République, laïcité, égalité… Nous menons un combat d’avant-garde et pourtant déjà ancien

Publié le 5 juillet 2010 - par
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Comme cela est régulièrement rappelé dans diverses interventions qui paraissent sur le site de Riposte Laïque, ou qui y sont relayées, on ne peut faire autrement aujourd’hui que d’admettre cette idée – terrifiante, décevante, mais bien réelle – que les pouvoirs dominants ont réellement décidé, quoi qu’ils en disent, de littéralement vendre les peuples et les nations de notre continent à l’Europe des marchés, pour le bien de laquelle il nous est demandé de nous renier,et même, en un sens, de disparaître.

Cette politique des pouvoirs actuels, pour être menée à bien, se trouve placée devant trois impératifs. Le premier impératif est la nécessité pour ces pouvoirs dominants de mettre à bas la tradition républicaine, et notamment la laïcité (notamment en France) Le second impératif est la nécessité d’en finir avec la Nation, avec ses codes, sa culture, sa civilisation, et donc aussi avec l’usage de la langue parlée par le peuple (au profit, notamment, d’un « néo-français de bazar, quand ce n’est pas au profit du « tout anglais ») Le troisième impératif est la nécessité de s’assurer un contrôle sur les esprits par le biais d’un spectacle médiatique tyrannique, employé entièrement au service de la censure, et qu’il s’agit de financer à celle seule fin.

On reconnaît derrière tout cela ce qui avait été dénoncé et combattu par d’autres et bien avant nous tous, sous le nom de « Société du spectacle » ou « Société spectaculaire marchande ». Dès les années 1960, Guy Debord et les Situationnistes avaient effectivement, comme nous le faisons à notre tour, dénoncé et combattue, en précurseurs, les mêmes phénomènes : organisation de la société sur un mode théocratique (par le biais des religions, ou par la promotion de nouvelles religions : le dieu marché, le dieu publicité, le dieu argent), recul du parlementarisme et de la démocratie, « défrancisation », américanisation et anglicisation forcée, ruine volontaire de l’école, et toutes autres formes de « la décadence au service de l’Empire de la servitude », journalistes, « médiatiques » et autres stipendiés du système qui en assurent la promotion auprès du public.

Or, Guy Debord a bien montré, par les exemples de sa vie, qu’il n’était ni d’extrême droite, ni fasciste, ni xénophobe, ni raciste, ni antisémite, ni homophobe, ni phallocrate, ni sexiste… Il a aussi bien montré que, lorsque l’on s’attaque à ce « système », à ses mensonges, à son totalitarisme, et à son idéologie mortifère, on ne peut s’attendre en retour qu’à la persécution, qui sera menée sans relâche avec l’aide des politiciens professionnels de tout bord, et avec l’aide, surtout, des médias inféodés au « système » et à son idéologie, lesquels s’identifient à ce point « aux dogmes de leurs maîtres » qu’à la fin « ils ne les connaissent plus ».

Les trois impératifs du système, rappelés plus haut, demeurent donc obstinément comme les trois menaces auxquels nous devons faire face encore aujourd’hui, et il convient donc naturellement de concentrer nos actions – individuelles ou collectives – contre ces trois menaces : en défendant la tradition républicaine, et notamment la laïcité ; en défendant notre civilisation et donc l’usage de notre langue (le français), en France comme dans toutes les organisations internationales, dans l’espace public comme dans l’espace « privé » (ou privatisé) ; en combattant et en contournant autant que possible le pouvoir médiatique aux ordres du « système ».

A côté de ces diverses actions – déjà réelles, ou encore à imaginer -, dans ces trois domaines, nous pouvons naturellement compter (comme une propagande involontaire et gratuite qui servira forcément notre cause), sur la médiatisation – inévitable – des multiples incidents, aussi scandaleux qu’inquiétants, qui sont répertoriés chaque jour et que la presse, contrainte, doit bien relayer : ainsi les scandales, les provocations et les abus divers et variés notamment des « communautés », mais aussi des « patrons » du système, lesquels constituent, avec leurs nébuleuses, les agents anti-républicains de ce qu’il ne faut pas s’interdire d’appeler l’ « Anti-France » au prétexte que le terme serait dangereusement connoté (je dirais plutôt, moi, confisqué).

Déjà, on voit l’apathie généralisée se transformer jour après jour en réveil des consciences. On voit les yeux, toujours plus nombreux chaque jour, se déciller. Riposte Laïque et leurs compagnons de route (Résistance Républicaine, par exemple) commencent à devenir de plus en plus visibles, et à s’attirer de nombreuses sympathies : les Français voient qu’ils ne sont pas seuls, et cela leur redonne espoir et confiance ; aussi la résignation recule-t-elle chaque jour un peu plus. Bien entendu, l’usure et la décrépitude du système, dont les derniers masques sont en train de tomber, et dont la politique montre chaque jour aux citoyens ses effets néfastes et mortifères, favorisent le renouveau et même la montée en puissance d’un Front National qu’on avait trop vite enterré, mais avec cette fois-ci à sa tête la très médiatique Marine Le Pen, qui de plateaux de télé en plateaux de télé tend à apparaître comme l’unique chantre de la contestation… Or, on sait désormais qu’il existe, dans le paysage de la contestation, une autre alternative, de gauche, bien plus difficile à diaboliser et à discréditer à long terme, et qui par conséquent, constitue pour les pouvoirs actuels un danger bien plus sérieux.

Etienne Baschy

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