Que l’on mette la burqa et le voile au ban de l’Histoire !

Publié le 26 août 2008 - par - 323 vues
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On sait de quoi retourne la burqa, d’une interprétation du Coran, faite notamment par les adeptes du salafisme, un courant religieux prônant une application rigoriste de l’islam, censée s’inspirer du mode de vie des premiers fidèles du prophète Mahomet… La burqa est ainsi la manifestation de toute une conception moyenâgeuse du rapport entre homme et la femme, qui n’en est d’ailleurs que la partie visible déjà révoltante, la signature d’une idéologie archaïque des rapports humains et nihiliste en matière de droits des femmes, voulant en revenir au …VIIe siècle ! Une marche arrière-toute de l’histoire des libertés, un nouveau fascisme.

La burqa : non à la barbarie

Si en France aujourd’hui, certains entendaient ramener à des pratiques du moyen âge leurs rapports à l’autre sexe, on les traiterait de sectaires et on les ferait vite condamner ou enfermer. Mais pourquoi laisse-t-on donc en France se banaliser une telle infamie que la burqa, avec le risque que les femmes qui la portent et en sont déjà victimes, qu’elles soient consentantes à la porter ou non, suggèrent aux hommes de leur religion un droit de dominer leur épouse par un tel moyen d’asservissement qui vaut pour mise en esclavage, pour rejet dans le néant ?

Qu’en dit Mohammed Moussaoui, le nouveau Président du Conseil Français du Culte Musulman ? A propos de l’arrêt du Conseil d’Etat du 27 juin 2008 qui a rejeté la demande de nationalité française d’une femme portant la burqa, au motif que celle-ci « a adopté une pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe de l’égalité des sexes », il met en garde contre les risques d’une « mise à l’index » de la pratique de l’islam (ups !) Mieux, il nous dit que « Plutôt que d’inciter les gens à se dissimuler, mieux vaudrait expliquer que le port de la burqa peut avoir des répercussions négatives sur la vie quotidienne »… Voilà le niveau auquel entend répondre le représentant des musulmans de France face à cette ignominie qu’est la burqa, à cette régression crépusculaire, surtout pas en la condamnant, mais en la présentant comme un choix personnel en rapport avec la vie quotidienne…lamentable !

Les personnes qui entendent vivre en France selon les coutumes des pays islamiques sur un mode communautaire, ce que reflète la burqa, en considérant notre pays uniquement comme un milieu économique où réussir en bénéficiant des avantages sociaux, ignorant volontairement la culture, les traditions, les droits et devoirs individuels, les libertés et contraintes communes, s’attaquent directement à la République et à ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est curieusement un imam des Yvelines, Abdelali Mamoun, qui est le plus radical à condamner de vivre en France sa religion sous la burqa : « Celles qui portent la burqa de leur plein gré refusent le système. Dans ce cas, il faut qu’elles aillent jusqu’au bout de leur logique en accomplissant la hijra, l’émigration vers un pays musulman. » (Aujourd’hui en France, le 16.07.2008) La burqa devrait être bannie et ceux qui veulent la pratiquer rejetés comme des barbares, sans l’ombre d’une hésitation.

Burqa et voile même combat

Lorsque Fadela Amara, au lendemain de la décision du Conseil d’Etat déjà citée, après avoir exprimé « la burqa est une prison » s’exclame en disant : « Le voile et la burqa c’est la même chose », elle touche un point essentiel. Car le voile est un autre signe de ce mouvement de communautarisation agressif, sachant que sans son extension on n’aurait jamais vu apparaître la burqa.

Les musulmans sont de plus en plus pratiquants en France selon une enquête Ifop-La Croix. 70% d’entre eux déclarant notamment observer le jeûne du ramadan contre 60% en 2001. Selon cette étude, presque quatre musulmans sur dix (39%) disent prier chaque jour. Ils étaient 33% en 2001 et 31% en 1994. Dans ce contexte, de plus en plus de personnes se sentent choquées face à l’extension du voile islamique, comme symbole de régression des droits des femmes. Alors que ceux-ci paraissaient définitivement acquis, ils sont ainsi brutalement remis en cause au nom de la liberté d’une religion.

Ce symbole de soumission de la femme opposé à l’égalité s’attaque aux libertés de combien de jeunes filles sous la pression de sa manifestation publique ostentatoire, par sa banalisation comme symbole de la bonne musulmane ? Combien l’adoptent par la contrainte du poids communautaire, avec la complaisance du gouvernement, de partis politiques, d’une haute autorité, d’associations, de nombreux médias qui nous présentent la chose comme la manifestation de l’exercice d’une liberté fondamentale, voire de la liberté fondamentale au-dessus des autres ? Une complicité qui fait honte à la France.

L’islam du voile : un rejet des libertés, de la démocratie, de la laïcité, de la France

L’inquiétude que nourrit cette extension du voile est d’autant plus fondée que ce dernier, dans son principe, procède d’une démarche religieuse qui donne à la religion le rôle premier dans les relations à autrui, parasitant tout autre rapport. Il nie ainsi la laïcité qui pose le rôle premier de l’intérêt général comme bien commun au-dessus des différences. C’est de cette responsabilité commune du devenir de la société dont découle l’égalité des droits et la notion de citoyenneté, niées aussi par voie de conséquences.

Le voile est fait pour créer de la défiance, un rapport litigieux à celui qui n’est pas musulman, avec le pays où ces faits se déroulent qui ne l’est pas non plus. Le voile, ne nous y trompons pas, manifeste une volonté de litige avec la démocratie, avec les droits et libertés individuels, relevant du gouvernement des hommes par les hommes. C’est bien ce que montre le fait pour une femme musulmane de ne pas sortir autrement que voilée dans la rue, signifiant que partout son dieu doit dominer selon les lois de ce dernier et non celles des hommes. C’est bien sur ce point crucial qu’il y a avec le voile dangereusement retour à la case départ des libertés acquises, des mentalités et des mœurs.

L’islam du voile rejette par essence, qu’il le revendique ou non, tout autre projet de société que la république islamique, car ce bout de tissu en contient déjà les principes de soumission. Le voile enterre le libre-arbitre, il jette un linceul sur l’égalité entre homme et femmes et par là-même, sur tout ce qui fait la modernité dont cette égalité est la clé de voûte. Le programme qu’il porte, c’est celui de la fin de l’égalité des droits. On peut voir comment le voile est une aliénation qui nie les libertés de celles qui le portent mais aussi nie les valeurs communes et le sens de nos institutions. Que va-t-on faire, attendre tranquillement que le programme en soit mis en œuvre ? Notre société, avec le voile, a affaire à la manifestation d’un ennemi mortel pour tout ce à quoi nous tenons, nous, Républicains de tous horizons.

Vivre libre, c’est mettre la burqa et le voile au ban de l’histoire

La logique du voile crée une mise à part consciencieusement menée qui concerne un nombre croissant de personnes et particulièrement de jeunes qui est suicidaire pour eux, pour notre société, car c’est une façon de la détruire, d’en saper les bases, de contribuer avec les forces les plus réactionnaires et les plus obscures à un recul de civilisation.

Entre autre, on apercevra comment cela fait écho à l’enjeu de l’immigration, favorisant le développement de phénomènes tels que le voile voire la burqa, que d’aucun n’hésite pas à encourager sous le signe d’un droit humanitaire à la libre installation des immigrés en France, oubliant au passage les libertés que cela met à mal.

Le voile participe du même mouvement d’enfermement et de négation que la burqa, celui d’un arrièrisme religieux qui fait de la France moderne une société à abattre, et que nous devons défendre sans concession face à ces fossoyeurs de l’émancipation, en mettant ces signes religieux et leur idéologie au ban de l’histoire.

Guylain Chevrier

Historien

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