Mort de Matthieu Guillon : Sos Racisme et le Mrap se discréditent un peu plus…

Publié le 20 septembre 2010 - par - 887 vues

Matthieu Guillon, 27 ans, est mort…
Mort pour rien, mort seulement pour avoir croisé la route de Redha Amri (qui n’est d’ailleurs pas inconnu des services de police puisqu’il a déjà été condamné à huit reprises dont, en 2009, à un mois de prison ferme, pour avoir jeté des pierres sur des policiers, à Romans).

Imaginons une minute que les faits soient inversés, imaginons que ce soit Redha Amri et ses amis qui aient été sauvagement agressés par Matthieu Guillon, un « souchien »…
Aussitôt Sos-Racisme et le Mrap auraient crié à la xénophobie et auraient dénoncé le racisme des « franco-français ». La classe politique aurait, de son côté, fait part de son indignation et de sa préoccupation devant la progression de l’islamophobie… Tout ce beau monde se serait exprimé, qui sur les radios, qui sur les chaînes télévisées, qui dans les journaux… Chacun y serait allé de sa phrase
assassine, pour dénoncer un acte « nauséabond », puant l’extrémisme…
Et ces réactions auraient été normales !
On parlerait aussi beaucoup de la seconde victime de l’agression, blessée à la gorge à coups de fourchette, et fortement choquée.

Mais ce n’est pas Redha Amri, la victime : c’est Matthieu Guillon…
Silence total de SOS-Racisme et du Mrap ! Et cette absence de réaction, elle, n’est pas normale ! Elle démontre encore une fois le déni de réalité que pratiquent ces deux officines, dont la cause -noble à l’origine s’il en est- s’en trouve définitivement entachée.

Nier qu’il puisse exister un racisme anti-blanc au point d’ignorer tous les faits divers qui en sont la preuve, ne traiter que les affaires de racisme anti-arabe et anti-africain, c’est faire une discrimination qui rend suspecte la déontologie des responsables de ces associations, et qui discrédite totalement ces dernières, à mes yeux comme à celui de nombre de « souchiens ». Et c’est bien dommage ! Car l’ennemi à combattre tous ensemble, c’est le Racisme en soi, quel qu’il soit, quelle que soit la couleur de peau de qui en est coupable et de qui en est victime !

Que la mort de Matthieu Guillon ne serve pas à la cause de l’anti-racisme, que la mort de Matthieu Guillon ne serve donc à rien, c’est le faire mourir une seconde fois, messieurs Sopo et Aounit !
Au moins vos associations devraient-elles prendre une dénomination ou un sigle en rapport avec leur spécialité, puisque spécialité il y a : SOS-Racisme4A, par exemple, ou encore SOS-RAAAA ; quant au Mrap, il pourrait s’octroyer deux a supplémentaires (« Mouvement contre le racisme envers arabes et africains ») !

On sait qu’une marche de soutien avait été organisée par les amis de Matthieu Guillon, au moment où il restait encore un infime espoir, et que cette marche de soutien s’est, hélas, transformée en marche du souvenir. Et il faut rendre hommage à la famille de la victime, à sa mère surtout, qui, plongée dans la douleur, trouve encore la force d’exiger « que la marche se fasse sans aucune incitation à la violence, ni banderole », avec seulement la photo de son fils. Cela inspire l’admiration et le respect : que de dignité et de grandeur dans ce refus d’instrumentaliser la mort de Matthieu pour stigmatiser l’agresseur, dans ce refus d’associer la tristesse à la révolte et à la haine !

Qu’en pense SOS-Racisme ? Qu’en pense le Mrap ?

Chantal Macaire

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