Quand les Bleus donnent le blues à la France entière

Publié le 28 juin 2010 - par
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C’est l’heure du bilan, l’heure de l’analyse d’un vrai fiasco : humain, sportif, politique, national, patriotique, les uns diront ou titreront la « CATA », les autres essayeront de tirer les enseignements de ce drame, pas surprenant, afin d’ avancer et d’essayer de repartir avec enthousiasme, si l’on peut rattraper cela. Au-delà d’une défaite il faut comprendre ce qui va sauter à la figure des Français quand on fera le point. D’abord la défaite, perdre, on peut perdre quand on joue, c’est la règle, on peut perdre parce que l’adversaire est plus talentueux, physiquement ou techniquement supérieur, on peut perdre avec le sourire, mais avec honneur et fierté parce qu’on a fait de son mieux, alors on garde le respect et l’amour des siens. Mais nos bleus nous ont mis des bleus à l’âme, car ils n’ont pas perdu la tête haute, parce qu’ils n’ont pas joué avec fierté, avec courage, avec amour, avec amour du maillot tricolore et l’amour du pays qu’ils étaient censés représenter. Ils ont donné l’impression de jouer sans joie, juste par devoir, pour remplir un contrat, dans un espoir de fric, « il y avait de la tune à se faire c’est pourquoi il était intéressant d’en être » . Pour de la tune et, semble-t-il, pour nombre d’entre eux, rien de plus !

On a acheté les joueurs à prix d’or, on les a gâtés, ils ont perdu leurs repères, le sens des valeurs, l’argent les a transformés en chevaux de course sans âme !
Le fric ne suffit pas pour faire une grande équipe, l’appât du gain ne fait pas un grand joueur, l’appât du gain pourrit les esprits et les talents, ne serait-ce pas une des raisons pour lesquelles nos joueurs ont perdu ? Une des raisons, mais elle n’est pas la seule !

En 1998, l’amitié des joueurs éclatait sur l’écran, les signes amicaux étaient fréquents, rappelons-nous des bises sur le front de Barthez, et bien d’autres gestes d’ encouragement ou de pardon d’une maladresse faite par l’un ou l’autre… Ces joueurs de 98 aux couleurs diverses représentaient avec flamme et enthousiasme, notre pays, la France, ils chantaient la marseillaise, montrant ainsi leur amour du pays, la majorité des Français les a supportés, a souffert avec eux, a vibré avec eux, la France les a aimés.

Douze ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Tout dans le foot a changé! L’ambiance du foot a changé, les violences dans les stades, violences entre supporters, violence contre les arbitres, violences après les matches, on se castagne, on se défoule, certains ne viennent au match que dans l’espoir d’en découdre. Que dire des délires d’après matches ou il faut prévoir des cars de CRS, chaque fois en plus grand nombre, pour les « désordres » de plus en plus graves ! Cette violence là a lieu aussi dans d’autres pays d’ Europe, mais elle est particulièrement élevée dans notre pays, encore récemment quand l’Algérie a perdu le match contre les USA, on a« cramé des bagnoles » pour le fun sans doute ?
Ces dernières années on a sifflé l’hymne national dans les stades, puis les joueurs ont refusé de chanter la marseillaise, percevaient-ils cela comme honteux ? Puis en grand nombre sont apparus dans les stades des drapeaux de pays étrangers quand notre équipe nationale leur était opposée, sifflets et quolibets contre les bleus, enfin pas de tous les bleus ! C’est là sans doute, c’est à partir d évènements de cette nature que l’on doit s’interroger sur ce que tout cela signifie, le désamour de la France pour de fausses ou vraies amours extérieures. Après les matches, notamment quand l’Algérie est en piste on décroche les drapeaux français de nos mairies, on les brûle et on les remplace par le drapeau algérien…Ce sera aussi une leçon à tirer de la défaite des bleus… Et cette analyse là sera la plus rude….Que deviendront ces jeunes Français qu’on fait fantasmer de manière idyllique sur les pays d’origine de leurs familles quand ils sont spectateurs ? Que nous préparent-ils ? Que dire du fait que Madame Ribery en partance pour l’Afrique du sud arborait le maillot algérien, n’y avait-il pas là comme un manque de tact ? Qu’a-t-elle pu demander à son mari ?

Mais une des choses qui certainement a fait le plus de mal à la cohésion de cette équipe c’est que certains ont fait apparaître officiellement et de manière ostentatoire la religion dans le stade, créant certainement, de ce fait des tensions au sein de l’équipe de France. Allah et l’islam cherchent-ils à faire main basse sur le foot français ?

Chaque joueur a le droit d’avoir une religion, mais outre que notre pays est laïque, jusqu’à présent, les joueurs de 98 ne nous avaient pas habitués à de telles démonstrations. Aucun d’entre eux n’avait fait connaître son appartenance religieuse via les médias, on perd complètement la boussole en laissant cet affichage déborder même dans le sport. Il est fort possible que de nombreux joueurs de l’équipe aient mal vécu cela. Les lois d’Allah n’ont rien à faire dans l’équipe de France pas plus qu’une quelconque exigence de buffet halal imposé à tous les joueurs. Où allons-nous ?

Il y a, certes, des fautes importantes dans l’équipe de management, de l’entraîneur aux sélectionneurs et responsables de la FFF, mais rien ne se règlera, au niveau d’une équipe si l’on martèle pas que, dans le sport comme à l’école, on doit respecter les valeurs de la République, la laïcité notamment. Ce triste épisode de notre histoire reflète le délitement de notre société. Perte du respect, dans le sport, à l’école, dans la relation quotidienne avec l’autre. Un redressement s’impose, ce besoin d’ordre éclate maintenant au grand jour et semble, au détour de cette péripétie sportive, sauter à la figure de tout le monde, y compris des commentateurs étiquetés à gauche, dont ce registre n’est, d’habitude, pas la tasse de thé. Est-il du rôle des responsables de l’Etat d’agir aujourd’hui sur les instances dirigeantes du foot ? Certainement pas, mais, si l’ensemble des responsables politiques, au vu des désordres que cet évènement vient de révéler, pouvait, pour une fois, faire fonctionner « l’attelage France » en tirant dans le même sens, sur cette question au moins, cet épisode aurait une vertu. Si l’on ne veut pas que, à l’image de qui arrive dans le foot, l’argent pourrisse tous les pans de notre société, il serait bon qu’on mette enfin de l’ordre dans la France bling-bling, dont nos sportifs ne sont que le reflet. Si l’on veut que le respect revienne il est nécessaire qu’il soit donné en exemple par le premier d’entre nous et qu’on évite les : « casse-toi pôv con !»

Il se dit que certains joueurs qui jouent en équipe à l’étranger se comportent de façon exemplaire, et de manière tout à fait insupportable quand ils jouent en équipe de France, alors ont-ils leur place dans cette équipe ? Nous ne manquons pas de jeunes de talents, n’hésitons pas à nous débarrasser des faiseurs d’ embrouilles, aussi brillants soient-ils ! Il faudra bien préciser ce qu’implique le droit de porter le maillot de l’équipe de France, c’est un honneur dont il faut être digne, ça n’a rien à voir avec le cocorico, ou un quelconque chauvinisme, c’est quelque chose de plus fort de plus grand de plus profond.

Ne doutons pas de l’intelligence, de la compétence et de la finesse de Laurent Blanc pour définir avec fermeté une éthique, afin de faire respecter de nouvelles règles claires et impératives, dont un des points clé sera l’amour de la France et le respect de ses valeurs fondatrices.

Chantal Crabère

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