Rayhana et le bal des hypocrites

Publié le 18 janvier 2010 - par
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L’affaire Rayana fait du bruit. Rayana, cette comédienne algérienne agressée pour avoir écrit une pièce trop féministe : « A mon âge, je me cache encore pour fumer ». Le landernau médiatique, y compris France Inter qui d’ordinaire célèbre plutôt le Ramadan, s’est mobilisé. Le cercle habituellement invisible des féministes de service, est monté au créneau. Il y a même une manif de soutien samedi 16 janvier.

Tout ça ne mange pas de pain, dirait mon gardien. On se drape dans une indignation de bon ton. On reste dans l’aval. Jamais on ne se demande d’où tombe ce genre d’agression. Aucun lien de cause à effet n’est établi. Rien à voir entre la brochette de « fronts à terre » musulmans qui s’exposent chaque vendredi dans notre capitale, entravant la libre circulation des citoyens et ce faux pas regrettable certes , mais exceptionnel. Ni entre les revendications communautaristes envahissantes ( dont notre journal se fait l’écho régulièrement) , et ce faux pas certes regrettable, mais exceptionnel. Si nos responsables politiques et nos medias avaient fait le lien et eu le courage de dire stop à temps, il n’y aurait pas eu de cas Rayana. Mais leur lâcheté nous prépare des lendemains qui brûlent .

Et les féministes ? Où sont elles passées quand il s’agit de prendre position pour ou contre la loi sur la burqua ? Elles condamnent toutes la burqua, mais à la loi, elles préférent le dialogue. On ne dialogue pas avec des fantômes, ils n’appartiennent pas à notre monde. Aujourd’hui c’est du sang de navet qui circule dans les veines de la majorité des féministes. Elles ont peur. Peur de choquer, peur de froisser les linceuls culturels. Mais où sont les happening d’antan ? Où s’est enfui notre humour ravageur ? Nous n’aurions pas hésité alors à nous afficher dans les rues, toutes emburquanisées, brandissant des pancartes pour « la liberté de porter le voile » ? Ou encore toutes déguisées en pin up ( il paraît que la mode des pin up revient ), escortées de nos hommes voilés, les yeux pudiquement baissés ? Ou encore nous aurions réalisé ce vieux rêve : recouvrir d’une burqua la statue de la République .

Aujourd’hui, la majorité des féministes est tout juste bonne à faire des colloques savants, à pondre à satiété des ouvrages sur « le genre » que personne ne lit. Ou à gueuler contre les violences faites aux femmes, sans vouloir admettre qu’il y a des cultures plus cogneuses. que d’autres Le cerveau recolonisé par les credo gauchistes, elles sont revenues à leur bienséance de bonnes femmes habituées à la boucler. Et de nous servir l’antienne sur le bon islam et l’autre. Le Coran ? elles ne l’ont jamais lu , mais on leur a dit que c’était un texte plein de tolérance.

Moi, j’ai osé demander le 8 décembre à Nantes devant une salle de 150 personnes, qui avait lu le Coran. Aucun doigt levé. J’ai osé, sans ambages, refuser de ne pas établir de lien entre islam, qui veut dire soumission, et islamisme, qui prétend soumettre tout le monde à Allah (akbar). Savez vous ce qu’il m’en a coûté ? Une menace de communiqué dénonçant mes « propos racistes » et à défaut un compte rendu salé dans la revue de l’Espace qui m’avait invitée : « Nous avons rapidement constaté qu’Anne Zelensky, tant par son attitude que par les expressions qu’elle a employées, choquait une partie de l’auditoire. Ses propos ont été jugés trop péremptoires, beaucoup estimant qu’elle n’établissait pas de différence entre la majorité des musulmans qui pratiquent un Islam ouvert et les islamistes intégristes. L’Espace …regrette sincèrement les paroles réductrices et stéréotypées tenues par Anne Zelensky ce soir-là. »
Voilà qu’on s’excuse à ma place de ce que j’aurais dit ! J’ai appris par la bande que le CA de l’association, qui m’avait invitée, en majorité vert, avait envisagé donc de publier un communiqué dans la presse locale, pour dénoncer mes « propos racistes ». Pour éviter cela, la présidente de l’association a dû accepter d’écrire les lignes ci dessus. Ah ! les bonnes vieilles méthodes stal, que nos gauchistes n’hésitent pas à appliquer quand on les contrarie !

La leçon de cette triste fable ? Quand une féministe algérienne est agressée, on s’indigne, à juste titre. Quand une féministe française donne des pistes pour comprendre cette agression, et dit ce que tout le monde pense, à savoir qu’il y a un lien entre une certaine idéologie et des conduites agressives ou provocatrices, elle est agressée par les mêmes qui se mobilisent pour l’algérienne.
La française voudrait juste éviter que d’autres algériennes se reçoivent un jet d’essence en pleine gueule.

Anne Zelensky

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