Pour moi, Jean-Luc Mélenchon incarne bien davantage la République sociale que Marine Le Pen

Publié le 31 janvier 2011 - par - 277 vues

Je lis depuis quelque temps, sur Riposte Laïque, de nombreux articles hostiles à Jean-Luc Mélenchon, à qui vous reprochez sa trop grande complaisance vis-à-vis de l’islam. Et je découvre, dans le même temps, de plus en plus d’articles conciliant sur Marine Le Pen, que vous félicitez pour son courage et son nouveau discours républicain et laïque.

Dois-je l’avouer, vous me mettez mal à l’aise. Je voterai pour Jean-Luc Mélenchon, en 2012, au nom d’un parcours que je juge exemplaire. Vous ne pouvez pas oublier le combat mené par cette homme, à l’intérieur de ce parti, quand les débats se résumaient alors à des bagarres d’écuries présidentielles entre Fabius, Rocard et Jospin. Jean-Luc, avec Julien Dray, Marie-Noëlle Lienemann, puis Gérard Filoche, a su, à l’intérieur du PS, impulser de vrais débats sur les 35 heures, sur la République, sur l’Union européenne. Il a été capable de construire, autour de la Gauche socialiste, une alternative au social-libéralisme.

Il a certes fait des erreurs, dont certaines fort graves. Ainsi, il a voté, et fait voter pour Maastricht, en 1992. Il a longtemps cru à une Europe fédérale. Il n’appréhende pas, et vous avez raison de le souligner, la réalité de l’islamisation de la France, et manque de courage sur la réalité de la nouvelle délinquance. Il est d’une candeur consternante, sur l’immigration.

Mais c’est un véritable républicain, un homme de gauche, près des organisations syndicales. Il est de toutes les manifestations pour défendre la sécurité sociale solidaire, les retraites, les services publics. Enfin, il a fait partie des rares personnes, à gauche, à se dresser contre la charte européenne des langues régionales minoritaires. Dans le même esprit, il a refusé le statut de la Corse, que Jospin voulait nous infuser, et a protesté quand Jack Lang voulait intégrer les écoles communautaristes bretonnes au sein des écoles de la République.

Le 16 janvier 1994, il était dans la rue pour défendre l’école laïque, face aux projets de loi Bayrou.

Face à cela, le passé de Marine Le Pen ne pèse pas lourd, pour moi. Je ne fais pas de manichéisme, et ne doute pas de la sincérité de son discours républicain et laïque. Je pense stupide de la part de la gauche de lui abandonner ce terrain. Je regrette qu’autour de Jean-Luc Mélenchon, des militants comme Alexis Corbière ou Eric Coquerel agressent Riposte Laïque comme ils le font, rendant ainsi le plus mauvais service à Parti de Gauche.

Mais pour moi, voter pour un candidat, c’est aussi voter pour un histoire, et pour tout un engagement. Pour moi, Marine, ce sont des promesses, un nouveau discours, mais cela n’a que deux ans d’existence, donc, je ne signe pas de chèque en blanc. Par contre, Jean-Luc, c’est l’engagement de toute une vie au service d’une société plus juste, et cela mérite le respect, et mon vote pour 2012.

Et en 2005, lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen, je n’ai pas oublié le magnifique combattant qu’il fut, alors que j’ai pas guère entendu Marine Le Pen, ni le Front national, d’ailleurs.

Voilà ce que je voulais vous exprimer fraternellement, en vous demandant, si cela était possible, de moins taper sur le plus républicain des hommes de gauche que nous avons.

Amitiés laïques.

Joël Locin

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