Riposte Laïque à la MJC de Conflans

Publié le 14 décembre 2009 - par
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Devant environ, 50 auditeurs, après l’introduction du directeur, Claude Pellat, Pierre Cassen, développa, avec une grande facilité oratoire, les thèmes traités par le journal en ligne Riposte Laïque, sur la laïcité et la place de l’islam en France, religion qui n’était pas présente en 1905.

Une équipe de télévision a filmé l’intervention, suivie jusqu’au bout par un journaliste local de « La Gazette du Val d’Oise ».

Pendant 45 minutes, le conférencier expliqua pourquoi RL approuve les travaux de la mission parlementaire sur le voile intégral. Il développa une théorie sur l’identité nationale, la liant à l’intégration, et défendit la votation suisse.

La plupart des auditeurs connaissaient et approuvaient manifestement la position de ce journal.

Le débat qui suivit l’exposé donna lieu à plusieurs échanges :

Un jeune homme qui se présenta comme Français Marocain aimant la France, musulman, croyant, et pratiquant, nous fit part de son parcours.

Ayant échoué à l’entrée des écoles de commerce en France, il fit ses études dans une école en Belgique Flamande.

Il reprocha vivement à Pierre de pratiquer l’amalgame entre islam et islamisme. Il compara cet amalgame à l’image dont les Belges aiment caricaturer les Français, franchouillards avec le béret sur la tête, la baguette sous le bras, litre de vin à la main et mangeant des grenouilles.

Il pouvait témoigner de l’inexactitude de cette image et aimerait bien que nous lui rendions la politesse en évitant la confusion entre Islam et Islamisme.

Il faut reconnaître que la distinction à priori n’est pas facile, entre un musulman pacifique qui pratique sa religion à minima pour s’assurer une place convenable dans l’au-delà, et le musulman fanatique qui, à partir d’une même loi divine, cherche dans le texte un moyen de ce distinguer et gagner les faveurs d’halla la différence ne saute pas aux yeux.

Dans le doute l’infidèle qui peut y laisser sa peau se méfie des deux…

Dans sa réponse Pierre Cassen eut la gentillesse de ne pas lui faire observer que le rapprochement entre une caricature humoristique dont les Français s’amusent, et la susceptibilité des musulmans qui se sentent offensés par la moindre allusion critique de leur croyance, il y a un monde.

Il lui dit qu’il ne croyait pas à la fable de l’islam, religion de paix et d’amour pervertie par des méchants islamistes, mais qu’il considérait que les musulmans pouvaient être laïques, à une condition : qu’ils admettent que les lois de la République étaient supérieures à celles du Coran, et qu’ils cessent de réclamer des accommodements raisonnables à la République. Donc, qu’ils pratiquent des accommodements raisonnables… avec le Coran !

Il lui fit également remarquer, quand son contradicteur affirma que la burqa n’avait rien à voir avec l’islam, que seuls des musulmans la portaient, et qu’on n’avait pas encore entendu un dignitaire musulman demander que cela cesse.

Sur l’identité nationale, Pierre Cassen fit un parallèle avec les nombreux immigrés qui ont trouvé en France une offre d’assimilation réussie, tout au long de ce siècle, au point que par les unions mixtes, l’adoption de pronoms français pour leurs enfants, plus rien ne les distinguent aujourd’hui des Français de souche. Selon lui les valeurs républicaines de la France seraient en danger en laissant se développer un islam communautariste qui sépare les individus par croyance, par coutumes sociétales, vestimentaires ou alimentaires.

Un intervenant, d’origine espagnole, alla dans ce sens, en expliquant comment il s’était intégré à la France, en parlant français à la maison, et en lisant les grands auteurs de ce pays.

Une auditrice demanda de préciser la définition du terme musulman, si la définition du mot dans le dictionnaire est simple : adepte de la religion musulmane.

Dans la réalité cette définition est un plus compliquée, il y a un milliard et demi de musulmans dispersés dans le monde, de races et coutumes différentes, le point commun étant l’obéissance au coran qu’ils doivent respecter où qu’ils se trouvent.

Certains musulmans laïques pensent que les préceptes de l’islam dans la lecture qui peut en être faite dans le Coran, comportent des prescriptions incompatibles avec le respect des valeurs laïques et républicaines françaises.

Cette réunion destinée à faire réfléchir chacun d’entre nous sur la meilleure manière de vivre ensemble, dans une république laïque, ne met pas un point final à la discussion, mais permet à chacun de nourrir sa réflexion et de voir venir les pièges que nous allons rencontrer.

Chacun fut reconnaissant à l’intervenant d’avoir parlé sans langue de bois, d’avoir provoqué un vrai débat, sans tabou, et d’avoir essayé de répondre le plus clairement possible aux questions de la salle.

Guy Beaupin

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