Mariée à 9 ans, comme au temps du prophète

Publié le 2 février 2009 - par

Comment expliquer qu’au XXI ème siècle au Yemen, et dans bien d’autres contrées on marie les filles contre leur gré, ou qu’on donne, pour de l’argent une petite fille de 9 ans à un homme de 30 ans ? Agit-on par admiration du Prophète qui, lui aussi, a reçu comme cadeau Aïcha petite fille de 6 ans qu’il a « épousé » vraiment quand elle en avait 9 ?
Agit-on parce qu’on n’aime pas sa fille, parce qu’elle ne compte pas ?
Agit-on parce qu’on a 16 enfants et que c’est difficile ? La misère empêche-t-elle les couples de réfléchir ? Pourquoi faire 16 enfants ? Est-ce une obligation pour être un bon musulman ?
Ce commerce des petites filles a quelque chose de malsain. On parle de mariage alors qu’on devrait employer les mots viol, pédophilie, commerce.

La mise au grand jour de l’histoire de cette petite Nojoud Ali, fillette Yéménite mariée de force à un homme violent, de 20 ans son aîné, qui à 10 ans vient d’obtenir le divorce, pose questionnement. Il existe une charte du droit des enfants. Qui veille vraiment à son application, qui s’insurge qui se révolte quand ces droits sont partout bafoués et surtout qui se soucie vraiment du sort de ces petites filles ? Qui agit auprès des Etats qui cautionnent ces comportements patriarcaux ? Quelques associations féministes essaient de lutter. Remercions les « ni Putes ni Soumises » d’avoir accompagné Nojoud lors de son séjour à Paris, et ainsi permis de nous faire connaître cette réalité. C’est sans doute par son engagement de petite fille révoltée, par sa détermination, sa force que les choses bougeront. Faisons nôtre son combat. Sans la solidarité et la révolte des femmes rien ne changera vraiment.

Chantal Crabère

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