No pasaran, les Indigènes qui insultent Ayaan Hirsi Ali et Riposte Laïque

Publié le 13 février 2008 - par
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Voilà que les Indigènes de la République viennent de franchir un pas de plus dans ce dévoilement de leur rejet de la démocratie et leur volonté profonde d’épouser la théorie du choc des civilisations, mise en pratique à travers une guerre contre tous ceux qui osent critiquer l’islam.
Ayaan Hirsi Ali menacée de mort !

Une Lettre des Indigènes de la République est parue sur le site du même nom, le samedi 9 février dernier, sous le titre « Ayaan Hirsi Ali, sauvons-nous ! ». Elle faisait référence à sa venue en France et au soutien qu’elle y reçoit, alors qu’elle est menacée de mort par les islamistes pour l’exercice de sa libre critique de l’islam, qui a pris un tour tragique depuis le 2 novembre 2004, date de l’assassinat par un radical islamiste du cinéaste Theo Van Gogh, coauteur avec elle du film “Soumission”, dénonçant celle imposée par la religion à la femme musulmane.

Il se développe dans cette lettre une prose d’une violente inouïe à son égard qui, en dehors des insultes qui s’y étale du type « la Bougnoulosophe », centre son sujet sur les traîtres, sous-entendu à sa religion d’origine, se terminant ainsi : « Il lui suffisait de lire ses classiques pourtant, pour savoir que le traître, qu’il soit sublime ou sordide, et c’est ce qui fait son charme, finit toujours mal, en général…. » Rien de moins qu’une incitation à sa suppression physique relayant la menace de mort qui a été lancée contre elle et justifie sa protection. L’extrême-droite communautariste et pro-islamique n’a aucune retenue, elle ne se contente pas d’insulter Ayaan Hirsi Ali, de vomir sur les libertés, elle prône la suppression physique des opposants qui osent critiquer le dogme religieux élevé au rang de totalitarisme et son idéologie fascisante, débouchant ici sur l’encouragement au terrorisme. N’y a-t-il pas là trouble à l’ordre public et mise en danger d’autrui pour « délit d’idée », qui devrait faire réagir jusqu’aux plus hautes-instances de la République, face à cet appel au meurtre à peine voilé ? La haine de l’autre poussée jusqu’au point de vouloir sa mort simplement parce qu’il ne pense pas pareil, ne porte pas un autre nom que celui de fascisme.

Riposte Laïque insulté sur le site des Indigènes de la République

Peu après les dernières émeutes de banlieue, alors que Riposte Laïque venait de publier un de mes articles sur ces événements, nous avions reçu d’un membre du réseau des Indigènes de la République un texte ordurier intitulé « Un article immonde dans le n° 16 de Riposte Laïque. » (Jean Baumgarten, se présentant comme homme de gauche et ancien dirigeant du PSU) s’attaquant jusqu’à mon nom ramené à chaque citation à l’appellation d’« éleveur de chèvres », une méthode visant à dégrader, en dehors de toute analyse du contenu, l’interlocuteur, que se réserve en général l’extrême-droite.

Si la prose médiocre de cet illustre inconnu ne le fera pas connaître, sa haine de la laïcité lui a ouvert en grand les portes du site des Indigènes de la République qui a publié son texte contre notre journal en date du 3 décembre dernier. Sur le fond, celui-ci ne supportait pas ma critique de ceux qui voyaient dans ces jeunes une nouvelle avant-garde révolutionnaire totalement illusoire et en justifiaient les violences, y compris les coups de fusil sur les forces de police, résumant la jeunesse des cités aux quelques centaines d’incendiaires en cause s’attaquant aux voitures de leurs voisins, qui partagent pourtant les mêmes difficultés, ou aux écoles et aux bibliothèques, que fréquentent leurs frères et sœur, sans compter les services rendus à une extrême-droite Lepéniste qui trouvait là de quoi alimenter son fond de commerce… Après nous avoir accusé de n’être que des « misérables Sarkozystes », il demandait en fin d’article à ce que Riposte Laïque « vire », le « malotrus » que je serais, dans une volonté de nous faire taire.

Rejeter les violences des jeunes à la faveur d’une France qui est aussi la leur

Mais dans cette diatribe de peu de poids, il faut sans doute retenir une chose, c’est la justification de la violence des jeunes dans des termes qui poussent au crime, je cite l’auteur : « les jeunes de Villiers-le-Bel étaient chez eux et ont pu en quelques minutes s’équiper d’objets lourds, et même – oh les scélérats – d’une arme de chasse! et les flics envoyés contre eux immédiatement ne faisaient pas le poids! » Il se réjouit littéralement de la violence de ces jeunes jusqu’à l’usage par eux d’une arme de chasse. Des propos irresponsables et lâches, car demain, ce ne sera pas ce beau parleur, se donnant ici bonne conscience comme ceux de son genre derrière ce victimage en se payant de mots, qui se retrouvera devant des juges pour de tels faits, mais ces jeunes qu’il dit défendre et qu’il envoie si facilement au « casse-pipe ».

Il vaudrait mieux, au lieu d’assurer leur avenir d’une vie gâchée, de les encourager dans la marginalisation, dans l’auto-exclusion qui va avec la constitution de zones de non-droit, de les responsabiliser, de les encourager à sortir de la mise à part et du rejet qui les éloigne de l’appropriation de notre République laïque et sociale afin de vraiment la faire vivre, une revendication qui est pourtant le seul combat que tous, jeunes moins jeunes, citoyens du cru ou immigrés, nous pouvons mener ensemble. C’est aussi la meilleure des voies pour combattre le racisme et les discriminations au lieu d’appeler ces jeunes à faire bande à part contre une France qui est aussi la leur.

D’ Ayaan Hirsi Ali à Riposte laïque, le combat contre l’islamo-facisme continue

Internet permet bien des choses, mais je suis sûr de ce point de vue, qu’en ma présence directe, ce Monsieur aurait certainement été moins loquace à se laisser ainsi aller à cette démesure où la mauvaise foi et l’irresponsabilité concourent, mais où surtout le totalitarisme l’emporte, là où il laisse filtrer le désir d’étouffer la liberté d’expression, comme les communautaristes qu’il soutient qui nient la République dans ses valeurs de Liberté, d’égalité et de fraternité, et à qui, comme à lui, la laïcité donne des allergies.

Nous pouvons en tout cas lui assurer comme aux Indigènes de la République que nous continueront à soutenir Ayaan Hirsi Ali et son droit d’exprimer ce qu’elle défend : « l’islam doit admettre son côté totalitaire, mais cela ne sera possible que si les musulmans critiquent la façon dont la liberté est entravée par leur religion » (journal de 20h, France 2, le 10.02.08). Née en Somalie en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, Ayaan Hirsi Ali connaît bien de quoi elle parle, et c’est cela qui est insupportable pour ceux qui veulent maintenir les femmes musulmanes dans un état de sous-développement par la soumission religieuse .

Oui, nous continuerons par-delà les insultes et les menaces de défendre et de promouvoir la laïcité au fil de nos articles, contre Sarkozy et ses remises en cause, en continuant aussi de critiquer les jeunes qui choisissent le repli communautaire ou celui de la délinquance et/ou la violence gratuite tournée contre les quartiers où ils vivent. La laïcité, c’est le bien commun, l’intérêt général porté au-dessus des différences, sans les mépriser, bien au contraire. La laïcité entendue ainsi est la seule façon de faire que les différences puissent vivent ensemble sans le risque que l’une d’entre elles prennent le pouvoir sur les autres. La laïcité est le vrai combat pour l’égalité, elle est la voie à une démocratie sociale digne de ce nom, c’est pour cela qu’elle est le bien du peuple avant tout et que nous ne la laisserons pas lui être confisquée. No pasaran !

Guylain Chevrier

Historien.

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