Réponse à Caroline Fourest : à Fanny, nous devons soutien et respect

Sous le titre « Laïcité : la clarification est un combat (à propos de l’affaire d’Epinal) », Caroline Fourest a publiquement pris ses distances avec les animateurs de Riposte Laïque et avec les militantes et militants qui ont pris fait et cause pour Fanny Truchelut. Le respect que je dois à Caroline Fourest me pousse à expliquer pourquoi, aujourd’hui, il est nécessaire et salutaire d’être à côté de Fanny, tout en prenant nos distances avec de Villiers.

Il serait liberticide de prescrire des accoutrements, mais sans vergogne, l’islam classique le fait ; ici et maintenant, en France et au XXIe siècle ! Par respect pour les musulmanes, sa prescription ne mérite aucun respect. Encore une fois et plus clairement que Fanny, je le dis haut et fort : voiles, burkas et tchadors, je vous hais ! J’ajoute ceci : femmes, je vous aime et vous méritez mieux que les voiles !

A première vue, il peut paraître paradoxal et même très douteux de se dire laïque, féministe et progressiste tout en soutenant Fanny Truchelut, ex-propriétaire d’un gîte dans les Vosges qui a demandé à deux musulmanes d’ôter leurs voiles dans les parties communes du gîte, qu’elle leur avait pourtant réservé ainsi qu’à leur famille. (voir détails ici : [http://www.ripostelaique.com->http://www.ripostelaique.com]/)

Sans avoir froid aux yeux, l’islam classique prescrit aux femmes un habit de fermeture. Fanny exige une tenue d’ouverture dans son gîte. Elle a le tort de ne pas l’avoir précisé auparavant, ni sur son site ni dans son règlement intérieur. Fanny a le tort de ne pas avoir le droit de son côté. Mais n’a-t-elle pas le droit de contester, en actes et non pas uniquement en paroles, les prescriptions d’une religion qui ne favorise en aucun cas le vivre ensemble, mais plutôt le vivre à côté ou à l’écart ? C’est l’islam qui enferme et exclue, avant que Fanny ne prescrive l’ouverture des musulmanes dans le salon de son gîte. N’inversons pas les rôles !

Se retrouvant seule face à la loi actuelle et face aux prescriptions de l’islam archaïque, Fanny a eu un deuxième tort : elle a accepté l’unique aide venant de M. de Villiers qui a mis son avocat à sa disposition. Pourtant, rien ne la rattachait à ce parti nationaliste chrétien : elle n’est pas croyante et n’a baptisé aucun de ses quatre enfants. La seule chose qu’elle a en commun avec de Villiers c’est que ce dernier n’hésite pas à nommer un chat un chat et à dire non aux prescriptions de l’islam classique. Il se trouve que le MPF a d’autres prises de positions franchement rétrogrades et n’applique pas toujours les mêmes poids et les mêmes mesures au christianisme. Mais faut-il pour autant, se démarquer de Fanny ? Puisque Fanny et de Villiers disent NON à la loi qui accorde droit de cité à des prescriptions iniques, faut-il que les progressistes disent OUI ?

Comme elle l’écrit, Caroline Fourest craint pour nous les effets bien connus du fameux « les ennemis de nos ennemis sont nos amis ». Ce faisant elle tombe dans le travers d’exclusion puérile consistant à considérer que « les amis de nos ennemis ne sont plus nos amis ». Les archaïques de tout bord savent nous berner avec ces paradoxes à la noix et en tirent le maximum de profit.

En mon âme et conscience je réponds à la question que nous pose cette situation d’apparence paradoxale. Dans notre cas, Fanny et de Villiers ont raison de dire non aux prescriptions de l’islam classique. Que nous soyons de droite, de gauche ou du centre, nous devons réaffirmer que l’enfermement des femmes musulmanes n’a pas droit de cité dans un pays qui respecte les femmes ; ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain ! C’est aux musulmanes qu’on fait porter le chapeau et les transforme en porte-drapeaux. Tout voile islamique, plus ou moins couvrant, nous dit clairement que la musulmane est réservée aux musulmans. Devons-nous accepter ces prescriptions iniques dans un pays où nous voulons abolir le plus possible de ghettos et de murs ?

Je ne laisserai pas l’honneur à de Villiers d’être le meneur de ce combat. Lui, il le mène peut être uniquement contre l’islam, moi, avant tout pour la dignité des êtres, des femmes, notamment musulmanes. Pour cela, je ne regretterai pas de me fâcher avec des amis de la gauche généreuse et bienveillante, mais souvent pas très avisée face à l’islam le plus classique. Les chefs d’établissements ont pu le vérifier entre 1989 et 2004.

Caroline Fourest et bien autres amis ne veulent surtout pas ouvrir les yeux et regarder TOUTE la réalité en face : notre problème n’est pas uniquement l’islamisme, mais avant cela l’islam tout court.

Oui, nous pouvons et nous devons combattre Et le racisme Et le voile dont les ségrégations et les séparations des êtres ne sont pas moins hideuses et honteuses que le racisme de l’Extrême droite.

Pascal Hilout

[http://nouvel-islam.org->http://nouvel-islam.org]

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