Que les médias français comprennent que le peuple iranien ne veut plus des ayatollahs, « modérés » ou extrémistes !

Publié le 26 juin 2009 - par
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« La seule chose que le peule iranien vous demande, à vous les occidentaux, c’est de changer votre point de vue sur l’Iran. C’est seulement par ce biais que vous allez pouvoir comprendre notre soif de liberté ». Propos d’un un étudiant iranien, interviewé par Manon Loizeau.

Avant le 12 juin, personne n’était en mesure de parier sur la révolte du peuple iranien ou même à prévoir sa probabilité. Le 12 juin, un chroniqueur de France-culture qualifie l’ambiance électorale comme étant « démocratique ».

Et lorsque, le soir des élections, les faux résultats sont tombés, aucun journaliste ne put prédire un soulèvement populaire surtout d’une telle ampleur.

C’est que les médias occidentaux ne se sont pas réellement penchés sur notre peuple, sur ses luttes et sur ses revendications, alors que depuis 30 ans, des femmes et des hommes n’ont jamais cessé de lutter contre la dictature des ayatollahs.

Le mois de juin est devenu un mois symbolique : c’est le 18 juin 1999 qu’a eu lieu le funeste massacre des étudiants qui avaient osé réclamer plus de liberté. C’est le 12 juin 2006 que des femmes sont descendues dans la rue pour réclamer leurs droits humains et que, suite à la répression, elles ont décidé d’agir différemment et de lancer d’autres moyens de lutte comme par exemple « la campagne d’un million de signatures ».

Je ne veux même pas rappeler ici les combats des iraniennes et des iraniens et les peines subies depuis la révolution islamique et surtout pendant la guerre Iran-Irak. Je ne veux même pas invoquer les assassinats des journalistes, intellectuel-les, écrivain-es… pour illustrer le fait que les iraniennes et iraniens ne se sont jamais montrés soumis au régime islamiste durant ces 30 années.

Or, les médias français qui reflètent des informations sur ces luttes sont râres, voire inexistants. Ces médias ont été plutôt fascinés par la supercherie du « dialogue des civilisations » très à la mode chez les bien-pensants.

Plus encore, ces médias se laissent piéger par le pouvoir islamiste qui agite la menace nucléaire pour augmenter la répression contre le peuple iranien

Rien sur la lutte des femmes, des hommes et des étudiants de ce pays depuis ces 3O ans.

Aujourd’hui, pour un journaliste en Iran, travailler est extrêmement difficile mais les iraniennes et les iraniens, malgré la censure, envoient des images et fournissent les infos aux journalistes étrangers pour pouvoir enfin faire entendre leur voix à la communauté internationale, pour enfin montrer le vrai visage de ce régime et son rejet par peuple.

Cependant, certains restent sourds aux cris des manifestants. Ainsi, un journaliste de la BBC, (chassé à son tour par les autorités) relayé par des chaînes de télé françaises, déclare : « ces manifestations sont juste des rassemblements d’unité, les manifestants n’expriment aucune revendication », alors que lui-même était emporté par la foule des manifestants qui entonnaient « Marg bar dictature, Marg bar dictateurs » « mort à la dictature, mort aux dictateurs ». Et même s’il ne comprend pas la langue persane, même s’il ne sait pas la traduire, il peut au moins s’abstenir de tout commentaire, car le sien signifiait plutôt « comment-taire les cris du peuple iranien ».

Depuis le jour même des élections, les iraniennes et les iraniens en exil ont manifesté, dans tous les pays du monde, pour exprimer leur solidarité avec leurs concitoyens. Ils ont réclamé la liberté, la démocratie et une constitution laïque, comme ce fut le cas à Bruxelles, à Washington ou dans des villes des Pays-Bas, ou bien à Paris….

Pourtant les médias français ont préféré couvrir un autre rassemblement, et braquer leurs caméras sur celui des Mojahédines du peuple. Pourquoi ?

Ceux-ci forment un mouvement islamite et sectaire, longtemps reconnu comme terroriste.

Il est vrai que nous vivons dans le règne de mise en scène de la vie politique. Le goût de l’exotisme, du spectacle envahit tout et il est vrai que les Mojahédines sont parfaitement organisés et dotés d’énormes moyens financiers qui leur permettent de répondre à ce goût.

Ainsi, une des chaînes de télévision françaises les présente comme « la seule force opposante au régime islamiste. » Pendant deux jours, à l’heure des informations, ces chaînes repassent
en boucle les photos et les interviews de Maryam Rajavie, leur « icône sacrée »- élue par les mojahédine, comme future présidente iranienne. Citons au passage qu’elle est bien voilée et couverte de la tête aux pieds d’un habit vert (couleur du chiisme politique).

Le pire, pour moi c’est je journal électronique de « Marianne ». Son journaliste, épris par le pseudo-anti-impérialisme des ayatollahs et d’Ahmadinéjad, va jusqu’à soutenir leur scénario contre les femmes et les hommes de la rue. Sans état d’âme, Marianne en ligne (désavoué par la direction de l’hebdomadaire) minimise les morts et les répressions et n’hésite pas à choisir le régime islamico-milicien contre le peuple en quête de liberté et de démocratie.

Cela me fait froid dans le dos : comment la pensée islamo-gauchiste peut-elle conduire à nier les faits ?

L’indifférence des médias, la pensée islamo-gauchiste, tout ceci occulte les véritables aspirations du peuple iranien. Si aujourd’hui les iraniennes et les iraniens sont dans la rue, s’ils affrontent la mort, s’ils se moquent des répressions et des menaces, ce n’est en aucun cas pour remplacer l’islamisme des ayatollahs par n’importe quel autre islamisme fut-il bien déguisé !

Toutes les nuits depuis le 12 juin, la population crie sur les toits « marg bar dictature ».

Tous les jours, ils sont des milliers à être battus, arrêtés, violentés ; des centaines sont tués … Les femmes, les hommes et les jeunes d’Iran ne peuvent plus supporter le dictat islamiste. C’est cela la réalité de l’Iran.
Juste à ce moment, le peuple pleure ses morts, cherche ses disparus, crie la nuit sur les toits et tente de manifester le jour malgré la répression sauvage.

Et nous, iraniens démocratiques et laïques en exil, devons regrouper toutes nos forces et toutes nos énergies pour être à la hauteur des attentes légitimes de nos concitoyennes et concitoyens dans le but de montrer à la communauté internationale le vrai visage de notre pays. Nous devons aussi tenir en échec les tentatives d’intimidation par l’usage de la religion.

Le « guide suprême » maître d’Ahmadinejad, vient de donner une « fatwa » légalisant ses fraudes électorales. Cette fatwa , après avoir donné l’autorisation d’exécution des femmes et des hommes de la rue, permet « la liquidation physique » de Moussavi et Karoubi.

Il est temps de relayer et de faire retentir le cri du peuple iranien et son refus du régime islamiste. Cela est possible seulement si nous acceptons que le peuple iranien mérite lui aussi la liberté, qu’il a le droit de ne plus vouloir d’un régime islamiste.

Le régime archaïque islamiste de Téhéran est en grave décalage avec le peuple iranien.

Un changement désiré et soutenu par des femmes et des hommes de ce pays est en marche.
Les massacres et la censure ne peuvent rien contre cela.

Le peuple iranien qui subit l’islamisme politique depuis 30 ans s’en libérera et nous pouvons l’y aider en faisant pression sur nos propres gouvernements pour soutenir en urgence les démocrates iraniens.

Anna PAK

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