Sarkozy l’an I de sa présidence

Publié le 22 avril 2008 - par
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Depuis quelques semaines nous assistons à des attaques en règle de l’Elysée et du gouvernement sur la politique sociale et familiale de notre pays.
Ils ont commencé par s’en prendre à la Carte Familles nombreuses, Ils ont osé vouloir remettre en cause le remboursement des lunettes par la Sécurité Sociale. Aujourd’hui, ils veulent réduire les Allocations familiales, pourtant indispensables pour des familles de plus en plus dans le besoin.

Ils envisagent de remettre en cause la retraite à 60 ans en augmentant le nombre d’annuités pour y prétendre.
Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont décidé de culpabiliser les chômeurs séniors, en envisageant de supprimer pour cette catégorie, la non recherche d’emploi entre 57,5 ans et 60 ans.

Comme si nous étions par plaisir au chômage. La charge de la preuve est inversée. Le chômeur serait responsable de tous les maux de notre société. Qui a encouragé pendant des années des plans de départ volontaires dans les entreprises privées ? Les Pouvoirs publics sont les seuls responsables, de ce que subissent nos concitoyens.

Sarkozy qui avait mis au cœur de sa campagne électorale pour les présidentielles 2007 le pouvoir d’achat des français nous sert en 2008 une politique d’austérité digne de Margaret Thatcher dans les années 80 en Angleterre.

Sous couvert d’une mise à plat des politiques publiques, Sarkozy et ses ministres veulent faire payer aux familles pauvres et modestes, les difficultés actuelles de notre pays. Pas une seule fois, ils ne veulent s’en prendre aux inégalités criantes qui augmentent de jour en jour entre les pauvres et les riches

La rigueur est toujours subie par les français les plus fragiles et jamais au grand jamais partagée de manière équitable entre toutes les composantes de notre société. Nos énarques bien pensants, qui alimentent depuis 40 ans les cabinets ministériels de projets de loi, repris en cœur par les représentants du Peuple, n’ont eu que comme résultat de fissurer, diminuer et briser la solidarité nationale.
Pendant des années, des exonérations de charges ont été données aux Entreprises, sans aucune contrepartie pour créer des emplois nouveaux, ce qui aurait permis de réduire la fracture sociale. Au contraire celle-ci ne fait que s’aggraver, contrairement aux statistiques officielles. On nous dit aujourd’hui que le chômage baisse.

On ne nous dit jamais dans les médias, qu’en réalité, la baisse du chômage ait dû en grande partie exclusivement aux départs en retraite de nos ainés et à l’augmentation grandissante des emplois à mi temps, comme dans les pays anglo -saxons. La baisse mécanique du chômage n’a pas eu pour effet de créer de véritables emplois, nécessaires à toute famille pour vivre décemment. Les aides vont toujours dans les poches des nantis, qui, bien évidement ne s’en servent pas pour le bien public.

Où se trouve le gaspillage que l’on veut faire payer aux Français, qui travaillent eux, contrairement à d’autres qui s’enrichissent sans que la collectivité nationale puisse réellement en profiter ? Le libéralisme tel que le prône notre Président, ne peut conduire la France qu’au chaos.

Les entreprises du CAC40 engrangent des milliards d’euros pendant que les français ne cessent de s’appauvrir.

Rien n’est fait pour permettre à tout à chacun de s’insérer dans la vie active. L’on veut faire croire que nos lois sociales seraient rétrogrades et seraient un frein à l’embauche. On veut nous faire croire qu’il faut moderniser notre fonction publique, qui serait obsolète dans son fonctionnement, pour libérer notre économie.

Aujourd’hui, libérer l’économie de marché a pour eu effet de provoquer à partir de juillet 2007 dans le système bancaire international une des plus graves crises que nous ayons connu depuis 1929. Des économistes libéraux ont défendu les vertus du marché, l’on voit ce que cela a donné aux Etats unis avec la crise des subprimes. Cette crise de liquidité du système bancaire international n’est pas terminée et, nul ne sait, quelles en seront réellement les conséquences sur l’économie mondiale.
Nous entrevoyons la récession ou une stagflation dans les pays riches. Nous assistons à une grave crise alimentaire dans de nombreux pays émergents, due pour des raisons spéculatives sur les marchés boursiers à la flambée des matières premières. L’on entend le FMI craindre des conflits dans le monde poindre à l’horizon.

Aux Etats Unis, de nombreuses familles se sont retrouvées, endettées et ont perdu leurs maisons, après l’incompétence des établissements financiers, qui leur avaient accordés des prêts, sans commune mesure avec leurs revenus, tout cela pour satisfaire les actionnaires.
Soyons confiants, notre Président Sarkozy va nous parler le 25 avril 2008 un an presque jour pour jour après son élection. Il a réponse à tout notre Président, il doit avoir une bonne raison de nous faire partager sa vision d’un monde meilleur.

En tout cas, en un an, il nous a montré sa capacité à rassembler les mécontentements.
Il a trouvé le moyen de se faire sanctionner aux élections municipales, malgré une gauche exsangue et bien souvent sans voix, face aux excès d’un pouvoir, qui semble à bout de souffle, après une année de sarkosysme.

Il a osé s’en prendre à la Laïcité un des fondements de notre République.

Dans le discours de Latran, il a osé dire :

“Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance”.

Par ses paroles, le Président de la République a remis en cause l’enseignement laïque , et prétend que la morale n’appartiendrait qu’aux religieux.

Plus fort encore à Ryad, le symbole de l’islam religion d’état, avec ses dérives et ses excès, il a osé dire des phrases telles que :

– Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère

– Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme

– Je ne connais pas de culture, pas de civilisation où la morale, même si elle incorpore bien d’autres influences philosophiques, n’ait un tant soit peu une origine religieuse.

– C’est peut-être dans le religieux que ce qu’il y a d’universel dans les civilisations est le plus fort.

C’est la première fois qu’un Président de la République Française outrepasse son droit de réserve et jette l’opprobre sur les non religieux.
Au travers de ses dires, il s’en est pris en réalité à la Loi de 1905 qui régit dans notre pays la séparation de l’Eglise et de l’état, dans notre République laïque.

Il a osé inviter Mouammar Kadhafi en grande pompe.

l a trouvé le moyen d’être la risée de nombreuses Capitales internationales.

II s’est aligné sur la politique atlantiste incarnée par Bush, dont on connaît les résultats catastrophiques en Irak.

Soyons prêts à défendre les valeurs républicaines qui permettront de rassembler des gens de bonne volonté, qui auront à cœur de renouer le dialogue social dans notre Pays. Notre pays est sans doute prêt à faire des sacrifices, à condition qu’il ait la conviction que les efforts soient équitablement partagés, ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

Fabrice Letailleur

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