Quel islam prédominera en Amérique ?

Publié le 20 septembre 2010 - par

Andrew C. McCarthy, auteur de l’article ci-après, est procureur au Ministère de la Justice aux États-Unis. Il a présidé l’instruction du procès contre les terroristes de l’attaque, en 1993, du World Trade Center.
On est frappé à la lecture de cet article par la similitude aux États-Unis et en Europe, des situations relatives à l’infiltration de l’islam salafite des Frères Musulmans. La complicité et le silence des autorités en sont les responsables. Écoutons la mise en garde des intellectuels arabes qui dénoncent sans langue de bois un plan à l’échelle mondiale pour islamiser l’Occident. Ce plan est orchestré par les Frères Musulmans et l’Arabie Saoudite et ses pétrodollars, avec la complicité des immigrés musulmans en Occident « qui constituent une cinquième colonne » (1) et qui suivent la consigne : Immigrez mais ne vous intégrez pas, infiltrez mais ne vous assimilez pas. Son but est d’instaurer la charia sous califat islamique.

Quand verrons-nous en France, nos gouvernants, les UMPS, les médias, ouvrir les yeux et la bouche pour dénoncer la mainmise de l’islam salafo-wahhabite sur l’islam en France et ses menaces sur nos institutions ? A Riposte Laïque, nous la dénonçons sans relâche depuis trois ans. (N.d.T.)

QUEL ISLAM PREDOMINERA EN AMERIQUE ?

Quel islam prédominera en Amérique ?
C’est la vraie question qui se pose dans le débat sur la mosquée de Ground Zero.

La vraie bataille de la liberté religieuse se cache sous la controverse de la mosquée de Ground Zero. Il est tristement ironique que notre débat public présente les supporters de la mosquée comme les partisans de la liberté. Cela inclut tout le monde, de l’imam Faisal Rauf, le sponsor, clairon de la charia, le président Obama, le maire [de New-York] Blomberg et le reste de la Gauche éblouie par l’islam jusqu’à à l’aile anti-anti-terroriste du Parti Républicain (GOP : Grand Old Party). Pourtant, consciemment ou non, quand ils soutiennent cette mosquée et ses sponsors, c’est l’agenda d’un islam étranger et autoritaire qu’ils soutiennent, un islam qui irrite beaucoup de musulmans américains.

Quand on vient à la liberté, personne dans cette société n’a reçu un plus large point d’ancrage que les islamistes, pourvoyeurs de cet islam autoritaire qui est le principal courant de l’Islam du Moyen-Orient. Leur emprise vicieuse sur la communauté musulmane américaine, servie sur un plateau pendant deux décennies, a été facilitée par le gouvernement, les médias et l’académie. Pour notre classe dirigeante post-américaine, « être les bras longs de l’islam » signifie se prostituer pour les largesses saoudiennes; ça signifie aussi attribuer le label « modéré » aux Frères Musulmans, saboteurs soutenus par l’Arabie Saoudite dont les agents américains promettent avec impudence « l’élimination et la destruction de la société occidentale par l’intérieur ».

Les victimes de cette charade mortelle incluent des musulmans américains. Eux aussi sont avides de liberté religieuse et des Lumières de l’Occident. Nos élites les abandonnent aux pourvoyeurs de la charia. Le fait que les destructeurs de la liberté aient été autorisés à se positionner comme défenseurs de la liberté permet de dire aux opposants à la mosquée ceci : Nous avons fait un mauvais travail d’explication de ces jalons.

En 1993, j’ai dirigé une équipe de procédure judiciaire qui se préparait à juger « le Cheikh aveugle », Omar Abdel Rahman, et onze autres jihadistes pour avoir mené une guerre terroriste contre les Etats-Unis. Cette affaire a révélé la division des musulmans de ce pays.

D’un côté sont les musulmans américains patriotes, sans qui un procès réussi aurait été impossible. Non seulement ils ont infiltré les cellules de la terreur mais ils nous ont aidés à formuler l’évidence qui en résultait en un récit convaincant. De l’autre côté sont les satellites des Frères Musulmans. Ceux-ci incluent des bandes comme CAIR (le Conseil sur les relations Islamo-Américaines – The Council on American-Islamic Relations), formée en 1994 par l’aile des Frères Musulmans soutenant le Hamas, qui sème de l’argent provenant de la « charité » islamique – (La Fondation de la Terre Sainte – The Holy Land Foundation) – et qui sera interdite plus tard pour avoir financé des organisations terroristes étrangères. Ces satellites des Frères Musulmans prétendent parler au nom des musulmans américains. En fait, ils parlent pour les musulmans anti-américains dont la plupart sont à l’extérieur des Etats-Unis. Ils rendent cette affaire démagogique en en faisant une criminalisation phobique de l’islam lui-même de la même façon qu’ils avaient étiqueté l’Amérique depuis le 11/9/2001 comme étant « en guerre avec l’Islam ».

La traduction des preuves en anglais s‘est avérée être un challenge herculéen au cours de la préparation du procès. La plupart de nos preuves étaient en arabe parce que presque tous les inculpés qui avaient immigré ici venaient d’Egypte et du Soudan, pépinières de l’islam anti-américain. Il en est résulté des piles de documents, de bandes enregistrées et de sermons enflammés qui ont dépassé la maigre capacité en langue arabe du Département de la Justice. Pour alléger cette pression, nous avons essayé de retenir quelques personnes de la société civile en tant que contractuels privés. Un nombre de musulmans locaux ont exprimé leur intérêt mais à la fin ils nous ont laissé tomber.

Islam des Frères Musulmans contre islam américain

Rappelez-vous, ils voulaient aider. Ils étaient aussi offensés que n’importe qui par ce que les terroristes avaient fait. Ces gens étaient des Américains. Ils étaient ce genre de musulmans que vous ne découvrez jamais : ils donnent aux médias leur préférence pour les apologistes du jihad, quand ils ne l’applaudissent pas et déclarent qu’Oussama ben Laden est « made in the U.S.A. » Mais ceux qui auraient voulu être traducteurs réclamaient une assurance-béton pour que leur aide au procès soit tenue confidentielle. C’était une assurance que je n’étais pas en mesure de donner. Ainsi ils ont poliment décliné l’offre.

Mais voici la partie la plus déprimante. Ce n’était pas réellement une question de sécurité. Ç’en était sûrement un élément – mais cela fait partie du travail dans les procès de terrorisme. Ces gens avaient surtout peur d’être, eux ainsi que leurs familles, ostracisés dans leurs communautés comme traîtres à l’islam.

Dans les communautés musulmanes, j’ai appris que beaucoup de gens – spécialement les musulmans américains – soutenaient nos investigations. Bien sûr, ils n’aimaient pas que la lumière de la suspicion se focalise sur les musulmans, pas plus que les Américains italiens n’aimaient qu’on porte trop sur eux l’attention dans les procès de la mafia qui risquaient d’enfoncer leurs communautés. Cependant, ils ont fait la sourde oreille au chorus de CAIR juste comme des gens très sensibles font la sourde oreille à l’industrie de la revendication. Ils ont réservé la plus grande part de leur ressentiment aux acteurs malveillants et anti-américains qui sont dans leur milieu. Ils ont compris que la sécurité publique est la plus haute obligation du gouvernement. Tant qu’ils pouvaient le faire en douceur, ils voulaient bien aider.

Mais le faire en douceur était impératif. La plupart des musulmans américains ne sont pas instinctivement différents des autres Américains. Mais les communautés de musulmans américains sont particulières. Pour beaucoup d’entre elles, la direction des mosquées et des centres islamiques vient de l’étranger (ou au moins sous influence étrangère). Cette direction tend à être antioccidentale et arrogante, réclamant une authenticité islamique qui manque, selon leurs dires, aux Américains. Beaucoup de musulmans américains sont ainsi intimidés et poussés au silence. Ils sont effrayés à l’idée d’être condamnés comme trop américain. Dans l’islam, il n’y a pas de plus grave offense que de causer la désunion à travers l’infidélité. Ce n’est pas une mince affaire quand les chefs de la communauté recadrent un musulman insuffisamment loyal envers la Umma, la théorique Nation musulmane.

Les musulmans américains sont aussi pris à revers par la facilité avec laquelle les chefs de leur communauté enjambent la ligne entre prêches islamiques et encouragement des terroristes. Pourquoi s’étonnent-ils que leur gouvernement, le gouvernement des Etats-Unis, exalte constamment les islamistes qui donnent des coups à l’Amérique et qui ne peuvent donner de réponse directe quand on les interroge sur le Hamas et le Hezbollah ? Pourquoi ne pas mettre en valeur les musulmans pro-américains et sans ambiguïté anti-terroristes – ces musulmans qui ont désespérément besoin de soutien ?

La plupart des mosquées et des centres islamiques dans notre pays sont contrôlés à un degré plus ou moins grand par ces Frères Musulmans et ses satellites. Le Trust (2) Islamique Nord-Américain (North American Islamic Trust : NAIT) a été fondé au début des années 70 pour acheter des propriétés pour l’établissement de mosquées américaines et de « centres islamiques », ces derniers étant ce que les Frères Musulmans appellent « l’axe » du mouvement islamiste en Amérique. La Société Islamique d’Amérique du Nord (Islamic Society of North America : ISNA) fournit des publications et des imams vétérans. Le NAIT et l’ISNA ainsi que le CAIR et les autres groupes des Frères Musulmans ont été identifiés par le Ministère de la Justice comme des coconspirateurs non inculpés dans le procès contre la Fondation de la Terre Sainte (Holy Land Foundation). Ces islamistes doivent leur vision aux Frères Musulmans. D’une façon aussi importante, ils doivent leur vitalité, leur influence et leur pouvoir à leurs patrons financiers du Moyen-Orient et particulièrement les Saoudiens.

Le Royaume [Saoudien] et les Frères Musulmans ont conjugué leurs efforts pendant un demi-siècle pour étrangler les communautés des musulmans américains. Ils se sont fait les prosélytes d’une interprétation fondamentaliste de l’islam – amalgame du wahhabisme saoudien et du salafisme des Frères Musulmans – qui est antioccidentale d’une façon virulente. Ses instructions aux musulmans aux Etats- Unis, au Canada et en Europe sont : Immigrez mais ne vous intégrez pas, infiltrez mais ne vous assimilez pas.

La charia ou la liberté religieuse ?

Cette forme d’islam [salafo-wahhabite] est conçue pour créer des enclaves musulmanes parallèles, qui résistent à la culture américaine de liberté et à la civilisation occidentale, créant justement des zones de non-droit qui tuent la liberté, zones qui s’étendent maintenant à travers toute l’Europe. Elle est conçue pour étouffer la liberté religieuse, pressant les musulmans américains d’adopter les mœurs sociales des islamistes, leurs pratiques financières et leur conception antioccidentale. Et le dispositif autoritaire en usage pour instaurer et contrôler ces enclaves, c’est la charia qui est le cadre légal et politique de l’islam qui aspire à contrôler tous les aspects de la vie, pas seulement la vie spirituelle, mais toute la vie.

C’est l’objectif des Frères Musulmans de faire entrer la charia dans la loi et la culture américaines. Cette mission dirige le travail de l’imam Faisal Rauf comme cela a été décrit par Christine Brim du Centre de la Politique de Sécurité (Center for Security Policy) dans un rapport qui saute aux yeux sur le site internet Big Peace d’Andrew Breitbart.

Depuis 2006, Rauf a développé le Projet Programme de la Charia (Sharia Index Project). Ses partenaires dans cette entreprise incluent un Frère Musulman de longue date, le leader Jamal Barzinji, officiel de haut rang à l’Institut International de la Pensée Islamique (International Institute of Islamic Thought : IIIT). Le IIIT, soutien majeur du terroriste condamné Sami al-Arian, est l’un des satellites des Frères Musulmans qui ont réédité le livre de Rauf Ce qui convient à l’islam est ce qui convient à l’Amérique » (What’s Right with Islam is what’s Right with America) livre qui est sorti en Malaisie sous le titre plus éloquent de Un appel à la prière depuis les décombres du World Trade Center : Mission islamique au cœur de l’Amérique de l’après 11/9 (A call for Prayer from the World Trade Center Rubble : Islamic Dawa in the Heart of America post 9/11). (L’autre organisation des Frères Musulmans qui est derrière la réédition du livre de Rauf est l’ISNA, citée précédemment). Comme l’explique Mme Brim, le but du Projet Programme de la charia (Sharia Index Project) de Rauf est de répertorier la conformité à la charia de chaque pays, avec l’optique de contraindre à adopter la charia et de la renforcer davantage.

Les Etats-Unis ne vont pas devenir de sitôt un État de la charia. Ce fait évident a ses commentateurs qui ricanent face au péril qui gagne du terrain au moment même où nous regardons l’Europe succomber devant nos yeux, comme si les zones de non droit (no-go zones), les crimes d’honneur, la balkanisation de la société et l’étranglement de la liberté ne surviendraient jamais ici. Mardi, par exemple, dans une colonne par ailleurs perspicace sur l’incohérence de la Gauche dans la controverse sur la mosquée de Ground Zero, James Toranto du Wall Sreet Journal balaye avec désinvolture les « délires d’une frange de la Droite à propos de la charia ». Mais est-ce que les inquiétudes sont des « délires » et est-ce qu’elles sont vraiment confinées à la frange de l’aile droite ?

C’est ainsi que dans le Journal le même jour, Bret Stephens a rédigé un essai cinglant à propos des musulmans « modérés » qui s’avèrent ne pas être si modérés. Comme contrepoint, il présente une réformatrice musulmane courageuse et progressiste, Irshad Manji. Au lieu de prétendre que la doctrine musulmane n’a rien à voir avec le terrorisme, Mlle Manji affronte franchement la doctrine et œuvre à la changer. Qu’est ce qui nécessite du changement ? Comme elle l’illustre dans son livre envoûtant Le problème avec l’islam aujourd’hui : Un appel d’une musulmane pour la réforme dans sa religion (3) (The Trouble with Islam Today : A Muslim’s Call for Reform in her Faith), bien des maux de l’islam proviennent de la sclérose de la charia. La charia, explique-t-elle, représente les opinions légales des juristes musulmans classiques, gelées depuis un millier d’années et, depuis, imperméables au questionnement critique.

Gelée, elle le reste la charia, grâce à l’atavisme de ses zélotes, parmi lesquels figurent au premier rang les Frères Musulmans, organisation fondée par des fondamentalistes dans les années 1920 et généreusement financée par les Saoudiens depuis les années 1950, bande que Manji décrit avec justesse comme « l’Al Qaeda de sa génération ». Ces islamistes sont les vrais ennemis de la liberté religieuse. Ce sont eux qui privent les musulmans modernes du droit de raisonner indépendamment, d’évoluer.

Que les partisans de la mosquée de Ground Zero la construisent ou non, la cause qu’ils défendent, contre la volonté du peuple américain et, de façon perverse, sous le prétexte de « liberté religieuse », est une cause islamiste. Ce n’est pas la cause des musulmans américains. C’est la cause des Frères Musulmans qui exigent que ce monument soit imposé en ce point sacré.

C’est un « considérable réconfort » écrit M. Stephens, « de savoir qu’il y a des musulmans comme Irshad aux Etats-Unis qui œuvrent, sans relâche et surtout hors des projecteurs, pour la cause de la réforme. Ils devraient avoir plus de soutien et de reconnaissance ». Mais, naturellement, leur travail infatigable doit se dérouler « hors des projecteurs » parce que les islamistes ont rendu leur travail trop dangereux pour eux s’ils le font ouvertement. Et ils sont privés de soutien et de reconnaissance parce que la classe dirigeante post-américaine a laissé la place dans son lit aux vendeurs de la charia comme Rauf, qui blâment l’Amérique pour le 11 septembre et se refusent à dire que le Hamas est une organisation terroriste.

En contraste, les musulmans américains estiment que le 11 septembre était aussi une attaque contre leur pays. Leurs chefs émergents, comme Zuhdi Jasser et Steven Schwartz, ont lancé des organisations – respectivement le Forum Américain islamique pour la Démocratie (The American islamic Forum for democracy) et le Centre pour le Pluralisme Islamique (Center for islamic Pluralism) qui promeuvent la liberté et permettent aux musulmans d’échapper aux griffes des Frères musulmans. Comme MM. Jasser et Schwartz le déclarent, les musulmans américains comprennent la signification de Ground Zero pour notre nation, pour les familles de ceux qui ont été massacrés et pour l’ennemi contre lequel nous continuons à nous battre. Ils savent que, par opposition à l’intolérance innée des Etats de la charia, les Etats-Unis ouvrent leurs bras aux peuples de toutes croyances, y compris les musulmans. Comme Mlle Manji, ils luttent, contre une opposition intimidante, pour forger un islam qui embrasse les valeurs occidentales, qui respecte la foi religieuse mais lui dénie une autorité temporelle.

La controverse de la mosquée de Ground Zero ne concerne pas la liberté religieuse des musulmans. Le sujet est de savoir quel islam va se développer aux Etats-Unis : l’islam qui combat les Américains ou celui pour qui les musulmans américains combattent ?

Andrew C. McCarthy (*)

(*) Procureur principal dans le procès de l’attaque terroriste du World Trade Center à New York en 1993. Auteur du livre Le Grand Jihad : Comment l’Islam et la Gauche sabotent l’Amérique (The Grand Jihad : How Islam and the Left Sabotage America).
Article publié par « Act for America » www.actforamerica.org le 24/08/2010.

Traduit de l’américain par Bernard Dick

(1) Ahmad Sobhi Mansour, La mosquée des méfaits à New-York. www.ssrcaw.org. 12/09/2010. Sur la complicité entre Frères Musulmans et Arabie Saoudite : Les racines du terrorisme dans l’idéologie du wahhabisme (en arabe).

(2) Société fiduciaire.

(3) Irshad Manji, Musulmane mais libre, Grasset, 2004.

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