Pat Condell est ce phare dont l’Europe a besoin

Publié le 23 février 2009 - par
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Pat Condell est un humoriste et auteur anglais contemporain. Athée militant, il a récemment acquis une célébrité internationale par la diffusion, sur You Tube, de monologues contre les religions.

Mais comment se fait-il que de tels monologues puissent intéresser plus d’un million d’internautes ?

Parce qu’ils traitent de religion ? Parce que les internautes auraient soif de Transcendance dans un Occident voué au dessèchement consumériste ? Parce que le discours tenu serait original, et même génial, voire révolutionnaire ? Parce que les propos seraient humoristiques, ou bien caustiques, et surtout brefs ? Parce que leur auteur est sympathique dans sa fraîcheur intellectuelle et son solide bons sens ?

Pas du tout !

La raison est plus simple : Pat Condell est écouté parce qu’il parle, et il parle parce qu’il ose parler !

Il parle surtout au nom de la parole libre, qui nous est vitale et familière, et qui relève de nos droits fondamentaux : sans elle, nous ne serions ni des Occidentaux, ni même des hommes – l’articulation langage-liberté nous distinguant de l’animal.

Mais pourquoi disons-nous qu’il «ose» parler, si ce droit nous est acquis ? Parce qu’en ce début de XXIe siècle, des voix menaçantes contestent de plus en plus bruyamment ce droit essentiel, à tel point que personne, ou presque, ne se risque à les affronter au vu des colères dont elles nous ont déjà gratifiés. En effet, si les colères météorologiques peuvent être redoutables, celles des voix précitées le sont bien plus, car elles sont imprévisibles, à l’image du Dieu qu’elles invoquent. C’est donc bien la colère de Dieu qui étend son ombre sur l’Europe !

Or, il se trouve que Pat Condell entend vivre au soleil ! En conséquence, il s’exprime, et tient à le faire savoir : la lampe qu’il allume n’est pas destinée à être mise sous le boisseau. Cette lampe est tonique : nous la connaissons, et nous l’aimons : c’est la liberté de dire ce que nous pensons. Ainsi s’affirme la critique, et c’est tant mieux, car il y va des plus belles trouvailles de l’intelligence. Voilà pourquoi rien ne saurait être soustrait à ce souffle, pas même la religion ! Si la religion est faite d’interdits, elle n’interdit pas qu’on la juge, pas plus que la loi n’interdit les critiques à son endroit !

C’est cela faire de la politique. Partant, toute condamnation de la liberté de pensée est un refus du politique. Ceux qui professent la haine de la pensée – serait-ce au nom de la paix sociale ou de Dieu – professent la haine de la Cité et de ses habitants. Or, dans la Cité, il n’y a jamais que des hommes. C’est dire que nous sommes sur un plan strictement humain, et qu’à défaut d’entente sur Dieu, il y a la politique, ou son contraire, qui est le renoncement à la loi civile.

Pour l’heure, c’est le renoncement qui semble l’emporter – hélas ! – et c’est une des raisons majeures des discours de Pat Condell contre l’islam et les gouvernements européens, à commencer par le gouvernement britannique, dont la dhimmitude est stupéfiante. Il aura suffi, en effet, qu’un lord musulman – irrité à l’idée d’un débat sur le film « Fitna », de Geert Wilders – menace d’assiéger le Parlement en mobilisant dix mille musulmans, pour que ledit débat soit annulé sans autre forme de procès !

N’en déplaise à quiconque, cette menace ouverte contre l’ordre public est un avertissement adressé à tous les pays de l’Union ! Les intégristes musulmans eux-mêmes ne s’en cachent point, qui affirment le caractère «irréversible» de l’islamisation de l’Europe. Et pendant ce temps, Pat Condell parle quasiment seul, et les Anglais dorment, et les peuples européens gardent le silence…

Mais ce n’est qu’apparence ! Leur silence est un sommeil aux aguets – que les prosternations gouvernementales devant l’offensive réactionnaire de l’islam rendent plus léger encore : aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté, de Geert Wilders, s’envole dans les sondages. Si des élections générales avaient lieu aujourd’hui, ce parti, qui occupe actuellement 9 sièges au parlement néerlandais, en obtiendrait 25, ce qui ferait de lui le deuxième parti des Pays-Bas, après le parti des Chrétiens-démocrates du premier ministre actuel, Jan Peter Balkenende, qui, a contrario, n’en obtiendrait que 27 !

De même, il aura suffi que le ministre norvégien de la justice présente un projet de loi criminalisant la critique des religions, pour se heurter à la résistance d’une poignée d’internautes appelant à la défense de la liberté d’expression. Devant le succès de la pétition qu’ils lancèrent sur la toile, la presse écrite suivit, ce qui conduisit le gouvernement norvégien à retirer son projet de loi scélérate.

Au fond, partout en Europe les atteintes à nos libertés réactivent nos libertés et, par suite, notre dignité : d’autres Fitna verront le jour, d’autres Pat Condell se lèveront, car il n’est pas possible que triomphe l’impossible !

Maurice Vidal

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