Pour qui sonne le glas ?

Publié le 16 janvier 2008 - par
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L’assassinat abject de Benazir Bhutto a lancé le fatal compte à rebours. Le temps n’est plus au tâtonnement du terrain de l’ennemi, le temps est propice pour entamer la dernière ligne droite afin de semer la terreur et l’obscurantisme aux quatre coins de la Terre. Il y a plus de dix ans que je crie dans le désert dans ce sens pour ne recueillir, au mieux, que des félicitations et des encouragements, purement verbaux, comme s’il ne s’agissait que d’un passager danger. Pourtant, la lutte contre l’intégrisme et le terrorisme islamistes n’a jamais été autant à l’ordre du jour. Le point du non retour est atteint…hélas, il est trop tard, le pire est devant nous, à qui le tour ?

La lâcheté face à ce fléau s’exerce à tous les niveaux. Au lieu de faire face à cette infamie, les dictatures des pays arabo-musulmans tremblent pour leurs éphémères sièges. Tout en faisant barrage aux islamistes, ils instaurent l’islamisme confortablement sans se soucier des intérêts de leurs respectives populations. Au lieu d’éclairer leurs peuples en les incitant à dénoncer les dérives islamistes, ils préfèrent les enfoncer dans l’obscurantisme et les maintenir en laisse dans une soumission innommable.

Au lieu de faire face, l’ensemble des pays Occidentaux se renvoie la balle et ne cesse de colmater une situation de plus en plus en plus dramatique. Au nom du respect de la différence culturelle et par peur d’être attaqué d’islamophobie, on ferme les yeux, on donne la parole aux criminels et on l’ôte aux laïques respectueux des valeurs républicaines. Les hommes politiques démocratiques ne sont pas mieux lotis que leurs homologues dictateurs des pays arabo-musulmans. Ils ne raisonnent qu’à court terme, l’un le temps d’un mandat et l’autre le temps d’une vie.

Pourtant, dans l’avenir, les têtes décapitées, parce qu’elles s’opposent à l’instauration d’Etats islamistes, ne se compteront plus. La tragique disparition de Bhutto ne fait qu’inaugurer la ferme détermination d’une stratégie millénaire. Le nombre des têtes qui seront guillotinées, parce qu’elles œuvrent à couper l’herbe sous les pieds des islamistes, ne fera qu’augmenter au fil du temps si on ne déclare pas l’état d’urgence dans l’heure.

Vous rendez-vous compte que maintenant on en est réduit à sanctionner tout un peuple parce qu’il a fait son choix démocratique au suffrage universel ? Ce qui dérange les islamistes dans la politique de Nicolas Sarkozy n’est plus qu’il soit élu grâce au lobby juif comme ils l’ont prétendu au départ. Ce qui les agace, au plus haut point, c’est que Sarkozy s’attaque à la racine du problème en tentant, avec son pragmatisme légendaire, de les priver de l’ensemble des prétextes dont ils se servent pour embrigader, endoctriner et faire exploser des innocentes victimes.

Force est de constater que Sarkozy s’avère plus conscient du danger de l’international islamisme que ses prédécesseurs. Depuis son élection, il œuvre pour une intégration réussie avec des nominations, fortement symboliques, au sein du gouvernement. Il cherche à mettre en place l’Union méditerranéenne pour maîtriser le flux migratoire et le reflux intégriste terroriste islamiste. Il multiplie les contacts avec les pays arabo-musulmans pour rompre le froid et la méfiance qui se sont installés. Il ose instaurer un dialogue longtemps abandonné par mépris et par ignorance de cette communauté qui se trouve la première victime de ce fanatisme. Il s’aventure dans le conflit israélo-palestinien avec l’espoir d’instaurer un Etat Palestinien avant la fin 2008. Que des terrains glissants, mais oh combien indispensables pour contrecarrer l’avancée de l’islam politique. Le moins qu’on puisse dire c’est que la rengaine de : « l’Occident ennemi de l’islam et des musulmans » n’est plus de mise.

Sur le front adverse, la politique parallèle de la stratégie de l’international islamisme est plus que jamais en vigueur. D’une main on déstabilise l’Occident et de l’autre on instaure des Etats islamistes dans les pays arabo-musulmans avant de finir par soumettre l’ensemble du globe à la loi d’Allah sous la direction du fameux El Mehdi (le sauveur) tant attendu par les trois religions monothéistes, chacun à sa manière en jouant à la « courte paille » au détriment des victimes civiles qui risquent de se sacrifier chaque jour davantage.

Dans ce chaos médiatique, l’Un n’est pas moins responsable que l’Autre. Nous avons tous, à différents degrés, cautionné un laxisme et une sous estime de l’arme dite blanche. L’ensemble des religions monothéistes avait des visées politiques dès le début de leur mise en scène. Il suffit de revenir sur l’histoire, avec un minimum de recul, pour s’en rendre compte. Ce sont les premiers partis politiques d’opposition aux pouvoirs despotiques en place de l’époque. Quelques siècles plus tard, on assiste au même refrain avec une radicalisation de plus en plus prononcée pour que le diktat soit plus meurtrier et plus dévastateur, toujours au nom de Dieu.

Le retour au religieux, avec en ligne de mire l’islamisme, auquel on assiste concrètement depuis plus d’un demi siècle n’a rien d’étonnant. L’islam politique qui gagne du terrain, à l’Est comme à l’Ouest, s’est tout simplement nourri d’un climat plus que favorable à sa croissance et à l’échelle internationale. L’islamisme se réveille de ses cendres après un long sommeil dicté et programmé par les textes sacrés. Il est loin d’être aveugle et avance, depuis toujours, selon une stratégie chronométrée dans ses moindres détails. Il faut cesser de juger une élite en se basant sur le comportement de la masse. Il faut cesser d’apposer une seule étiquette sur l’ensemble d’une communauté qui représente près d’un tiers de l’humanité.

C’est à force de placer le dit « croyant » au paradis et le dit « incroyant » en enfer. C’est à force de placer l’Un sur un piédestal et de piétiner l’Autre qu’on a abouti à cet engrenage. C’est à force de vivre dans la négation de la diversité de la communauté arabo-musulmane que tant de minorités visibles ont été bâillonnées malgré qu’elles représentent une alternative fiable et respectueuse de la liberté de conscience et d’expression. Pourquoi est-il si difficile d’admettre l’existence d’agnostiques, d’athées, de convertis aux côtés des croyants modérés ? Pourquoi est-il si pénible de laisser une place pour cette richesse profitable à tous au lieu de mettre, systématiquement, l’intégrisme islamiste en ligne de mire et servir son vil objectif ? Pourquoi refuse-t-on à cette partie du globe l’accès à la modernité qui lui est propre ? Pourquoi le monde arabo-musulman n’a-t-il pas le droit de vivre sa révolution culturelle et cultuelle afin de séparer le religieux du politique et assainir une situation critique ?

Tant que chacun de nous n’a pas admis son « mea culpa », on va continuer, comme on dit si bien en arabe, à « voiler l’œil du soleil avec un tamis » en laissant l’islamisme poursuivre sa conquête ancestrale devant nos regards impuissants. Tant qu’on n’a pas renforcé la partie adverse laïque, issue de la même culture, en lui donnant les moyens nécessaires d’action, il ne faut pas espérer de miracle. La solution radicale ne peut venir que de l’intérieur même de cette communauté avec l’aide incontestable de l’extérieur concerné au même titre, si ce n’est plus à l’heure actuelle. Vaut mieux tard que jamais !

Samia LABIDI

(Présidente de l’A.I.M.E.)

http://www.assoaime.net

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