Redéfinir l’espace public

Publié le 6 juillet 2009 - par
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Le débat sur les signes religieux dans l’espace public revient sur le devant de la scène. Après Mme Hostalier et M Myard, un élu de gauche a enfin pris les choses en main, a écouté ses compatriotes, entendu le malaise qui grandit dans la société française face à l’abus de prosélytisme de la religion musulmane. La première offensive, dite du voile à l’école, date de vingt ans, elle visait la laïcité. La seconde offensive, que nous voyons depuis quelques années s’attaque à nos espaces partagés, par une affirmation plus visible encore, comme une volonté de quadrillage de l’hexagone. Cet affichage religieux ne peut se faire qu’avec la complicité des femmes, puisque c’est par elles que ce marquage s’effectue ; alors on les encourage, pas officiellement bien sûr, à en faire plus. (tchador, niqab, burqa)

Monsieur Sarkozy, en prônant ouvertement la supériorité de la croyance religieuse sur la non-croyance, n’a-t-il pas, par la hiérarchisation qu’il a affirmée, encouragé cette démarche ? Rappelons-nous des discours de Latran et de Ryad. Maintenant, il est un peu dépassé par les évènements. Pour affirmer leur foi, tellement appréciée par notre Président, certaines vont vraiment très loin.

De la part des responsables du culte musulman il y a deux discours, le premier officiel est : « ces vêtements ne sont pas obligatoires, mais si les femmes veulent les porter c’est leur choix et en les interdisant vous attaquez leur foi et leur liberté »

Le second est inconnu du grand public, il est porté par les imams prédicateurs qui demandent aux jeunes femmes nouvellement converties, j’en ai rencontrées, de bien se distinguer des « mécréants » que sont les autres Français, de montrer qu’elles sont meilleures que les autres musulmanes non voilées et que les valeurs de l’Islam sont supérieures à toutes les nôtres. Pour cela il faut porter partout le voile et mieux encore, le tchador, ou le voile intégral.

Alors face à tout cela n’est-il pas temps que les athées, se fassent entendre, n’est-il pas temps qu’on les écoute enfin? N’est-il pas temps de redéfinir ce qu’est l’espace public, le respect que les croyants doivent aux non croyants dans ces espaces partagés ? Ne pas imposer aux autres, et aux femmes en particulier, la violence des voiles sous toutes leurs formes. L’affichage religieux, le prosélytisme n’ont-ils pas des limites ? Où sont-elles ? N’est-il pas urgentissime de les fixer ? Cette discussion doit avoir lieu, même si elle s’avère difficile, car trop tardive.

Depuis la loi de 1905, aucune religion ne s’est jamais permis d’agir de la sorte. Nombreux sont les musulman(e)s qui pensent, aussi, que ça va trop loin. La convivialité de notre société, la mixité républicaine sont en jeu. Les élus doivent entendre toutes les voix, et aussi les voix des athées. Mais, en ces temps du tout religieux souhaité par notre Président, ont-ils encore le droit à la parole ?

Chantal Crabère

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