Redeker chez Ruquier, ou les incohérences des islamo-compassionnels

Publié le 27 mai 2008 - par
Share

L’émission de télévision du dimanche 18 mai 2008 opposant Robert REDEKER à plusieurs célébrités aura eu au moins le mérite de nous offrir un portrait inédit des Islamo-compassionnels. Peut-être que les Islamo-compassionnels présents ce soir-là sur le plateau se sentiront dépossédés de leur unité personnelle par cette appellation composée, ce que je comprendrai fort aisément, vu leur appétence à l’égard de l’ego – dont le corollaire est la carence à l’égard des idées : il aura d’ailleurs suffi que Robert REDEKER conceptualise un tant soit peu pour les perdre aussitôt, car ils n’ont pour idées que des images, qu’ils nous demanderont bientôt de colorier !

Il reste que c’est dans l’univers de l’idée que je tiens présentement à les faire entrer pour qu’ils entrent mieux en eux-mêmes.

Qu’est-ce donc qu’un Islamo-compassionnel ? C’est un docte de la vacuité bienpensante, pour qui le droit à la différence est le sommet de l’humanisme. En ce sens, un Islamo-compassionnel est un humaniste. Mais comme la différence par excellence est aujourd’hui l’islam dans son rapport à l’Autre, un Islamo-compassionnel est aussi un humaniste de l’islam. De là à conclure que l’islam est un humanisme, il n’y a qu’un pas… que je ne franchirai point, l’islam ne relevant pas de l’humain mais du divin !

Qu’est-ce, en effet, qu’un humanisme ? C’est une défense de l’homme par l’homme. Cet homme, c’est l’être humain. Qu’il soit de sexe féminin ou masculin, c’est toujours de l’homme qu’il s’agit : les Islamo-compassionnels en sont convaincus Or, l’islam différencie la femme et l’homme au seul profit de ce dernier : même à la plage, la femme se doit d’être voilée, quand l’homme a le loisir d’être en maillot. Telle est la première incohérence des Islamo-compassionnels, dont on sait l’attachement à l’absolue parité homme/femme.

Mais ce n’est pas tout : à force de répéter que toutes les croyances sont respectables, on en oublie que ces mêmes croyances peuvent être la loi, comme c’est le cas dans l’islam – ce dernier ignorant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est-à-dire la laïcité. Et voilà la deuxième incohérence des Islamo-compassionnels. Car, à défendre l’islam sans discernement, on en défend autant la dimension religieuse que politique, avec, entre autres, ses sourates guerrières, ses sourates anti-juives et celles qui justifient la peine de mort ! Les Islamo-compassionnels seraient-ils bellicistes ? Seraient-ils antisémites ? Seraient-ils pour la peine de mort ?

Quant à l’idée infantile selon laquelle il suffit d’être bienveillant à l’égard de tel ou tel groupe culturel pour que l’harmonie sociale se réalise, elle est la marque d’une telle méconnaissance des conflits qu’occasionne inévitablement la rencontre de cultures antinomiques qu’il n’est nul besoin d’argumenter : il n’y a qu’à ouvrir un journal pour découvrir la énième revendication musulmane en terre non musulmane, autrement dit la réalité même des progrès du communautarisme islamique dans ce qu’il a d’agressif. Là réside la troisième incohérence des Islamo-compassionnels, qui prétendent respecter d’abord pour être respectés en retour, alors que les exigences croissantes de l’islam en France et en Europe respectent de moins en moins la France et l’Europe.

Si l’islam respectait la France et l’Europe, pourquoi l’entrée de la Turquie dans l’Europe serait-elle un problème ? Pourquoi nous contorsionnerions-nous pour enseigner le fait religieux à l’école ? Pourquoi envisagerions-nous de légaliser le délit de blasphème ? Pourquoi aurions-nous recours à la discrimination positive ? Pourquoi remettrions-nous en question la mixité scolaire et la loi de 1905 ? Pourquoi rendrions-nous inattaquable l’égorgement cultuel des moutons ? Pourquoi réviserions-nous nos manuels scolaires – et par suite toutes nos connaissances – dans le sens de l’islam seul ?

Pourquoi abdiquons-nous ? Ne savons-nous pas qu’en France, pays où la peine capitale a été abolie depuis 1981, des hommes sont désormais contraints de vivre sous la menace quotidienne d’une sentence de mort solennellement prononcée ? Nous le savons, évidemment, et cela nous remplit de crainte : non d’une crainte maladive, mais d’une crainte intelligente, qui s’informe et veut comprendre pour mieux défendre les valeurs républicaines. Voilà pourquoi il y a tant d’émissions, tant d’enquêtes, tant d’ouvrages, tant d’articles consacrés à l’islam.

Il est vrai que les Islamo-compassionnels n’ont pas peur de l’islam, puisqu’ils croient en être les alliés objectifs. Que l’islam prenne toutefois les rênes de l’Europe, et ces mêmes Islamo-compassionnels auront peur pour eux comme pour nous tous, mais il sera trop tard.

Il était déjà tard lors de cette émission télévisée, et s’il est vrai que nous n’étions pas encore couchés, nous étions pour le moins agenouillés, à notre insu, devant la toute-puissance d’Allah !

Maurice Vidal

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.