Non, tout ne se vaut pas

Publié le 27 avril 2009 - par - 274 vues
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J’ai lu, ces jours passés, quelques dépêches de presse que je voudrais porter à la connaissance des lecteurs de notre lettre hebdomadaire, tout en sachant qu’ils pourraient y ajouter, de leur propre chef, un nombre bien plus important d’informations sur le même thème et allant dans le même sens :

http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/18/01003-20090418ARTFIG00239-nedim-grsel-dans-les-mailles-de-la-justice-turque-.php

http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/02/01003-20090402ARTFIG00646-lecaire-capitale-du-business-des-fatwas-virtuelles-.php

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/04/13/01011-20090413FILWWW00309-assassinee-pour-le-port-d-une-mini-jupe.php

sans omettre celle-ci, importante, « Hamid Karzai vient de signer une loi carrément « punitive » pour les femmes de la communauté chiite en Afghanistan » contre laquelle manifestèrent des femmes afghanes (dont il faut saluer le courage) caillassées par une foule d’hommes qui s’opposèrent à leur action émancipatrice ! (1)

Ce qui est remarquable dans cette accumulation de faits rapportés, c’est qu’ils mettent tous en évidence l’obscurantisme de la pensée, la privation de liberté, la chosification de la femme, la soumission à un ordre pré-établi « par la divinité », sur lesquels se constituent la culture islamique et la religion musulmane dont on peut voir, concrètement ici, combien elle est « d’amour et de paix »…

Ce qui est étonnant, dans notre pays qui a su construire des valeurs individuelles et collectives de liberté, de dignité, d’égalité, c’est qu’aucun représentant officiel de « la culture musulmane » et de la religion afférente ne se soit élevé contre ces réalités, choisies à dessein en des pays étrangers. Peut-être rêvent-ils de les voir s’importer là où ces représentants espèrent imposer leur loi face à la loi générale ?

Ce qui est curieux (antinomie…), c’est qu’on n’a que peu entendu, à propos de tout cela, les adeptes du multiculturalisme comme les représentants de la « gôôôche » traditionnelle, les altermondialistes patentés comme les nostalgiques en chambre de la « révolution », les agitateurs du « politiquement et socialement correct » comme les responsables des associations qui considèrent les « droits de l’homme » comme leur fonds de commerce exclusif.

Mais il ne faut pas en être surpris car nous savons qu’ils n’ont à la bouche que ce postulat ridicule dont ils se gargarisent pour pousser leurs pions communautaristes et faire avancer leurs visées « culturelles métissées » : en matière de « culture, tout se vaut ».

Eh bien, non : en matière de culture , tout ne se vaut pas…Et si toute culture est « respectable »en elle-même parce que produit de l’humain dans des conditions géographiques, historiques, économiques, linguistiques, idéologiques….données, tout n’est pas respectable dans une culture comme le dit si bien H. Péna-Ruiz. Par parenthèse, il serait intéressant que ce penseur reconnu s’applique à valider sa formule en dénonçant fermement ce qui, dans l’islam, n’est pas respectable et qui autorise ce que les dépêches ci-dessus citées explicitent …et en recensant ce qui se passe dans les 57 pays de la planète où sévit cette religion rétrograde (pléonasme….) et qui relève de l’aliénation des individus et de l’enfermement de la société.

Eh bien, non, tout ne se vaut pas : entre une « culture » qui affirme la liberté de conscience (et toutes ses conséquences) comme constitutive de la liberté de l’individu et une « culture » qui soumet la pensée et la parole de chacun à une « vérité révélée » inaltérable, éternelle, indiscutable et qui lui interdit toute forme de « pensée » et de « croyance » en dehors de ce cadre étroit, et ce, pour toute son existence, y a -t-il égalité ?

Entre une culture qui considère que chaque individu, homme et femme confondus, est à égalité de droits et de devoirs face à l’autre et face à l’ensemble de la société, et une « culture » qui considère la femme comme inférieure à l’homme, qui l’habille de costumes stigmatisants et chosifiants , qui l’enferme dans des lois spécifiques et un statut d’infériorité, y a-t-il égalité ?

Entre une culture qui laisse à l’individu, homme et femme confondus, le libre arbitre de sa sexualité, la maîtrise de son corps, à condition de respecter la liberté de l’autre, et une « culture » qui refuse à la femme cette liberté et cette maîtrise en la confinant dans son rôle de procréatrice, qui refuse les différentes formes que revêt l’exercice de la sexualité, qui mutile les corps comme les esprits, y a-t-il égalité ?

Entre une « culture » qui donne à chacun une même place en droits et en devoirs dans la société, qui considère chacun comme un citoyen à part entière susceptible de participer à l’élaboration de la loi générale, à chaque moment remise en cause, et une « culture » qui impose une loi écrite il y a plusieurs siècles, immuable et fermée, transcription d’une parole « divine » étonnamment murmurée à l’oreille d’un chamelier (comment peut-on, au XXIème siècle, croire en une telle fable ?) et qui fait de chacun le membre d’un groupe fermé sur lui-même et hostile aux autres, y a-t-il égalité ?

Entre une culture qui laisse à l’individu son libre arbitre dans la conduite de son existence tout en le maintenant dans les limites de la loi que ce même individu est appelé à élaborer et en l’amenant à considérer l’autre à égalité avec lui, et une culture qui organise la vie individuelle et collective de chacun à partir de textes prétendument porteurs de la parole d’une divinité qui n’existe que pour ceux qui croient en elle et qui prétend régenter l’espace public à la lumière de ses seules croyances et de supposées valeurs considérées comme « achevées », y a-t-il égalité ?

Non, toutes les « cultures » ne se valent pas…. l’organisation de l’espace public et sociétal, la conception de l’individu, l’ouverture de la pensée de chacun à la raison et à la connaissance, créées par le processus historique qui a su assimiler l’héritage méditerranéen ( à travers Sumer, Jérusalem, Athènes et Rome notamment….) et l’héritage des civilisations du Nord pour mieux les dépasser dans une modernité qui doit à la Renaissance comme aux Lumières, toutes ces « valeurs » qui caractérisent notre société sont des marques de grande supériorité par rapport à l’étroitesse et à l’obscurantisme qui caractérisent tous ces pays où s’exprime une culture d’essence religieuse, niant l’individu en tant que tel et les droits inaliénables qui lui sont attachés, qui veut s’imposer partout sur la planète, fidèle en cela à son essence et à sa pratique historique.

Alors il est criminel de vouloir, ici et maintenant, imposer, par la violence ou par la ruse des « petits pas feutrés », une « culture » dont la réalité ferait plonger notre pays et notre espace sociétal dans les brumes épaisses des siècles antérieurs. Et s’il y a un métissage « culturel » à imaginer, c’est bien celui qui ferait sortir cette culture obsolescente de son étroitesse et de sa sclérose en la confrontant, pour la déliter peu à peu, avec les éléments novateurs et supérieurs des valeurs, lois et mœurs qui fondent notre espace de civilisation…

Cela créera-t-il un choc ?
Et après ?

Ne serait-ce pas un plus grand choc si la femme occidentale était appelée à « se voiler », si chacun était obligé de se prosterner 5 fois par jour, si d’ignares individus justifiés par leur ânonnement mélodieux de la « parole sacrée » étaient en charge de nous guider, « âmes et corps confondus » et de diriger l’espace qui nous rassemble ? Ne serait-ce pas un plus grand choc si l’espace laïque et démocratique qui organise notre Nation Républicaine devait être contaminé par un communautarisme religieux et une loi fabriquée en dehors de lui et s’imposant à lui ?

Empédoclatès
« du bon usage de la raison »

(1) karzai-fait-reculer-le-droit-des-femmes-afghanes.html

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