Redeker serait-il moins respectable qu’Ayaan Hirsi Ali, mais davantage que Wilders ?

Publié le 20 mai 2008 - par
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Le lynchage hallucinant du philosophe Robert Redeker, auquel nous avons assisté, sur le plateau de Ruquier, devrait interpeller l’ensemble des organisations laïques. Comment peut-on en arriver à ne plus pouvoir critiquer l’islam, alors qu’on peut rire de toutes les autres religions, et notamment du catholicisme ? Certains laïques n’ont-ils pas contribué à cette grave remise en cause du droit au blasphème ? Comment expliquer la différence de traitement entre ces trois personnes : Ayaan Hirsi Ali, Robert Redeker et Geert Wilders ?

Ces trois personnes ont été condamnées à mort par les islamistes, mais n’ont pas subi le même traitement, de la part des médias, et des laïques. C’est la jeune femme, d’origine somalienne, qui a été le plus loin dans la critique de l’islam, de son prophète, qu’elle n’a pas hésité à traîter de « pédophile ». Pire encore, Ayaan ose dire « nous sommes en guerre contre l’islam » (1)

On n’a entendu personne protester contre ces propos d’Ayaan Hirsi Ali. Pas un mot sur le fait qu’Ayaan parle d’Oriana Fallaci, dont certains textes sont jugés racistes, comme d’une amie dont elle pleure la mort. Ayaan peut tout dire, personne ne l’attaquera, elle est intouchable. Tout le monde se bouscule et se précipite pour l’ovationner à Paris (2). Des textes réclament que la France l’accueille, ce qui serait à l’honneur de notre pays.

On imagine, si Geert Wilders avait osé écrire que nous sommes en guerre contre l’islam, ce qu’il aurait entendu de la part de Caroline Fourest, de Philippe Val, de Dominique Sopo, de Bernard-Henri Levy et de tous ceux qui l’ont démoli, lors de la sortie de son film Fitna : choc des civilisations, incitation à la haine, racisme à peine voilé, idéologie d’extrême droite, etc. Ceux qui l’auraient défendu auraient été sommés de s’expliquer !

A côté des propos d’Ayaan, le texte de Robert Redeker, paru dans le Figaro, intitulé « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » paraît plutôt mesuré (3). Or, chacun sait que le philosophe a été menacé de mort, et ne peut plus enseigner. Bien avant d’aller sur les plateaux de Ruquier, il a, lui aussi subi un lynchage indécent, a été traité de raciste par les islamogauchistes, abandonné par l’Education nationale, sali par la direction de la Libre Pensée, et défendu d’une manière très ambiguë par de nombreux laïques de premier plan. Certes, ils ont protesté contre ses menaces de mort (c’est vraiment le moindre !), mais en même temps, ils se pinçaient le nez, montraient ouvertement leur mépris à Redeker, lui reprochant de les obliger à se montrer voltairien, alors que sur le fond, certains le considèraient comme un salaud pour avoir écrit ce texte !

Dans ce concert, il faudra souligner la qualité de la pétition qu’avaient impulsée, à l’époque, sur Respublica, la philosophe Marie Perret et notre collaborateur Pierre Cassen, ainsi que de remarquables textes de Catherine Kintzler, dans une défense inconditonnelle de Robert Redeker (4). Dommage qu’on ne les ait pas entendues défendre Wilders avec autant de talent. Dommage qu’aujourd’hui, ces deux philosophes défendent le voile à l’université, et aient tenu des propos consternants sur le procès de Fanny Truchelut.

Il faut également se rappeler que Philippe Val, Dominique Sopo et Bernard-Henri Levy avaient monté un meeting de solidarité, à Toulouse, qui était exemplaire, et qu’ils écrivirent des textes magnifiques, autour de la défense du philosophe, et de la liberté d’expression. Dommage qu’ils aient pu écrire, comme Caroline Fourest d’ailleurs, des textes aussi sordides quand Wilders, faisant preuve d’une courage méritoire, résistait à toutes les pressions et menaces de mort pour publier son film Fitna, que Mohamed Sifaoui, bien seul, eut le courage de défendre.

Les laïques, dans un contexte où, sous la pression de l’islam, des instances comme l’Onu ou l’Union européenne veulent remettre en cause le droit au blasphème, ne peuvent continuer à défendre la liberté d’expression en saucissonnant ce combat.

On ne peut pas défendre de manière cohérente Ayaan Hirsi Ali, si on descend Redeker, et qu’on lynche Wilders et son film Fitna (5).

On ne peut pas défendre de manière crédible Ayaan Hirsi Ali et Robert Redeker, en disant que Wilders a cherché ce qui lui arrive !

Il faut que les laïques et les républicains cessent d’avoir peur de la bien-pensance et des islamogauchistes, qui veulent nous interdire de critiquer l’islam, en nous faisant le coup de l’islamophobie, que même Nicolas Sarkozy ose comparer de manière honteuse à de l’antisémitisme.

La seule cohérence est de défendre, de manière inconditionnelle, Ayaan Hirsi Ali, Robert Redeker et Geert Wilders, face à la barbarie.

Jeanne Bourdillon

(1) http://hirsiali.wordpress.com/2007/10/12/nous-sommes-en-guerre-contre-l%E2%80%99islam/

(2) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/02/10/1907-meeting-a-paris-le-10-fevrier-avec-ayaan-hirsi-ali

(3) http://www.20minutes.fr/article/111437/Toulouse-Le-texte-de-Robert-Redeker-qui-fait-polemique.php

(4) http://www.gaucherepublicaine.org/index.php?idPage=15

(5) http://www.wikio.fr/video/155639

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