Pierre Tévanian

Pierre Tévanian le pourfendeur des laïques et le défenseur acharné des intégristes a eu des vacances studieuses qui l’ont conduit à sortir un livre, « La République du mépris » où il a cherché à soigner son écriture sans changer ni d’orientation, ni de méthodes de « débat ».

Je n’ai ni parcouru, ni feuilleté ce livre, je l’ai lu de la première à la dernière ligne avec un peu de nausée. Comment un militant qui se dit progressiste, voire révolutionnaire peut-il encore couvrir les islamistes?

Son argumentation s’appuie sur quatre métaphores sorties de son cerveau : une métaphore sécuritaire et féministe, une métaphore laïque, une mémorielle et une libertaire. En figure de sens, l’auteur est passé maître, lui qui pourfend une « République du mépris » à qui il dénie toute qualité, comme si le combat social et le combat laïque n’avaient pas permis d’arracher des acquis démocratiques.
Il n’hésite pas- mais qui s’en étonnera- à travestir la vérité pour convaincre le lecteur.

La loi du 15 mars 2004 serait « en rupture radicale » avec une laïcité libertaire et si le « philosophe » militant évoque la circulaire Jean Zay , c’est celle de 1936 concernant les signes politiques.
Il omet de citer celle du 15 mars 1937 qui soulignait « la nécessité de maintenir l’enseignement public… à l’abri des propagandes politiques et confessionnelles », « aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise » »

L’opposition au port de signes religieux à l’école procède du racisme (!?) c’est écrit et ré-écrit noir sur blanc sans aucune argumentation solide, et pour cause!
Pierre Tévanian toujours prompt aux interprétations et aux manipulations ment d’une façon éhontée notamment quand il affirme que c’est la droite qui a mené l’offensive contre le voile islamiste à l’école. Il n’ignore pourtant pas qu’au début 2003 nous n’étions ni nombreux et ni nombreuses à demander l’interdiction du port de signes religieux visibles à l’école. La Droite, Sarkozy en tête et la gauche se sont prononcés contre une loi avant de changer de position, le maître actuel de l’Elysée restant, lui, droit dans ses baskets.
Ceux et celles qui combattent l’intégrisme, même s’ils sont eux-mêmes musulmans sont des « islamophobes », c’est le message que veut passer l’auteur de ce livre.

Alors que des journalistes sont menacés de mort, Pierre Tévanian persiste et signe dans l’ignominie en valorisant les propos de son ami Laurent Lévy sur les fameuses caricatures de Mahomet. Comment, en effet, peut-on qualifier autrement que de raciste un dessin qui, représentant le prophète lui-même coiffé d’une bombe, véhicule l’équation « islam = terrorisme », et donc musulman = terroriste potentiel ». L’UOIF n’aurait pas dit mieux !
Qu’importe que pour beaucoup de musulmans croyants, ce dessin et quelques autres représentent l’image caricaturale et déformée que les intégristes donnent de l’islam.
Naturellement Pierre Tévanian revient sur cet appel des Indigènes de la République qui nie à certaines personnes leur identité française pour ne voir que leurs origines.

Les « racistes républicains » (!?) sont directement visés, y compris d’ailleurs ceux et celles de confession musulmane qui participent au combat contre l’intégrisme- comprendre qui voudra! Là encore, il fait preuve de la même pathologie que cet autre Indigène de la République, Laurent Lévy, avocat du Mrap et père des deux jeunes filles qui voulaient imposer des tenues afghanes dans l’école publique (lycée Henri Wallon, 2003), qui traite de racistes (comme si la religion était une race !) toux ceux qui osent émettre une critique contre l’islamisme.

Pierre Tévanian a beaucoup de complaisance avec les intégristes, les laïques étant les ennemis à abattre et notamment s’ils sont « d’origine immigrée »! Un comble pour un promoteur de l’appel des « Indigènes de la République » !
Le livre se termine par un tir groupé contre Charlie hebdo, Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Ni putes, ni soumises, Lutte ouvrière, le PS et quelques autres comme une bonne partie du PCF et une fraction de la LCR.

Pierre Tévanian persiste et signe.

Il banalise le racisme et pour lui le terme d’islamiste « n’a pas de sens précis »ou du moins désigne le « mauvais musulman », « c’est-à-dire musulman ostensible et indocile »! Les musulmans progressistes apprécieront!
Il combat les lumières en faisant cause commune, objectivement et même subjectivement avec l’extrême droite islamiste.

Jean-François CHALOT

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