Sabotage SNCF : le discours dangereux de certains sociologues gauchistes contre l’Etat

Publié le 18 novembre 2008 - par
Share

La semaine dernière, la SNCF et le réseau ferré ont été victimes de sabotages, des fers à béton ayant été posés à plusieurs endroits sur des caténaires entraînant de nombreuses perturbations dans le trafic ferroviaire, 160 TGV et des milliers de voyageurs bloqués.

Il n’a pas fallu très longtemps pour que soient interpellée une dizaine de personnes se réclamant de « l’ultra gauche ». Neuf jeunes ont été mis en examen cinq sont incarcérés. L’enquête va commencer et il est trop tôt pour faire des déclarations définitives. Néanmoins, les déclarations et les actes qui leurs sont reprochés méritent que l’on s’y arrête.

Dans une interview dans le Figaro du 13 novembre 2008 accordée à Aziz Zemouri, Sébastien Schifres militant du mouvement des autonomes, sociologue se livre à quelques déclarations éclairantes.
Il déclare en effet « Michèle Alliot Marie prétend défendre la démocratie, mais le capitalisme n’a jamais été démocratique. » Les lois ne sont pas faites pour défendre l’intérêt général mais les intérêts de la bourgeoisie..pour ces raisons, le mouvement autonome est contre la démocratie représentative car il la considère comme une dictature. La seule véritable démocratie, c’est la démocratie des assemblées générales ».

Ces déclarations qui font partie de la phraséologie habituelle des groupuscules gauchistes pourraient presque prêter à rire si elles n’étaient révélatrices d’un sentiment beaucoup plus profond qui dépasse largement ces groupuscules autonomes.

On aura remarqué d’ailleurs que Sébastien Schifres, qui défend la cause des inculpés est comme Julien Coupat qui apparaît comme le leader de ce groupe est passé par l’Ecole des hautes études en science sociales qui fut occupée et fortement dégradée au moment des manifestations contre le CPE en 2006. Sa directrice, à l’époque, ayant longuement tergiversé avant de demander l’intervention des forces de l’ordre d’un Etat fasciste, qui sait… En effet, on peut se demander si au sein de cette école sont enseignées les notions d’Etat et de démocratie.

A lire bon nombre de sociologues qui se sont ébaubis devant les émeutes de 2006 et tous ceux qui ont vu dans ce déferlement de haines contre les biens publics la justesse d’une révolte sociale, on peut avoir quelques interrogations.

De même lorsque l’on sait que le mouvement de la République des indigènes a été impulsé par des sociologues de la dite EHESS ou encore que certains chercheurs issus de cette noble école n’ont pas hésité (Libération juin 2007) à organiser un colloque pour dénoncer la création du ministère de l’immigration, à appeler à boycotter les études de ce ministère, à démissionner du conseil scientifique de la cité nationale de l’histoire l’immigration… Mais rassurez-vous, ces braves gens continuent néanmoins à accepter les émoluments de cet Etat fasciste, vichyste..

Loin de vouloir imposer un modèle de pensée dans les grandes écoles, il ne serait peut-être pas totalement superflu de donner aux étudiants quelques notions de base sur ce qu’est la démocratie, la souveraineté du peuple, voir quelques notions d’histoire pour éviter de confondre la 5ème République, un président élu avec plus de 50% de l’électorat et une forte participation et le fascisme.

Au-delà du cercle des sociologues en dérive, il est encore plus surprenant de voir des élus de la République s’affranchir des lois de la République. Ainsi, nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer les élus qui baptisent ( ?) des sans papiers au mépris des lois dont ils ont voté le principe. En effet, vu le nombre de lois votées depuis trente ans sur l’immigration, à droite comme à gauche, qui n’ont jamais remis en cause l’obligation d’être autorisé à pénétrer et rester sur le territoire français, tous les députés quels qu’ils soient ont été amenés à voter ces lois.

De toute façon, la loi s’impose à tous, que l’on soit d’accord ou non. Or, nombre d’élus de l’opposition multiplient les déclarations pour dire qu’ils n’appliqueront pas telle ou telle disposition législative. Récemment les élus parisiens se sont illustrés par un mépris des lois assez étonnant.
S’insurgeant par exemple contre un agent municipal ayant signalé l’irrégularité d’une ressortissante étrangère venant inscrire son enfant, alors qu’il n’avait fait qu’appliquer l’article 40 du code pénal qui fait obligation à tout agent public de signaler une situation illégale. La pauvre a dû s’en mordre les doigts car les belles âmes furent promptes à dénoncer cette employée pour soutenir comme d’habitude sur la victime en situation irrégulière.

Mais les élus parisiens, ils ne sont pas les seuls, ont par exemple également déclaré qu’ils refusaient d’appliquer la loi obligeant à assurer une garde des enfants les jours de grève.
Si les élus donnent le mauvais exemple, comment s’étonner que des individus en manque de repères se sentent confortés dans leur volonté d’en découdre avec la démocratie dite bourgeoise et de s’en prendre à ce qui représente l’Etat.

Ainsi, légitime -t-on ceux qui brûlent les voitures, les écoles les gymnases. Et on encourage finalement ceux qui s’en prennent à ce qui est le plus simple et facile les transports, les bâtiments publics, les forces de l’ordre. Même si l’on peut considérer que l’incrimination de terroriste est un peu forte, il n’en est pas moins stupéfiant d’entendre les avocats des jeunes placés en détention provisoire ou mis en examen minorer leurs actions , l’une déclarant « ce ne sont que des gamins ».. Détruire du matériel ferroviaire n’est pas un jeu d’enfants et leurs parents qui s’étonnent que l’on fasse subir un régime aussi sévère à leurs pauvres enfants auraient peut-être du s’étonner avant de leurs évolutions. On ne saurait les exonérer de leur responsabilité éducative de même que celles des parents qui laissent leurs enfants dans les cités jeter des projectiles sur les pompiers ou les forces de l’ordre ou incendier les écoles.

Dans les années 70, la France, contrairement à l’Allemagne et à l’Italie, a été en grande partie épargnée par les mouvements prônant la violence révolutionnaire comme la bande à Baader ou les Brigades Rouges. Sans doute parce que des mouvements d’extrême gauche comme la LCR ont clairement refusé de s’engager dans cette voie et aussi parce que la gauche parlementaire offrait une perspective politique.

Il serait inquiétant que faute d’une opposition crédible de la dite gauche (pour l’instant c’est mal parti), des mouvements ultra minoritaires et violent soutenu par une intelligentsia molle s’attaquent à la démocratie. On l’a vu également lorsque le PS s’est opposé à l’extradition de Marina Petrella ou quand certains ont soutenus les propos de Jean MarcRouillan, ancien leader d’Action directe continuant à justifier son action. Je ne vise pas le PS pour ce dernier.

Il serait grand temps que certains responsables politiques mais aussi certains journalistes par une détestation primaire, qui confine parfois à la haine, d’un Président élu néanmoins démocratiquement comme en son temps ils avaient dénoncé De Gaulle comme fasciste, en viennent à légitimer des attitudes, des déclarations qui confortent les comportements de ceux qui pourraient menacer gravement la démocratie ou la République.

Gabrielle Desarbres

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.