Quand de prétendus antiracistes se lancent dans une manipulation grossière aux Pays-Bas

Publié le 19 mars 2008 - par
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Un réalisateur néerlandais qui prétendait faire un documentaire concernant une expérience de testing du racisme de ses compatriotes , en particulier envers les populations d’origine arabe , a été pris en flagrant délit de mauvaise foi et de manipulation médiatique par une autre équipe de télévision qui suivait le tournage :
http://fr.youtube.com/watch?v=kP5pgZYB2us&eurl=

Bien que le film soit malaisé à comprendre car en langue hollandaise , les images sont suffisamment claires pour être interprétées sans ambiguïté .

Le testing consistait à ce que la même actrice , habillée successivement à l’occidentale et ensuite en burqa , fasse semblant de renverser accidentellement un gros sac de fruits , et pousse des cris pour avoir de l’aide des passants afin de récupérer ses fruits .

Selon la vidéo tournée par le réalisateur , habillée à l’occidentale , la jeune fille obtient de l’aide sans problème , alors que lorsque elle est habillée en burqa , aucun passant ne s’arrête pour l’aider .

Mais, selon la deuxième équipe , qui observait le tournage et filmait simultanément , non seulement il est manifeste que des passants ont également aidé la femme en burqa , mais , encore pire , le réalisateur interpelle ces passants pour les en empêcher , leur disant qu’ils gênaient le tournage d’un film !

Le réalisateur, ultérieurement sommé de s’expliquer , a prétendu sans vergogne que l’actrice n’aurait été aidée qu’après le départ de son équipe de tournage , et donc que la voix qui intervient n’est pas la sienne . ( Explication qui ne tient pas debout , et camoufle fort mal un mensonge, on voit mal pourquoi l’actrice aurait continué à ramasser ses fruits en burqa après le départ de l’équipe, ni pourquoi cette équipe n’aurait pas attendu son actrice ! )

Néanmoins, ce trucage éhonté , ces scènes coupées au montage , ne sont qu’un épiphénomène comparé à l’énormité de la falsification idéologique de base qui est sous-entendue par la méthodologie de ce testing , dont les motivations profondes sont bien cachées .

En effet, si on réfléchit bien aux intentions apparentes du réalisateur de la vidéo, on pourrait supposer que celles-ci étaient de démontrer que les habitants de Hollande étaient racistes pour la plupart d’entre eux . Malgré la manipulation dont l’auteur se rend coupable , le film non bidouillé semble prouver exactement le contraire .

Or, si l’on considère la méthodologie de l’auteur du film , son intention réelle était bien plus manipulatrice et perverse . En effet, si l’on avait voulu faire honnêtement cet espèce de  » testing de racisme  » dans la rue , il aurait fallu impérativement éviter les biais méthodologiques . Autrement dit , il aurait fallu , pour que la démonstration soit probante , prendre pour actrices quatre jeunes filles de beauté à peu près équivalente, HABILLÉES EXACTEMENT DES MÊMES VÊTEMENTS, de taille et corpulence à peu près identique , l’une blonde aux yeux bleus , l’autre de type asiatique , la troisième de type arabe et la quatrième noire , toutes les quatre renversant chacune à son tour leur sac de fruits , et ensuite vérifier si l’une d’entre elle était préférentiellement secourue par les passants .

Que fait en fait l’auteur du testing ? Il prend la même fille, en premier bien habillée , et en deuxième habillée n’importe comment, en burqa . A supposer même que cette fille habillée en burqa ait été moins secourue qu’habillée normalement (ce qui, en fait , ne semble pas avoir été le cas), cela n’aurait strictement rien prouvé en matière de racisme . En effet, un vêtement n’étant pas une race, critiquer implicitement une tenue vestimentaire en ne secourant pas quelqu’un ayant simplement perdu ses pommes (NB on ne peut pas qualifier cela de non assistance à personne en danger ) n’a rien à voir avec du racisme. Après tout , il est fort possible que, si la même actrice s’était présentée en tenu punk extrême avec une coiffure iroquoise vert fluo et des piercings factices et épingles de nourrice partout sur sa personne, elle aurait été moins secourue par les passants que si elle avait été habillée normalement .

On peut d’ailleurs se mettre dans la peau d’un passant homme, qui se dit que cette femme en burqa a des chances d’être accompagnée d’un mari barbu islamiste ombrageux qui se lancerait dans une rixe contre tout homme qui aurait osé s’approcher de sa femme, même pour l’aider !

Par ailleurs, si, dans ma ville, je n’ai pas encore (fort heureusement) vu de femmes en burqa, j’ai néanmoins déjà vu des françaises  » de souche  » (probablement mariées à des musulmans) habillées en abaya à la saoudienne, ce qui prouve bien qu’un vêtement n’est pas une race, et qu’une critique d’une tenue vestimentaire ne saurait être considérée comme du racisme.

L’intention réelle de l’auteur du film était en fait de faire croire aux spectateurs du film que toute critique d’une tenue vestimentaire hors normes, surtout si elle a une connotation religieuse , est une forme de racisme , autrement dit de cataloguer comme raciste tous les habitants de Hollande qui éventuellement émettraient des objections quant au port de la burqa au XXI ème siècle (quand bien même cette burqa serait portée par une hollandaise  » de souche  » comme semblait être l’actrice du film ) .

L’extension du domaine du racisme que propose l’auteur du film se rapproche des élucubrations de Sarkozy assimilant , dans un discours en Algérie, racisme et  » islamophobie « . Cette extension abusive du concept de racisme peut être interprétée comme un prélude à l’assimilation du blasphème, voire même de la simple laïcité, à du racisme ! Il s’agit d’une forme idéologiquement extrémiste de multiculturalisme, incompatible avec la démocratie et les libertés publiques , dont fait partie, entre autres, la liberté qu’a tout citoyen de ne pas particulièrement apprécier certaines façons de s’habiller.

Docdory

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