Quelques impressions de la campagne…

Publié le 2 août 2010 - par

Court séjour familial dans l’Aquitaine des petites villes. On bavarde autour de la plancha, en buvant du pastis et du rosé. La discussion glisse inévitablement sur le terrain des violences urbaines, du communautarisme, de l’Islam. Etonnement. La situation à Paris et même dans des villes moyennes touchées par ces phénomènes est vue par le gros bout de la lorgnette. C’est loin, difficilement étalonnable, les médias en parlent finalement assez peu et évacuent à grande vitesse ces sujets qui risquent de fâcher.

Une réflexion est lâchée : “de toute façon, il est trop tard”. À la question “trop tard pour quoi exactement?” répond une moue sceptique. On ne sait pas trop pourquoi il est trop tard. C’est dans l’air du temps. On a laissé faire, désormais, on subodore un mécanisme en action dont on ne cerne pas bien les limites, la puissance, les effets directs et collatéraux.

Nous sommes à la campagne, il fait beau et tout est silence. On s’ébahit d’apprendre qu’à Paris, dans certains arrondissements, des rues sont barrées à heure fixe pour permettre la prière du Vendredi. Une parente habitant la rue Myrha a même été invitée à quitter ses chaussures pour rentrer chez elle (info vérifiée).

-Quoi? On lui a demandé de se déchausser?!

-Oui.

-Et qu’a-t-elle répondu?

-Qu’elle le ferait le jour où il n’y aurait plus de tapis.

-C’est bien d’elle, ça.

On ne savait pas. Des rues barrées! La télé n’en parle pas, elle ne montre rien sur le sujetl. La télé! Ce siècle dit de la communication instantanée serait-il en vérité celui des ignorances les plus crasses, des non-dits les plus éhontés? C’est presque trop gros pour être vrai. Un doute persiste dans les esprits, en fin de compte exaspérant. On passe à autre chose, les fêtes de Juillet, les cartels des corridas, la plage, les enfants, les avantages de la plancha par rapport au barbecue. Sieste en vue.

Corse du Sud. Un ami médecin lassé des départements limitrophes s’y est installé, à soixante ans. Gardes, visites jour et nuit, solitude et pas de successeur en vue.

-Mais pour rien au monde je ne retournerais dans le 77.

C’est dit. Son village est plein de touristes, on y bouchonne en voiture. L’hiver prochain, ils seront 150 survivants, il y aura cinq maisons habitées dans la rue principale, à mille mètres d’altitude.

-Méditation et flambées. Ca me va.

Sur les hivernants, une vingtaine de travailleurs immigrés. Le confrère y visite des malades.. Excédé de trouver partout des écrans relayant les prêches des imams et la grand-messe de La Mecque, il a posé la question de savoir si l’on en avait pas un peu marre de baigner là-dedans du soir au matin, alors que l’on vit, avec ses enfants français, dans les plus belles montagnes d’Europe, qui plus est dans un pays qui s’appelle la France, où il se passe tout de même pas mal de choses intéressantes.

– Nous sommes croyants.

Argument unique et définitif. Histoire, Ushuaïa, Gulli, TF1, même, c’est pour les indigènes.
La question d’un lieu de prière commence à se poser.
Alors, on rentre à Paris dans un drôle de coton. Tout ça vous trotte dans la tête. On appelle ça subir un climat délétère.

On se dit qu’il faut chasser ces vapeurs-là de son esprit. La rentrée, notamment scolaire, va réserver son lot de surprises. Généralement, elles ne sont pas très bonnes. Les futurs programmes d’Histoire sont une farce à l’aise dans le paquet-cadeau. Trois heures pour deux siècles essentiels (17è et 18è), à ce qu’on dit. Et on est loin d’avoir tout vu, tout lu, tout entendu.

J’ai eu deux petits-fils cette année. Ils auront un grand-père enseignant, qu’ils le veuillent ou non!

Bonnes vacances et bon retour à tous les défenseurs de la République (celle que nous chérissons, une, indivisible et laïque).
A très bientôt donc.

Alain Dubos

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