Nouvelle rupture pour Sarkozy, celle du jeûne du ramadan

Publié le 5 octobre 2007 - par
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Après François Fillon, son Grand vizir, c’est le père de la patrie qui s’est rendu à la Mosquée de Paris ce 1er octobre pour la rupture du jeûne du Ramadan. Les saintes huiles de la Mosquée de Paris étaient au garde-à-vous : deux bises à Dalil Boubakeur, le maître des lieux, un baisemain à une courtisane, un salut de la main à des applaudissements clairsemés et voilà le messie dans le temple musulman dont la grande porte est promptement refermée.

Nicolas Sarkozy connaissait déjà le chemin. Lors de l’édition 2006 de la grande bouffe des amis de Mahomet, sa venue avait pareillement eu lieu à l’heure de la rupture du jeûne. Et en octobre 2003, une visite d’amitié à la Mosquée de Paris avait espéré oeuvrer à la constitution pourtant douloureuse du Conseil Français du Culte Musulman, dont l’avenir a montré l’incapacité chronique. Bref, des apéros de routine pour celui qui considère que les religions constituent un apport spécifique, et irremplaçable, à une coexistence harmonieuse entre les personnes. Au lieu de réaffirmer le besoin d’une séparation stricte entre la politique et les religions, Sarkozy prêche pour plus de superstition dans la vie publique.

Le déluge d’amabilités envers l’islam est l’étendard qui cache l’armée : en réduisant l’islam à quelques dattes, des pâtisseries sucrées et un thé à la menthe, on occulte son histoire, violente, son actualité, violente, et ses fondations, violentes. Au contraire, pour l’ami des prêtres, des imams et des rabbins, il faut plus de gourous dans les villes et les quartiers pour acheter la paix sociale. Une visite de synagogue, une mosquée à inaugurer, un cardinal pourfendeur de la laïcité qui enterre sa vie de vieux garçon : Sarkozy toujours présent, kippa sur la tête, déchaussé ou en cadence avec la croix.

Soucieux de complaire aux monothéismes, l’ami de l’Union des Organisations Islamiques de France pense-t-il aussi aux polythéismes ? Chaque année, en septembre, dans le quartier de La Chapelle à Paris, les hindous fêtent Ganesha. Dans un défilé coloré agité par le fracas de dizaines de noix de coco sur la chaussée, le spectacle de Nicolas Sarkozy présentant une offrande au dieu éléphant pourrait mettre des couleurs dans son sombre pontificat et renouveler sa détestation de la laïcité.

Jocelyn Bézecourt

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