Riposte Laïque, Wilders, Le Pen et la bien-pensance

Publié le 22 avril 2008 - par
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Que pourrions-nous dire pour dissiper le malentendu selon lequel le soutien que nous accordons à Geert Wilders ne serait jamais qu’un lepénisme déguisé ? Peu de choses, sinon que le combat de Geert Wilders rejoint, dans sa courageuse dénonciation de l’islam radical, celui de tous les républicains laïques de France et d’Europe ! Car enfin, qui est menacé de mort pour ses idées : les musulmans qui ont lancé une fatwa à l’encontre de Geert Wilders, ou Geert Wilders en personne ?

Il est attristant de constater que d’aucuns n’ont toujours pas perçu à quel point nos valeurs sont en danger, pas plus qu’ils n’ont saisi la véritable nature de ce danger. Loin d’être un « détail » de l’Histoire, ce danger nous vient tout droit d’un bouleversement profond de la donne géopolitique : telle est la montée des eaux islamistes sur les plaines du monde.

Or, le jusant dépend de tous ceux qui, à leur manière, ne veulent pas de cette marée montante ! Nous devons donc être solidaires, et comprendre que celui qui sauve des eaux l’homme qui s’y noie mérite considération, même si nous ne partageons pas ses engagements, car l’important c’est de sauver l’homme, qui est la valeur même. N’en déplaise à ceux qui s’arc-boutent sur le politiquement correct, c’est très exactement ce que veut Geert Wilders lorsqu’il fustige l’islamisation de son pays, luttant au passage pour nous, à moins que nous ayons déjà accepté l’image grandissante du Croissant dans le ciel européen !

En conséquence, nous ne pouvons ni ne devons renoncer à parler de ce qui fâche. Dans une société démocratique, et qui doit le rester, comment l’ « in-dicible » aurait-il pignon sur rue ? Comment des êtres humains, souffrant d’appartenir à une nation qu’ils aiment et dont ils constatent la désagrégation accélérée, n’auraient-ils pas le droit de crier leur souffrance ? Qu’aurait été le célèbre « Paris libéré » sans la parole libérée ? Et qu’avons-nous appris de cette parole sinon que nous avons toujours le pouvoir de dire « non » ?

Il est plus que temps de dire « non », en effet, à ceux qui refusent les valeurs laïques et républicaines. Ce « non » n’incombe ni à nos enfants ni, a fortiori, à nos petits-enfants, pas plus qu’il n’incombe à tel ou tel parti politique : il incombe à tout homme épris de liberté ! Des hommes ont donné leur vie non seulement pour que nous n’ayons pas à donner la nôtre, mais encore pour que nous puissions vivre les valeurs qui les ont tenus debout quand tout s’écroulait autour d’eux. Ces valeurs – dont nous sommes les dépositaires – ne doivent pas être soldées dans la grande braderie culturelle de notre temps ! C’est pour elles qu’il faut parler ; c’est pour elles qu’il faut refuser de se taire.

Pourquoi d’ailleurs faudrait-il se taire ? Pour ne pas choquer ? Pour courber l’échine ? Pour vénérer le silence, dont on dit qu’il est plus éloquent que toutes les paroles ? Mais le silence lui-même est choquant par les paroles qu’il contient lorsqu’il courbe l’échine ! Il faut donc relever la tête et parler, quitte à déplaire, car qui parle pour plaire parle souvent pour ne rien dire, même s’il parle bien, et l’on n’écrit pas pour ne rien dire, même si l’on écrit bien. C’est pour cela que nous écrivons, et si nos écrits questionnent l’islam, c’est parce que l’islam ne cesse de nous questionner, en particulier depuis l’affaire de Creil. L’islam, nous disent les musulmans, est une religion d’amour et de paix. Il n’a donc rien à voir avec le terrorisme. Mais alors, pourquoi les terroristes s’en réclament-ils ? Pourquoi cette même frénésie d’essence coranique appose-t-elle un sigle commun aux abominations que nous avons connues depuis les attentats parisiens de juillet 1995 ? Pourquoi ces abominations n’ont-elles pas cessé depuis ? Pourquoi l’islam semble-t-il si peu troublé à l’idée que le pire pourrait être devant nous ? L’islam va-t-il longtemps nous laisser seuls face à l’islamisme ?

Qu’attendons-nous, aujourd’hui, pour débusquer ceux qui veulent instaurer, chez nous, l’islam du Prophète, c’est-à-dire l’islam des origines, dont le propre est d’exécrer la démocratie et la liberté d’expression ? Aurions-nous hissé la bannière de la liberté, de l’égalité et de la fraternité pour la voir dénaturée par les soldats de l’islam ? Voulons-nous qu’aux frontons de nos mairies et de nos écoles nous lisions désormais : « Religiosité, Inégalité, Communautés » – comme le dit Jacques Julliard – ou encore « Islamité, Imparité, Intégrité » ? Pensons-nous à celles et ceux qui, privés de nos valeurs, regardent l’Occident comme une boussole ? Et si nous y pensons, comment permettre à l’islam politique d’en affoler l’aiguille ou d’en viser le nord ? N’est-ce pas contre tout cela que s’élève Geert Wilders ? N’est-ce pas ce que dénonce, à sa manière, Brigitte Bardot, que des idéologues français voudraient condamner pour la cinquième fois ?

Il est des cercles qu’il faut savoir briser : c’est ce qu’on appelle penser librement !

Maurice Vidal

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