"Quand je serai grand, je vous tuerai tous !"

Loin de s’éteindre, le traumatisme de Grenoble ne fait que s’étendre : les Français savent que les violences urbaines recommenceront – et qu’elles seront pires. En conséquence, de plus en plus de nos concitoyens s’arment, quand d’autres choisissent de changer de ville ou de pays.
Les exigences communautaristes, les tensions ethniques, les agressions verbales et physiques, l’avanie quotidienne de «jeunes» sans travail paradant en Mercedes ou en BMW, les affrontements de bandes rivales, les rodéos motorisés, les voitures incendiées, les vols à la tire, les halls d’immeubles souillés d’urine et de tags, les boîtes aux lettres défoncées, bref les terreurs ordinaires… suffisent à expliquer ces réactions opposées de résistance et de démission.
Nous ne jetterons pas la pierre aux victimes démissionnaires : elles ont vu, dans les faits mêmes, la mort de près, ont découvert l’abandon étatique suite à ces faits (quel sens peut avoir le soutien momentané d’un vigile ?), et même le rejet de proximité, les voisins ne supportant pas la pression des caïds traînant sous leurs fenêtres par fierté clanique.
Mais choisir de partir, c’est conforter la violence des bourreaux. Voilà pourquoi certaines victimes décident de résister en brisant la loi du silence, en parlant à visage découvert, ou en s’organisant en milice ! D’autres optent pour les bombes lacrymogènes, les matraques électriques, les armes blanches ou les armes à feu ! D’autres enfin ne parlent que de revanche, et bien qu’on ne doive point faire justice soi-même, on peut comprendre leur attitude.
Comment aurions-nous réagi, en effet, si, le 2 juillet 2010, dans le quartier résidentiel de Saint-Assiscle, à Perpignan, nous avions été à la place de Thierry et de Katy, lui, frappé à coups de poing américain et de barre de fer par une quinzaine de barbares pour avoir voulu protéger deux gamins de «jeunes» caillassant des voitures ; elle, tabassée par des gosses à qui elle distribuait des bonbons à l’occasion de la fête du quartier ? «Pendant que nous déposions plainte – précise Katy – certains jeunes étaient déjà à nos fenêtres, salissant d’insultes notre fille de 10 ans qui n’arrivait plus à dormir et qui attendait notre retour… la menaçant : « On va t’attraper ! » Depuis, elle fait des cauchemars. Et son petit frère de 8 ans, un garçon qui ne s’est jamais battu et – insiste Katy – a toujours été premier de sa classe… lui ne cesse désormais de répéter : «Quand je serai grand, je vous tuerai tous !».

Dans une société d’insécurité et d’impunité, cette réaction d’enfant n’est pas sans noblesse ; dans un pays qui se meurt, elle peut même être le chemin de l’honneur !
Or, c’est ce sens de l’honneur que la France est en train de perdre. Le chef de l’Etat a beau invoquer la «guerre nationale» contre les «voyous», il reste englué dans l’excuse et le mea culpa : «Nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l’intégration – a-t-il déclaré dans son discours du 30 juillet 2010, à Grenoble. Nous sommes si fiers de notre système d’intégration ! Peut-être faut-il se réveiller pour voir ce qu’il a produit. Il a marché, il ne marche plus» !
Tiens donc ! Mais ce n’est pas notre système d’intégration qui ne marche plus, puisqu’il marche avec les immigrés non-musulmans : ce sont les immigrés musulmans qui, pour beaucoup d’entre eux, «ne marchent plus» (comme dit le langage courant), c’est-à-dire «n’acceptent plus» les lois de la République sitôt qu’elles leur paraissent contraires à la charia ! Et plus ils seront nombreux sur notre sol, plus il en sera ainsi !
Le pire, c’est que le chef de l’Etat a conscience de cette réalité-là ! Mais il est tenu par la peur des violences musulmanes – qu’un ton martial doublé de l’éviction pitoyable du préfet Albert Dupuy cache mal ! Si Nicolas Sarkozy pense à 2012, il pense plus encore à cette évidence par laquelle nous sommes dans le viseur de certains musulmans de notre pays comme de certains pays musulmans !
Voilà où nous en sommes !
Nonobstant, Martine Aubry ne trouve rien de mieux que d’aggraver le discours du chef de l’Etat en y voyant une «dérive anti-républicaine» qui «abîme la France et ses valeurs» – comme si cette «dérive» n’était pas précisément dans les violences urbaines ! Quant à François Bayrou, il a estimé que Nicolas Sarkozy et le gouvernement maniaient des sujets «dangereux» dans le seul but de «faire de la communication». François Bayrou ne croit d’ailleurs pas si bien dire… à condition d’entendre par «sujets dangereux» ces mêmes «voyous» que la France «manie» avec une infinie précaution afin d’éviter l’embrasement général !
Le triste, dans ce type d’affaire, c’est le refus d’utiliser la force publique, voire la force armée, alors que tout Etat a le monopole de la violence légitime. Mais il faut du courage pour agir ainsi, et le courage est l’arlésienne de la plupart de nos politiques !
Maurice Vidal

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