Quick joue la restauration islamique contre la République laïque

Publié le 24 février 2010 - par
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Il y avait eu l’affaire du Franprix d’Evry. En 2002, cette épicerie de la région parisienne avait décidé de passer au « tout-halal » et de ne proposer à ses clients ni porc ni alcool. Manuel Valls, maire PS de la ville, avait vivement protesté et fait fermer le commerce, officiellement pour conditions d’hygiène non conformes, une décision finalement cassée par la justice. Démonstration de la façon dont l’islamisation de note société passe par un usage du droit et des libertés que les fossoyeurs d’une France laïque et républicaine savent retourner contre elle, où la justice n’est pas la mieux placée pour juger d’enjeux politiques sous-jacents à des faits qui la dépassent.

Quick et le bizeness halal, la fin justifie les moyens !

Désormais, c’est la chaîne de restauration rapide Quick de se mettre au cœur de cette polémique. Nous avions déjà dénoncé dans Riposte laïque le fait que la chaîne KFC revendique de vendre du poulet halal dans tous ses restaurants. Depuis quelques mois, la chaîne Quick ne vend que des hamburgers halal dans huit de ses trois cents soixante-deux restaurants français. L’expérimentation, lancée pour six mois, a commencé en juillet à Toulouse, avant de s’étendre à Argenteuil (95), Garges-lès-Gonesse (95), Buchelay (78), Villeurbanne (69), deux restaurants de Marseille, et Roubaix (59) depuis le 30 novembre.

Ainsi, le bacon est à présent banni des tranches de pain, remplacé par de la dinde fumée, et du bœuf certifié halal, c’est-à-dire tué dans les règles par un « sacrificateur agréé ». L’expérience « hamburger halal » est signalée à l’entrée des huit restaurants tests par des affiches indiquant que « le Burger Strong Bacon n’est pas disponible à la carte de ce restaurant » où « les viandes proposées sont certifiées halal ». Un scandale bien à l’image de la morale de l’argent roi où le seul objectif est de faire du fric sur le dos de tout et en dépit de toute autre considération.

Des réactions qui rejettent cette contamination entre commerce et islamisation des quartiers

Lorsque le maire socialiste de Roubaix apprend que ses administrés sont privés de cochon depuis plusieurs mois, son sang ne fait qu’un tour. Dans La Voix du Nord datée de lundi, René Vandierendonck annonce qu’il ne souhaite pas que l’expérience soit reconduite et menace de saisir la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). « Je me félicite que Quick adapte son offre aux consommateurs en proposant du halal, mais ça va trop loin quand on ne propose plus que cela, cela devient discriminatoire », explique l’élu au Monde.fr, avant de rappeler qu’il est membre du Haut Conseil à l’intégration. Quick étant le seul fast-food du centre-ville, il juge anormal que les clients n’y trouvent pas « les mêmes produits » que dans toute autre franchise du territoire : « Oui à la diversité, non à l’exclusion », résume-t-il. D’ailleurs, le maire de Roubaix, est allé courageusement au bout de sa démarche et a porté plainte auprès du procureur de Lille, jeudi, pour « discrimination » contre l’enseigne.

Chez Quick France, on explique vouloir poursuivre cette expérimentation jusqu’à son terme pour « valider l’intérêt et la faisabilité technique de cette offre commerciale », alors que le marché de l’alimentation halal en France est une « niche » en plein essor, évaluée à près de 5,5 milliards d’euros pour 2010, selon Solis, un cabinet spécialisé dans les études marketing ethniques. « Nous voulons seulement voir comment la clientèle réagit à cette offre », explique la marque, n’hésitant pas à prendre l’opinion publique pour plus bête qu’elle n’est. Le petit peuple est censé ne rien n’y comprendre et les élus de la République invités à garder le silence car ici il n’y aurait rien à voir, puisque la question ne regarderait que le domaine du commerce et des prises de position sur un marché porteur ! C’est le même mépris que celui des spéculateurs pour les dégâts faits sur notre société et les millions de personnes touchées par la crise économique, mais cela passe évidemment par perte et profit de cette morale qui n’en est pas une. Le capitalisme n’a décidément rien, mais rien, de moral !

Une logique économique qui a du mal à passer auprès de certains responsables politiques. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a ainsi fait part de ses réticences, soulignant qu’il n’était « pas un fana du communautarisme ». « C’est précisément parce que [le fast-food] ne laisse pas de choix aux clients non musulmans que cette attitude est inadmissible », s’est quant à lui indigné le député UMP des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié. Le maire de Roubaix estime enfin que la « discrimination » est d’autant plus insupportable que Quick est une « enseigne nationale », propriété de la Caisse des dépôts et des consignations, le bras financier de l’Etat.

Fadela Amara et Cécile Duflot au secours de Quick au nom d’une diversité qui joue contre la société

Selon Fadela Amara, qui s’illustre encore après sa dernière sortie où elle reprenait l’argument de son mentor du karcher à son compte en matière de politique de la ville, elle explique concernant cette polémique que ce qui l’inquiète « c’est qu’elle crée la confusion (…) Dans cette affaire de fast-food, on mélange, à tort, communautarisme et diversité. » selon elle. « Le communautarisme, c’est autre chose. Le voile intégral, par exemple, ça, c’est un véritable scandale », déclare-t-elle. Comme c’est facile, dans la continuité des gages qu’elle peut donner aux tenants du communautarisme en France sur un mode des plus démagogique en se déclarant faire le Ramadan.

« Aux dernières nouvelles, Quick n’est pas un service public (…) Nous parlons bien ici d’une entreprise privée, qui veut occuper un marché pour faire du business », ajoute-elle ! On reconnaît bien là veine libérale à laquelle aujourd’hui elle adhère sans retenue Mais pire, elle conclut en reprenant un de ces arguments qui servent à détricoter chaque jour un peu plus la laïcité : « La véritable question que pose cette polémique, c’est la non-acceptation par ses élites de la diversité de ce pays…. »

Fadela Amara peut se féliciter, elle joue parfaitement l’ouverture à gauche de son Président préféré, suivie de près qu’elle est sur ce sujet par Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, qui voit quant à elle des « relents islamophobes » dans la polémique sur la vente de hamburgers halal comme elle l’a déclaré dimanche sur Radio J. « Franchement, c’est la liberté du commerce. Il est où le problème ? Le problème, il est dans le discours tel qu’il s’est instillé depuis quelques mois, sinon quelques années, en France, qui est de systématiquement stigmatiser ce qui a partie liée soit avec la religion musulmane, soit avec une partie de l’histoire de l’immigration en France », a-t-elle ajouté.

Décidément tous ces libéraux se ressemblent. Derrière cette affinité de positions, on retrouve les défenseurs d’une Europe fondée sur le principe d’un marché à la concurrence libre et non faussée, autrement dit d’un projet où les Nations sont réduites à l’état d’esclavage par une économie libérale débarrassée de toute entrave où l’Etat se désengage de son rôle qui est précisément de protéger les citoyens contre ses excès. On en connaît le prix, qu’on nous fait payer en bas en ce moment même, pour éponger les dégâts faits contre la société par ces spéculateurs qui du haut de leurs dividendes continuent de satisfaire leurs individualismes égoïstes et anti-humanistes.

Il y a dans ce marché de l’économie ethnique encore de beaux jours pour tous ces arriérés de l’histoire qui veulent faire du capitalisme l’horizon de sa fin, en s’appuyant sur des politiques qui leurs sont tout acquis et qu’il faut pointer comme les ennemis du peuple.

Ce que ne veulent pas voir ces avocats de l’économie libérale et du clientélisme ethnique, c’est qu’ils favorisent par leurs discours l’influence d’une tradition religieuse telle que l’islam qui se radicalise chaque jour un peu plus avec des soutiens de l’étranger qui sont connus, pour peser sur nos concitoyens d’origine de pays arabes pour qu’ils n’aient pas d’autres choix que de se soumettre à une logique communautaire de plus en plus dangereuse pour l’unité, la solidarité de notre société y compris même ses libertés, lorsqu’on voit la montée des revendications communautaires et les limites franchis.

Dénoncer un concept de diversité mis au service de l’islamisation de la France

Rappelons à ces apôtres du bizeness ethnique, que tout d’abord ceux qu’on désigne comme les juifs et les musulmans dans leur large majorité ne s’identifient à aucune notion de communauté et ne mangent pas plus halal ou cachère, montrant qu’il n’y a donc aucune obligation à cela qui aurait à voir avec des gènes religieux correspondant à une marque de la diversité.

Cette volonté d’identifier des restaurants entiers à une communauté religieuse n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Ceci advient dans un contexte de victimisation à outrance de la population d’origine immigrée, particulièrement des musulmans doublé d’une mise en accusation permanente de la France comme pays discriminant avec sa laïcité, l’égalité étant présentée comme un obstacle à la réussite de ce que l’on nomme les minorités visibles, pour la remplacer par l’équité qui introduit la notion de traitement des individus selon des droits appuyés sur une différence.

Les restaurants halal de Quick sont dans la continuité d’un discours qui présente systématiquement les personnes d’origine maghrébine comme des musulmans faisant corps au sein d’une communauté dans laquelle tous se reconnaîtraient. Lorsque France Infos lors du début du Ramadan exprime que « c’est aujourd’hui quatre millions de musulmans qui commencent le Ramadan », ce qui est faux car toutes les personnes d’origine maghrébine qu’on confond avec musulmans ne le font pas systématiquement, c’est une façon d’appuyer sur une dimension identitaire en la grossissant pour créer les conditions que s’exerce une pression terrible sur ceux qui ne le font pas. C’est aussi contribuer à définir un principe de diversité qui se fonde sur une pratique religieuse, poussant tout simplement ici à une discrimination selon la religion des millions de personnes qui ne se reconnaissent nullement dans ce fait. L’air de rien, derrière de bons sentiments, on contribue à une grave atteinte aux libertés de ces personnes.

Ce discours bien pensant de la diversité, participe d’un discours sur le bon croyant qui a à voir avec la vertu, principe extrêmement dangereux, qui pousse à ce retour d’une pratique religieuse marquée par le respect de la tradition avec tout ce qu’elle contient dont la charia et juste derrière du voile, de la burqa. Donc, cet argument de la diversité là est déjà à dénoncer comme un retour en arrière et non comme une normalité avec laquelle il faudrait faire.

Ne pas banaliser ce nouveau pas franchi dans le communautarisme économique

Certains peuvent être tentés de banaliser la chose en disant qu’il existe bien des restaurants maghrébins, où certes on ne sert pas de porc, mais ajoutons immédiatement que la viande qu’on y propose est loin d’être toujours abattue sur le mode du rite musulman et surtout sans que cela constitue un argument de vente. Quant aux restaurants rapides du type Kébab, il ne s’agit que d’initiatives individuelles à une échelle de commerce en général, très modeste, où on n’affiche pas comme un argument de vente non plus la viande halal mais le côté vite préparé et pratique à manger. Avec la chaîne des Quick halal il s’agit de toute autre chose, d’une opération qui consiste à capter un marché sur une base rituel, religieuse, communautariste. Dans le domaine marchand n’y a-t-il vraiment aucune limite et pas de principes ? C’est une drôle d’image de donner à la liberté du marché, à la conception qu’on y induit de la concurrence, de la façon de faire de l’argent, qui n’est pas très reluisante.

Mais il est vrai que « l’exploitation de l’homme par l’homme » tel que Marx définissait le capitalisme, a dès ce point de départ quelque chose d’une morale qui ne retient de l’existence en société que la réussite personnelle et matérielle contre les autres, autrement dit, peu importe les moyens pourvus qu’on ait les fins. C’est exactement la philosophie de la chaîne de restauration rapide Quick. Sa seule morale, c’est la liberté de faire de l’argent à l’aune de tous les arguments, y compris, quitte ici à participer de mettre en péril le vivre ensemble, à encourager l’auto-apartheid du ghetto, à apporter sa pierre à la fracture de notre société, à saper les valeurs qui sont à la base de notre République et de l’esprit de nos institutions.

L’initiative privée ne peut totalement oublier qu’elle se fait dans le cadre d’une société dont la cohésion sociale n’est pas le denier des enjeux, et où l’intérêt général reste le cadre premier, l’Etat comme expression de l’intérêt supérieur de la nation, de l’égalité, en dehors de quoi le chaos n’est pas loin.

Les restaurants islamiques : de l’irresponsabilité à la concurrence déloyale

Les restaurants Quick d’autre part, ne sont pas seulement des commerces importants qui ont une réputation nationale ce qui confère à ceux qui en dirigent la chaîne des responsabilités, mais encore plus, par le fait de l’implantation de ceux-ci, dans des quartiers populaires, où on retrouve déjà une large population des quartiers où la mixité sociale est à préserver lorsqu’elle n’a pas déjà disparue par fait d’enfermement communautaire. Ce qui va se passer avec ces restaurants totalement halal, c’est tout simplement le regroupement d’une population par affinité religieuse. Les dirigeants de Quick ont beau clamer que ces restaurants restent ouverts à tous, il est évident qu’ils attireront beaucoup moins celui qui n’est pas musulmans qui hésitera à aller se mêler à une population univoque, d’autant que l’on sait ce que la religion musulmane pensent de ceux qui ont une autre religion ou sont des mécréants.

De plus, ceux qui ne sont pas musulmans et sont promis à se retrouver avec en bas de chez eux un restaurant de ce type, commencent à vivre une situation qui ne peut que contribuer à créer un sentiment d’exclusion des populations non-musulmanes poussées encore un peu plus à aller ailleurs, favorisant ainsi un enfermement encore plus sûr. Cette démarche commerciale procède d’un encouragement au repli identitaire d’une partie de nos concitoyens et à l’exclusion des autres, ce qui convoque la responsabilité du politique, qui ne saurait nier son rôle en regard de cette évolution qui surfe sur un sujet de société extrêmement sérieux pris en otage de la loi de l’argent, du bizeness.

Madame Fadela Amara avec son plan banlieue sans lendemain, ses initiatives de discrimination positive, est la honte de la laïcité et a bien tourné les talons à la profession de foi qu’elle défendait à NPNS, car ces restaurants vont contribuer un peu plus encore à ce que des jeunes filles n’est pas d’autres choix que le port du voile dans ces espaces y compris alimentaires complètement communautarisés. Sans compter encore, avec ce que cela donne comme gages à ceux qui vont se sentir à travers ce signe d’un membre du gouvernement les coudées franches pour défendre le droit à la burqa comme une liberté individuelle, celle du consommateur libre d’acheter ce que le marché lui propose et de le porter où et quand il le veut. La défense de ce qu’il faut bien appeler une « restauration islamique », est le fin du fin de l’autoséquestration d’une partie de la population française par une religion. Bravo encore à cette nouvelle trahison du peuple et des droits des femmes.

Pensons aussi à l’effet d’entraînement au nom de la concurrence poussant d’autres chaînes de restaurants à prendre le même parti, lançant encore un peu plus loin ce phénomène avec ses effets catastrophiques contre toute idée de faire société. Mais quelle citoyenneté cela nous prépare donc, derrière le discours de ceux qui disent vouloir la rendre plus effective pour les populations issues de l’immigration largement d’origine de pays musulmans ?

N’est-il pas question ici d’ailleurs de concurrence déloyale en regard du procédé utilisé ? Ce stratagème par lequel capter une part d’un marché en se le réservant ne peut-il pas être dénoncé comme un hold-up commercial sortant du cadre des règles de la concurrence ? Il est vraisemblable que le credo de la liberté du marché rejetant toute contrainte sous l’argument de s’équilibrer selon le rapport de l’offre et de la demande ne sera pas contestée laissant la fameuse main invisible du marché n’en faire une fois de plus qu’à sa guise. Nous laissons la liberté aux autres enseignes de s’intéresser à cet aspect du problème.

Un hold-up ethnico-commercial immoral auquel il faut opposer le droit à faire humanité

Pour nous, laïques, de toute façon le problème est ailleurs et d’une bien plus grande gravité dans l’ordre des enjeux de société. Les Quick halal doivent être dénoncés pour ce qu’ils sont, des restaurants islamiques pro-communautaristes qui mettent en péril notre vivre ensemble et l’esprit même de nos valeurs fondamentales qui sont au cœur de notre République. Le droit commercial ne saurait tout excuser, le marché apparaissant une fois de plus ici comme ailleurs tel un fossoyeur de la vie en société, car c’est fondamentalement la logique capitaliste qui l’anime qui casse tout, de la crise économique au communautarisme destructeur des solidarités, qui est ici à l’œuvre contre l’homme et toute idée de faire humanité. Voilà pourquoi il faut donner à notre République laïque et sociale un droit supérieur à la liberté d’entreprendre, le marché ayant pour cadre premier, rien d’autre que l’intérêt général qui s’oppose lui à l’islamisation de la France.

Guylain Chevrier

historien

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