Obama soutient la mosquée de ground zéro : naïveté, incohérence ou complicité ?

Publié le 23 août 2010 - par
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Faisons une expérience de pensée.
Imaginons un instant que, au Japon, la religion Aum Shinrikyo (1) au nom de laquelle furent perpétrés, le 20 mars 1995, les attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo (2), décide de construire des temples à proximité immédiate des bouches de métro dont furent extraites les malheureuses victimes de ce crime odieux. Imaginons que, à l’extérieur ces temples, cette religion décide d’y faire figurer la statue du prophète de cette religion, l’infâme Shoko Asahara (3). Imaginons que, malgré les protestations quasi-unanimes du peuple japonais, le gouvernement autorise ces constructions, invoquant la liberté religieuse comme valeur suprême du Japon.

Imaginons un autre scénario : un parti néo-nazi allemand décide de bâtir, juste à côté du camp de concentration d’Auschwitz, un mémorial géant en hommage à Adolphe Hitler et au nazisme, idéologie responsable des exterminations de masse ayant eu lieu dans ce camp. Imaginons que, malgré un tollé général du peuple allemand, ce projet de mémorial reçoive un soutien inattendu de la part du gouvernement israélien et du congrès juif mondial, au nom du caractère sacré de la liberté d’expression des opinions.
Absurde , n’est-ce pas ? Même l’imagination délirante d’un scénariste de science fiction ayant abusé des boissons fermentées, voire de substances illicites, ne parviendrait pas à rendre crédible des scénarios aussi fantaisistes, voire saugrenus : trop absurdes, trop peu crédibles ! Ceci ne saurait en aucun cas exister dans le monde réel, et pourtant …

Et pourtant, c’est le même genre de scénario qui est en train de se dérouler en ce moment, sous nos yeux ébahis, aux Etats Unis d’Amérique. Examinons les faits :
Un petit immeuble, ancienne usine de vêtements, situé à 200 mètres de Ground Zero, bâtiment dont le toit s’était effondré sous l’impact du train d’atterrissage décroché d’un des avions ayant percuté ce jour-là le World Trade Center, a été vendu l’an dernier, et devrait être converti en une mosquée et en un « centre culturel » musulman (4) (5) , le tout pompeusement appelé « Cordoba House » (la maison de Cordoue), édifice qui sera construit sur 15 étages et pourra accueillir 1000 à 2000 musulmans.

Si les fonds sont réunis, le projet, d’un coût de 100 millions de dollars, serait inauguré le 11 septembre 2010, 9 ans jour pour jour après les attentats !
C’est l’association américaine pour la promotion de l’islam, dirigée par un certain Feisal Abdul Rauf, qui est à l’origine de cet extravagant projet.
Cet imam, qui est censé être un imam modéré engagé en faveur du dialogue des religions, déclare que ce projet à cet endroit situé à proximité immédiate du lieu ou furent exterminées 2752 personnes au nom de la religion musulmane, envoie « un message opposé à ce qui s’est passé le 11 septembre ». « Nous voulons refouler les extrémistes » a t-il déclaré à la presse ..

Ce projet a été approuvé à l’unanimité par le conseil communautaire du sud de Manhattan (6), et est également soutenu par le maire républicain de New York, Michaël Bloomberg.
Bien évidemment, ce projet ne plaît pas du tout aux familles des victimes des attentats du 11 septembre, qui considèrent à juste titre l’édification de cette mosquée comme une insulte à la mémoire des victimes et comme une provocation, ni à l’immense majorité des américains, selon des sondages, l’un d’entre eux ( CNN ) montre 68 % d’opposants, et l’autre, celui de  » Time  » en trouve 61 % (7).

Malgré la révolte des américains contre ce projet mal venu, le Président Obama, au lieu de prendre la défense de son peuple bafoué et de la mémoire des victimes, a pris la défense vigoureuse de cette initiative, en déclarant la chose suivante, dans un dîner d’apparat devant un parterre de personnalités islamiques, à l’occasion de  » l’iftar  » ( rupture du jeune du ramadan ) :
« En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont le même droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela comprend le droit de construire un lieu de culte et un centre communautaire dans une propriété privée dans le sud de Manhattan » a t-il déclaré. Puis, il a fait une allusion au premier amendement, qui garantit une liberté totale de culte aux USA, en déclarant : « Nous sommes aux Etats-Unis, et notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inaltérable. Le principe, selon lequel les gens de toutes les croyances sont les bienvenues dans ce pays et ne seront pas traités différemment par leur gouvernement, est essentiel à ce que nous sommes » (8)

Devant le tollé général suscité aux USA par ses propos, Obama a tenté de rectifier le tir quelques jours plus tard en déclarant , à des journalistes : « Je ne m’exprimais pas, et je ne m’exprimerai pas, sur le bien-fondé de prendre la décision d’installer une mosquée là-bas sur ce site, » . « Je m’exprimais très spécifiquement sur le droit que les gens ont, et qui date de la fondation ». « C’est ce que notre pays signifie », a t-il ajouté (14) .

Malgré cette vague reculade, ces déclarations d’Obama s’apparentent quasiment à un suicide politique quelques semaines avant les « mid term elections » ( élections de mi-mandat ).

Il convient donc d’analyser cette affaire dans le détail.

1°) Qui est ce Feisal Abdul Rauf, imam prétendument modéré, à l’origine de ce projet ?

– un homme qui ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste,

– un homme qui déclare ne pas vraiment savoir ce qu’est le terrorisme : « il y a eu dans les années 90 une tentative de définir ce qu’est le terrorisme et qui est terroriste. Il n’ y a pas pu y avoir d’accord a ce sujet » a t-il ainsi déclaré (9)

– un homme à l’origine de la « Cordoba initiative » (initiative de Cordoue) et du « shariah index project », qui se propose de créer un indice d’islamicité de l’ensemble des pays du monde en fonction des « progrès » de l’application de la chariah, le but de cette index de la chariah étant d’obtenir « un état parfaitement islamique ». (12) On imagine que des pays dans lesquels, comme chacun sait, fleurissent les droits de l’homme, tels que l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Afghanistan, le Yemen et la Somalie, seraient pratiquement au sommet de cet index de la chariah et de l’islamisation !

– Un homme qui est tellement dépourvu d’empathie qu’il est incapable d’imaginer que son projet allait remettre à vif la douleur de l’entourage des victimes des 19 terroristes musulmans ayant perpétré, au nom de l’islam, ces attentats.
Comme modéré, on devrait pouvoir faire mieux …

2°) Qui soutient ce projet de mosquée, mis a part Obama et accessoirement Bloomberg ?

– Le Hamas, justement, organisation terroriste qui déclare par un de ses cofondateurs Mahmoud Al Zahar que « les musulmans doivent construire la mosquée à cet endroit  » (10) (soutien qu’ a refusé de commenter Feisal Abdul Rauf , et dont il ne s’est pas désolidarisé).

– plusieurs organisations américaines proches de l »organisation islamofasciste des frères musulmans. (11)

3°) Pourquoi ce soutien d’Obama à ce projet ?

Plusieurs explications à ce comportement politique absurde :

– Barrack HUSSEIN Obama, bien que chrétien, a eu un père musulman, son analyse concernant l’islam est donc essentiellement biaisée par cette histoire familiale, ce qui se traduit par des tentatives d’accommodements déraisonnables avec l’islam, symbolisées par son scandaleux discours prononcé à  » l’université  » Al Azhar du Caire, haut lieu de l’obscurantisme islamique.

– Il s’agit d’un conflit de valeur inhérent à tous les pays démocratiques, mais plus particulièrement aux Etats-Unis. En effet, il y a un conflit manifeste entre la liberté religieuse pratiquement illimitée prévue par le premier amendement de la constitution américaine et d’autres valeurs tout aussi importantes, que sont le respect du aux morts, et en particulier aux victimes de massacres terroristes, et le droit qu’ont les citoyens de vivre en sécurité.

Une liberté religieuse absolue voudrait, en théorie, que des gens qui souhaiteraient devenir des adeptes des religions précolombiennes soient en droit d’édifier des pyramides et d’y faire, au sommet de celles-ci, des sacrifices humains au moyen de couteaux d’obsidienne ! Inutile de dire que le premier amendement n’a pas été conçu pour autoriser ces dérives religieuses, pas plus qu’il n’autorise le terrorisme au nom d’une religion.

En France, la déclaration des droits de l’homme de 1789 relativise, dans son article X, la liberté religieuse :
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » autrement dit , en cas de conflit entre une religion et la loi de la République, c’est cette dernière qui prévaut.
Obama sacrifie donc le bon sens et la volonté populaire à d’anciennes questions de principes mal interprétées émanant des  » pères fondateurs  » des USA, à une époque au cours de laquelle le concept d’attentats terroristes religieux n’existait pas.

– Depuis les attentats du 11 septembre, la riposte militaire des USA est qualifiée, par les autorités américaines successives, de  » guerre contre le terrorisme ». Or, ce terrorisme n’est pas une sorte d’ectoplasme désincarné, c’est, comme la guerre, un moyen de poursuivre des buts politiques et idéologiques. Le terrorisme dont il est question, responsable des attentats du 11 septembre, est un terrorisme musulman, commis par 19 musulmans, soit 100 % des terroristes participant à l’opération, au nom d’une idéologie qui s’appelle l’islam. Il ne s’agit en aucun cas d’un terrorisme bouddhiste, vaudou, caodaïste ou animiste ! Les attentats du 11 septembre sont directement inspirés par le texte coranique (13) et les nombreux versets appelant à massacrer les infidèles, exactement de la même façon que la shoah découle directement de l’application du texte de « mein kampf ».

Le fait que bien des musulmans désapprouvent le terrorisme ne change rien au fait que c’est la religion musulmane en tant qu’idéologie qui en est son unique source d’inspiration.
Pour Obama, se prononcer contre la mosquée de ground zéro serait admettre publiquement que cette doctrine américaine de la guerre contre le terrorisme repose sur une fiction intellectuelle, et qu’il s’agit en réalité d’une guerre contre l’islam en tant qu’idéologie. Ce serait admettre que la distinction entre islam et islamisme est une vue de l’esprit et une multiplication inutile des catégories, aussi absurde que si l’on tentait de distinguer, par exemple, les chrétiens d’éventuels « christianistes », les bouddhistes d’ hypothétiques « bouddhicistes » , le communisme du « communicisme », voire même le nazisme du « nazicisme ».

Une condition première pour gagner une guerre, c’est de bien déterminer quel est l’ennemi qui est combattu. Or nous avons une situation asymétrique : une grande partie des musulmans du monde entier sont persuadés que les USA, en Afghanistan et en Irak, sont en guerre contre l’islam, alors que les américains, et Obama en premier, prétendent croire, ou croient réellement, qu’ils sont en guerre contre  » le terrorisme « .

Or, s’il avait été possible, mais très difficile militairement, de combattre, pendant la deuxième guerre mondiale, une idéologie, le nazisme, qui n’était partagée que par les 17 millions d’allemands ayant voté pour Hitler, on comprendra aisément qu’il est impossible de vaincre militairement une idéologie que partagent ou font semblant de partager un cinquième de l’humanité, de même qu’il aurait été impossible de vaincre militairement le communisme pendant la guerre froide. D’où l’intérêt de prétendre simplement combattre le terrorisme, censé ne concerner que quelques milliers d’individus !

Le combat contre l’islam ne peut donc être qu’idéologique et non militaire, comme le fut le combat contre le communisme : celui-ci tomba dans les poubelles de l’histoire quand plus personne n’y a adhéré de l’autre côté du rideau de fer. De même que si la  » république  » islamique d’Iran était remplacée par une République laïque, les mosquées de ce pays se videraient du jour au lendemain de l’immense majorité de leurs « fidèles », en tous les cas parmi la jeunesse !

Pour Obama, se prononcer contre la mosquée de ground zéro serait admettre implicitement la réalité de ce que le peuple américain a bien compris, au vu des sondages : que les attentats du 11 septembre ont été une immense victoire de l’idéologie musulmane dans la bataille séculaire qui oppose cette idéologie au reste du monde (dar al harb) depuis l’époque de Mahomet. C’est même la première victoire significative de l’islam depuis la défaite historique qu’il a subi lors de la bataille navale de Lépante. Ce serait reconnaître que ce projet de mosquée à Ground Zéro n’est pas un simple projet de lieu de culte, mais celui d’un arc de triomphe symbolisant cette victoire de l’islam sur les lieux mêmes ou celle-ci a eu lieu.

En soutenant implicitement ce projet de mosquée, Obama fait preuve au mieux de naïveté, au pire d’incohérence, voire de complicité. Dans tous les cas, il affaiblit dangereusement les Etats-Unis d’Amérique et également le reste du monde libre, c’est à dire du monde non-musulman.

Docdory

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Aum_Shinrikyō

(2) http://en.wikipedia.org/wiki/Sarin_gas_attack_on_the_Tokyo_subway

(3) http://en.wikipedia.org/wiki/Shoko_Asahara

(4) http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2426415&rubId=4079

(5) un-projet-de-mosquee-a-ground-zero-divise-l-amerique.php

(6) Etats-Unis-polemiques-autour-de-la-mosquee-de-Ground-Zero_a11506.html

(7) une-mosquee-proche-de-ground-zero-divise-les-americains-478606-14-16.html

(8) une-mosquee-a-ground-zero-yes-we-can

(9)manhattan/imam_terror_error_efmizkHuBUaVnfuQcrcabL

(10)hamas_nod_for_gz_mosque_cSohH9eha8sNZMTDz0VVPI#ixzz0wrg9bVMj

(11) http://globalmbreport.org/?p=3355

(12) arkdev__qcontent_shariah-index-project.pdf

(13) http://oumma.com/coran/

(14) mosquee-ground-zero-obama-relativise-ses-propos-64416811.html

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