Muflerie, galanteries et autres facéties

Publié le 19 juillet 2010 - par
Share

Dans mon quartier, où les voiles sont de plus en plus visibles, le contraste est saisissant, en ce début d´été, entre ces femmes et ces filles drapées qui ne laissent rien paraître de leur peau et nos concitoyennes libres de leurs corps qui offrent leurs chevelures et leurs épaules, leurs cous et leurs jambes à la caresse du soleil. Le comble, ce couple croisé ce jour, elle voilée de noir des pieds à la tête et lui (mari, frère, fils ? en tout cas gardien de la vertu) en débardeur et bermuda. Quel mufle !

Aussi, mesdames, mesdemoiselles, lorsque je vous croise dévoilant vos atouts, je ne peux m´empêcher de vous voir comme des résistantes à ce nouvel ordre moral. Bravo & Merci ! Un conseil à la gent masculine, remettez à l´honneur cette qualité bien française qu´est la galanterie, manifestez ostensiblement votre tendresse et votre amour à vos épouses, mères, filles par des gestes tendres, des attitudes complices et ce tout particulièrement face à ces bigotes et ces bigots.

Il y a mille façons de résister (parfois de manière facétieuse) comme souvent me le rappelle ma chère mère, nonagénaire, qui a connu l´occupation de la Bretagne par les soldats allemands. Durant cette période sombre et sinistre, elle et ses amies ne manquaient pas une occasion de manifester leur patriotisme. Ainsi, par groupe de trois, elles se promenaient devant la Komandantur, en arborant l´une un chemisier bleu, l´autre un châle blanc et la troisième une veste rouge. Elles portaient fièrement les couleurs nationales et entonnaient des chants Bretons. Elles en modifiaient les paroles et brocardaient les occupants d’alors. Les Allemands enrageaient de ces petites provocations quotidiennes qui au fil du temps se transformèrent en manifestations plus véhémentes.

Je garde également en mémoire le commentaire d´une jeune femme sur le fil d´un forum. Se trouvant en vacances dans le Sud, l´été dernier, et faisant son jogging en short et en brassière sur le sentier des douaniers, elle aperçoit au loin un groupe de jeunes filles dûment voilées. Arrivée à leur hauteur, n´expliquant son geste que par une envie irrépressible de gentiment les provoquer, elle soulève sa brassière et poitrine au vent les croise dans un grand éclat de rire.

Moi aussi, j´en ris encore.

Bel été à toutes et tous.

Philippe BESCOND GARREC

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.