle se traduit la technique de répondre à une question par une autre question : « S’il y avait une incompatibilité, comme il y a 5 à 6 millions de nos compatriotes qui sont de culture musulmane, s’il y avait une incompatibilité il faudrait les rejeter à la mer ? »
Quand j’avais entendu cette phrase en direct, j’ai bondi de mon fauteuil. Même pour l’écarter – et même pas de manière explicite -, comment un candidat à la présidence de la République pouvait évoquer une hypothèse aussi barbare que de rejeter 5 à 6 millions de personnes à la mer ? Sur le coup, j’ai pris cette déclaration comme un appel du pied aux électeurs du Front National.
Mais après réflexion, je pense que Nicolas Sarkozy venait de faire un constat fondamental et pourtant très évident : l’islam s’est développé en France et s’impose désormais aux Français suite à l’immigration massive de personnes issues de pays musulmans. Ce n’est pas l’islam en soi qui importe, mais le fait d’assurer l’intégration de millions de personnes que Nicolas Sarkozy suppose toutes de confession musulmane. Le ministre de l’Intérieur ne dit pas que laïcité et islam sont compatibles – et il sous-entend même le contraire -, mais il compte sur « la francisation de l’islam pour le rendre compatible avec les règles de la République ».
Il entame même le couplet multiculturel : « La France est multiple, la France est diverse ». Plus tard, une fois élu, il parlera même de « France multiethnique ». C’est le même refrain que celui qu’on entend chez la plupart des politiciens de gauche ou de droite. Jacques Chirac parlait de « dialogue des civilisations », SOS Racisme de « métissage culturel », Caroline Fourest trouvait des vertus laïques au Coran et décrivait un Mahomet féministe, et tout le monde médiatique reprenait en chœur le catéchisme de l’« enrichissement mutuel ».

L’islam n’a rien apporté à la France et à l’Europe

Mais curieusement, aucun de ces prosélytes du multiculturalisme n’a jamais dit en quoi l’islam aurait enrichi la France et les Français !
Tout au contraire, l’islam – ou du moins sa partie visible : les revendications islamiques d’une partie des musulmans de France – ne cesse de faire débat en France, et pose de nombreux problèmes à nos concitoyens. Affaires du voile, chantage aux élus pour financement public de lieux de cultes, rapport Obin sur les exigences d’« accommodements raisonnables » dans nos écoles, rapport Denécé sur les mêmes exigences dans les entreprises, cantines hallal, etc., la liste est longue depuis 20 ans ! Qui plus est, l’islam est perçu non pas comme un enrichissement à la culture française, mais comme une régression quant aux droits des femmes, à l’intégration ou à l’assimilation des immigrés et de leurs enfants, aux valeurs de laïcité, et plus généralement à la lutte pluri-séculière contre l’obscurantisme.
Non seulement l’islam n’a rien apporté de positif à la France et aux Français suite aux récentes vagues d’immigration musulmane, mais également par le passé. Comme l’a très bien montré Sylvain Gouguenheim dans son ouvrage « Aristote au mont Saint-Michel », et même si l’on peut discuter sa thèse sur la transmission des savoirs antiques, il n’y a strictement aucune « racine musulmane » dans la culture française contrairement à ce que prétendait Jacques Chirac : aucun concept ni aucune technique ni aucun art spécifiquement islamique n’a pris souche en Occident depuis 14 siècles.
L’Histoire prouve également cette imperméabilité réciproque. Après le Moyen-Age, l’Occident allait donner lieu aux sciences modernes, puis à la Renaissance, puis aux Lumières, grâce à cette alchimie progressiste entre philosophie grecque, droit romain et humanisme chrétien. L’islam restait quant à lui prisonnier du Coran, des haddiths et de la charia, et a toujours été à l’écart de la construction du monde occidental. De nos jours, il n’est pas besoin d’avoir lu « Aristote au Mont Saint-Michel » ou le Coran pour constater cette opposition fondamentale et reconnaître les arbres à leurs fruits.
Le constat de l’absence d’apport de l’islam à l’Occident n’est pas la négation que l’islam soit porteur de ses valeurs intrinsèques, et qu’il obéisse à sa propre logique. Il ne s’agit pas de hiérarchiser les peuples ou les cultures, mais de constater que l’islam contredit par sa charia et ses dogmes les valeurs occidentales, ne serait-ce que par l’absence de distinction entre le politique et le religieux qui caractérise peu ou prou toutes les sociétés européennes. La volonté hégémonique de l’islam est également contraire à notre libre arbitre, et son statut de la femme contraire à nos droits de l’Homme. C’est donc à cause ses valeurs et sa logique que l’islam n’a pas pu contribuer à la construction du monde occidental, et ne le pourra jamais. Mais tout naturellement, libre à eux si des musulmans veulent adhérer à ces valeurs. A condition qu’ils n’y contraignent ni leurs proches, ni les Français. Hélas, l’actualité nous prouve que ce n’est pas le cas, depuis les filles brimées dans les cités jusqu’aux exigences d’« accommodements raisonnables » et ostentatoires.

Les musulmans sont intégrables… malgré l’islam

Tout cela ne veut aucunement dire que les personnes issues de l’immigration musulmane ne soit ni intégrables, ni assimilables en France, ni qu’elles apportent leurs propres compétences et qualités non islamiques. Nous en avons de nombreux contre-exemples, dans nos entreprises, nos écoles, nos associations, et même au conseil des ministres. Mais ces personnes qui ont pris l’ascenseur social ne l’ont jamais fait grâce à l’islam. Ils se sont intégrés, assimilés, « francisés » malgré l’islam, et bien souvent contre lui.
Quant à ceux qui se plaignent de racisme ou d’« islamophobie » à cause de discriminations, se rendent-ils compte qu’un entrepreneur, qu’un bailleur, qu’un maire ou qu’un commerçant n’a pas à « intégrer » l’islam chez lui, que l’islam ne lui apporte strictement rien, sinon des risques de se voir imposer des voiles islamiques, des aménagements d’horaire pour la prière et le ramadan, des cantines hallal, et de subir le prosélytisme au sein même de son affaire ? Tous les recours à la Halde ou au Mrap ne changent strictement rien à ces craintes, et tout au contraire les renforcent.
On compare souvent ces immigrés d’origine musulmane à leurs prédécesseurs, italiens, polonais, portugais, etc., avec le discours selon lequel la France a toujours été « métissée » et s’est enrichie d’apports étrangers. C’est oublier l’Histoire commune des peuples européens, où les mêmes valeurs intellectuelles et culturelles étaient peu ou prou partagées. La Renaissance nous vient d’Italie, avec ce mariage entre l’art et la science. Les Portugais se sont intégrés à la fois par l’école de la République et par le biais des paroisses. Frédéric Chopin était le fils d’un Français de Lorraine et d’une comtesse polonaise, et on parlait français tant à la cour de Varsovie qu’à l’université de Coimbra.
On constate d’ailleurs que les difficultés d’intégration de la religion musulmane ne sont pas propres à la France. On retrouve les mêmes problèmes dans d’autres pays occidentaux qui n’ont ni notre laïcité, ni notre politique d’assimilation. L’actualité nous prouve que les exigences d’« accommodements raisonnables », les voiles, les mosquées et le hallal contrarient également les autochtones aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Norvège, en Italie, au Québec ou en Australie.
Cela démontre que les problèmes liés à la présence d’une forte minorité musulmane ne sont pas spécifiques au cas franco-français, ce qui rend erronées toutes sortes d’explications fumeuses du genre « Indigènes de la République », « apartheid social » ou nécessité d’une « laïcité positive » :
– L’Allemagne ou le Canada n’ont jamais colonisé de pays musulmans et n’ont aucun contentieux « post-colonial ». A contrario, la France a colonisé l’Indochine, et on n’a vu aucun bouddhiste vietnamien prier dans une rue de Paris pour exiger le financement public d’un temple.
– Les immigrés italiens et espagnols ont vécu dans des bidonvilles et des conditions sociales bien pires que nos actuelles cités de banlieue. Ont-ils mis à feu à des écoles pour autant ? Les plus catholiques d’entre eux ont-ils contesté l’enseignement laïque ? Leurs enfants ont-ils eu besoin d’un Yazid Sabeg et d’une Fadela Amara pour réussir des carrières politiques ou professionnelles ?
– Qui a demandé un moratoire sur la loi de 1905 ? L’Union Bouddhiste de France ? L’Eglise catholique ? Le Consistoire de Paris ? La Fédération Protestante ? Non. Le CFCM, et uniquement lui. Qu’est-ce qui a provoqué la nécessité d’une loi sur la laïcité à l’école ? Les kippas, les petites croix ou les hijjabs ?
– Quand la Mairie de Paris réalise une brochure pour sensibiliser aux mariages forcés, elle met en garde les jeunes filles contre les vacances dans les pays d’origine et les mariages religieux sans mariage civil. Elle se garde de nommer les pays et les religions en cause. Mais quand elle donne une liste d’association partenaires, on n’en trouve aucune qui concerne des communautés issues de pays bouddhistes ou chrétiens. Uniquement de pays musulmans. Quand elle donne des témoignages de filles mariées contre leur gré, c’est uniquement des prénoms musulmans.
– Quand une école hôtelière autrichienne reçoit des plaintes parce les élèves doivent apprendre à préparer tous les plats traditionnels, y compris ceux comportant du porc et de l’alcool, au nom de quels interdits religieux est-elle accusée de « scandale politique et démocratique » (sic !) ? Uniquement ceux de l’islam. Et qui exige des repas spécifiques dans les écoles de la République française ?
Et nous pouvons multiplier les exemples partout en Europe et en Occident. L’islam n’y apporte que des revendications spécifiques alors que les autres religions ne demandent rien ou presque, et l’islam n’y a apporté strictement aucun « enrichissement » en échange.
Dans les prochains articles, nous verrons que nos gouvernants et élus, en France et en Europe, ont tenté de réaliser un mariage forcé de leurs populations avec l’islam, en dépit de toutes les évidences que nous avons évoquées. Cette tentative de viol de l’identité de leurs propres peuples a été appuyée par des campagnes médiatiques mensongères et la répression des récalcitrants. Mais l’agression a provoqué une saine réaction populaire, inverse de celle qui était souhaitée, tout en mettant encore plus en péril la paix civile. Pour éviter le pire, il est urgent d’en tirer les conclusions et d’envisager des solutions différentes et réalistes, avant qu’il ne soit trop tard.
(à suivre)
Roger Heurtebise

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