Sélection de quelques réactions

Publié le 1 octobre 2008 - par
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Je suis catholique, et totalement d’accord avec Cyrano

Bonjour messieurs, Croyant, Catholique attaché à la liturgie de toujours, (ne pas confondre avec de l’intégrisme), même si je reste convaincu, qu’à l’époque cette loi était surtout anticléricale, je suis néanmoins un ardent défenseur de la loi 1905 sur la laïcité. Je partage totalement l’avis de Cyrano. Mais ne souhaitant pas me limiter à des affirmations ou déclarations, je pensais qu’il était utile, pour la défense de la laïcité, que je relaie la lettre de Cyrano. Sauf avis contraire de votre part, je mets, son mon blog perso, un lien qui pointe vers l’Edito de Cyrano sur « Riposte laïque » n° 26.

Bien à vous Gérard Briffoteaux

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Il faut frapper un grand coup

Bravo Cyrano pour ce nouvel article que je diffuse très largement autour de moi. Il me semble reconnaître certaines valeurs humanistes que je connais bien. Tu es peut être également fils d’une veuve, cela forme le caractère !? Sur ce sujet il ne faut surtout pas nous disperser et attendre le moment opportun où nous pourrons tous frapper un grand coup. Sache que bons nombre de mes « amis cadets » comme les plus âgés sont remontés comme des pendules. Vive la République ! Cordialement

Jean-Michel Roche

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A tous les Ufalistes et défenseurs de la laïcité

Tout le monde sait que la formation des imams a commencé aujourd’hui , en université catholique , financée par l’Etat par le biais du ministère(ou ses délégations) de l’immigration. Pour répondre à la fort juste question de la lectrice: qui va lancer l’action?,je répondrai: cela m’est bien égal. Ce que j’ai déjà signifié aux instances dirigeantes de l’UFAL, c’est que l’action doit être unitaire. On n’a pas besoin de savoir qui est l’organisation qui organise. Il faut absolument qu’à haut niveau elles s’entendent pour lancer non seulement un mot d’ordre …dans la rue mais aussi une action sur le terrain pour interpeller1) les responsables politiques se présentant aux municipales2) les syndicats d’enseignants et de parents3)les centrales syndicales. La laïcité est dépecée. Il ne sert plus à rien de le dire. Il faut agir, agir en haut niveau pour que la base puisse suivre et n’avoir pas l’impression que son action est diluée dans le mécontentement général. Si chacun(e) interpelle les instances dirigeantes de son organisation, peut-être arriverons-nous à un résultat. Bien cordialement,

Evelyne Bigou (UFAL64).

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Nous n’avons que trop tardé

Bonjour, Je crois qu’il faut organiser d’urgence une gde manifestation nationale pour la défense de la laïcité, et en profiter pour expliquer ce que c’est à ts ceux qui ne le savent même pas, tt comme ils ignorent que c’est un principe fondamental français, et que par conséquent, qd on souhaite vivre en France, on l’accepte d’emblée ou on reste ds son pays Ns n’avons que tp tardé ds mon quartier (Plaisance, 14ème), quasiment ts les commerces d’alimentation qui ouvrent sont halal et les commerçantes voilées, je suis furieuse, je n’ai pas choisi ni de vivre en Afrique, ni ds un pays ou la religion prime et qui cherche à l’imposer ds ttes les écoles et organismes publics (..) Ca fait peur à bcp de français mais notre président, pour lequel j’ai voté et à qui j’ai fait confiance, ns a trompés et trahis, comme quasi ts les politiques. Les pays dont les responsables politiques défendent vraiment les valeurs de leur pays ont bien de la chance… cordialement

Katy Sterenberg

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Je connais bien la situation du Mantois

Bonjour, Je suis une habitante du Mantois, et je connais bien tout ce petit monde d’extrême gauche ayant la couverture des Verts et gravitant autour de la librairie La réserve; ce n’est pas nouveau que l’extrême gauche entretienne une collusion les islamistes pour des raisons des plus douteuses et par un grand manque de courage politique. Pour cette raison entre autres, je boycotte cette librairie. cordialement,

Elizabeth Natanson

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Il faut agir

Chers amis, Un grand merci pour votre travail d’éveil. Je pense qu’il faut agir, mais voilà comment. Une manifestation pour commencer serait déjà une sorte de sonnette d’alarme. je suppose que vous n’avez pas besoin de moi pour émettre des idées aussi simples. De toute façon, il faut agir. A bientôt de vous lire,

Raphaël Delpard

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A l’attention de Mr. Albaredes, sur la fondation des oeuvres de l’islam

En ce qui concerne la  » Fondation des Oeuvres de l’Islam », deux remarques : 1) L’islam n’étant pas monolithique, mais composé de multiples confessions, les musulmans sont-ils vraiment intéressés par la construction de mosquées qui rassembleront plusieurs expressions de l’islam, y compris celles antagonismes entre elles (sunnites, chiites …) ? 2- D’après Mr. Boubaker, ce n’est pas la motivation qui fait défaut, mais l’argent car les musulmans sont pauvres. On peut s’étonner que la fondation soit au point mort, car le pélérinage à la Mecque mobilise des centaines (voire des milliers) de musulmans chaque année, le plus souvent en couple. Sachant ce que coûte ce pélérinage (près de 3.500 euros par personne sinon plus), ce n’est donc pas l’argent qui manque mais bien la motivation car s’ils désiraient vraiment construire des mosquées ils trouveraient l’argent pour alimenter leur fondation. De plus, il n’y a pas que des musulmans pauvres (l’Islam n’est pas la religion des pauvres). Il y a aussi de nombreux commerçants qui gagnent correctement leur vie et qui pourraient être le fer de lance de cette fondation. Merci du combat que vous menez en faveur de la laïcité. Cordiales salutations

Claudine Brignet

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Laïque et partisan du oui à l’Europe

Cher ami Cyrano Je tiens à t’indiquer que l’on peut être un chaud partisan de la laicité et avoir fait campagne et voté oui à l’Europe Il ne faut pas mélanger tout les débats et d’ailleur le non fut pas sur l’Europe mais sur Chirac actuellement à la Licra nous cherchons aussi à nous mobiliser sur la Laicité www.licra.org il y a eu une mobilisation liée à la décision de la Halde sur l’accompagnement scolaire. Nous essayons actuellement de mobiliser du monde suite à la décision du Conseil des droits de l’Homme à l’Onu de  » rétablir le délit de blaspheme » Voilà .

Yves Avigdor

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Réaction à l’article de Vera Pegna

Bravo, il faut avoir le courage de dire ces choses (lettre de Vera Pegna à propos de la visite du pape à l’université de Rome). Vous avez mon soutien à 120%. Un bemol toutefois, ne mêlez pas le traité de Lisbonne à cette affaire. Certes il prévoit le dialogue avec Toutes les Eglises mais aussi avec les associations non-confessionnelles. D’accord, on aurait pu se passer de cet article dans le traité, mais ce dernier est une avancée considérable par rapport au déficit démocratique (désignation par le parlement européen du président de la Commission, véto possible des parlements nationaux, etc.) Donc ne commettons pas l’erreur de jeter le bébé avec l’eau du bain. Bien à vous.

Antoine Van der haegen

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Je lis tout

Merci de m’envoyer régulièrement ces infos. Le premier niveau de combat passe par l’info. Même si je ne réponds pas systématiquement; je lis le tout. Bien cordialement

Yvan Mura

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Quelques rappels…

A propos de la Société Générale, il serait bon de rappeler que, naguère(jusqu’à la « privatisation »=déreglementation) de toutes les banques…et même de la Banque de France)la séparation entre banques de DEPOT et banques d’AFFAIRES(intégrant la spéculation)garantissait un minimum pour les « déposants »(pas tous épargnants par la force des choses). Bernard Maris,jamais contesté quant à sa formation d’économiste (qui est une « science »)ce qui lui permet(trop rarement) d’essayer d’expliquer ce que sont la « gestion » et la « spéculation », devrait retenir davantage l’attention de vos « colonnes »(comment dire pour un journal virtuel?).Tou(te)s les Français(e)s peuvent comprendre! Ce matin sur CANAL PLUS,Henri Emmanuelli a (qu’il en soit remercié) rappelé ce fait essentiel…et il nous est facile de comprendre que tout ce langage « professionnel » (charabia ?) n’est destiné qu’à nous endormir…(on en revient toujours à la séparation des églises et de l’Etat,non?)Je ne suis pas économiste (ça se voit) mais je suis bien obligée de « gérer » mon budget,comme tout un(e) chacun(e) et ma nature rationnelle ,rationnaliste,ne s’accomode guère des « commentaires » qui se doivent d’être branchès… mais lorsque l’empereur est nu,moi je ne sais et ne veux pas décrire ses vêtements qui n’existent pas.(« les habits neufs de l’empereur »Andersen. En ce qui concerne la grève des taxis:ne serait-ce pas le bon moment de rappeler les avantages de la REPARTITION en matière de retraites au lieu de(« ma retraite, c’est ma licence »! Lorsque je me suis installée (cabinet médical) c’était peu après la création de la CARMF (caisse autonome de retraite des médecins français) et si les cotisations (lourdes, très lourdes) n’avaient pas été obligatoires, nombre de mes collègues (dont moi-même) n’auraient pas cotisé! Mais pour avoir la retraite (juste convenable, pas considérable) que je perçois, il eût fallu que j’économisasse (ben oui) 5à 6 fois ce que j’ai réussi à épargner! De plus, il n’est pas inutile de rappeler que les médecins (hommes et femmes) ont cotisé pour TOUTES les autres professions libérales qui se sont mises encore plus tardivement à cotiser: »chez ces gens-là ,on n’a pas des cotisations,mais…. des charges… » « Ce sera tout pour aujourd’hui » (je n’oublie pas le reste). Ne laissons pas,non plus, bafouer la Loi du 9 décembre 1905: Salutations Laïques et Féministes

Fabienne Courvoisier

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Continuons le combat

Bonsoir à toutes et tous, Je savais bien que Sarkozy était un traitre entre ce qu’il dit et ce qu’il fait il y a deux sons de cloches. Lui qu’il parle d’égalité surtout celle des femmes dîtes-moi où est l’égalité dans la religion, alors que l’on sait qu’elle est gourvernée, manipulée, dictée par les hommes dans toutes religions. Si la laïcité est menacée, la liberté aussi et surtout celle de la femme. Dans toutes les religions la femme a été la peste de ces beaux prêcheurs. Je suis aussi scandalisée, qu’un président se permet de parler de religion, ce n’est pas son rôle. Je n’ai pas voté pout lui et je ne le ferais jamais. Si la laïcité est toucher il y aura d’un côté les femmes et d’un côté les hommes, la femme n’aura plus le droit au travail, etc… La religion pour moi est la peste dans ce monde elle a tué combien de personnes, condamné à tort, brûler des gens et j’en passe. En France on n’ est contre la peine de mort, alors que dans la religion musulmanne la lapidation est là . Monsieur Ramadan me fait peur et qu’en il parle à la télévision je l’évite. mes ancêtres étaient des catholiques par force, mais depuis la laicité ça a soulangé beaucoup de personnes dans ma famille où la religion avait de moins en moins sa place. Je ne tiens pas à retourner en arrière pour mes enfants. (…)

Nicole Ferreira

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A propos de SOS Palestine

Ce que vous dites est tout à fait juste : le combat, justifié, pour la cause palestinienne ne doit pas permettre de justifier les « dérives » antisémites et l’amalgame sionisme = juif ; même si certains Israéliens et leurs soutiens en occident se servent de la Shoa pour justifier le sort réservé à ceux qui sont devenus, à leur tour, le peuple maudit et sans patrie. Le désir de certains extrémistes ( Hamas, gouvernement iranien entre autres) de débarrasser la Palestine des Juifs est en totale opposition avec la charte originelle du Fatah qui prônait un état laïc composé de non religieux, de Musulmans, de Juifs et de Chrétiens. Celle-ci comprenait évidemment la disparition de l »ETAT d’Israel que les sionistes de l’époque on retranscrit par extermination de ses citoyens. Ce rapprochement avec l’abomination qui avait frappé des millions de Juifs avait ému l’opinion publique internationale. Lorsque, jouant avec le feu tel un Frankeinstein politique, les Israéliens ont favorisé la montée en puissance de Hamas pour affaiblir le Fatah, ils ne savaient pas encore qu’ils jouaient avec une grenade dégoupillée. Le refus de dialogue avec les principaux représentants palestiniens de l’époque a abouti à la situation actuelle que déplorent, bien sûr, tous les juifs de bonne foi et un peu lucides, israéliens ou non. Le « problème palestinien » de territorial est devenu religieux au sens le plus large du terme.

Yves Le Roux

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Quelques mots sur Pierre Lambert

Les lecteurs de Riposte laïque ont pu lire les articles contradictoires de Jean-François Chalot et de Denis Pelletier sur le dirigeant de l’OCI-PT, Pierre Boussel-Lambert, qui vient de nous quitter (88 ans). L’ayant connu personnellement, sans être de ses intimes, je peux ajouter quelques précisions. D’autres sans doute voudront aussi donner leur avis sur ce personnage, personnalité puissante mais très contestée. Disons d’abord qu’il avait à son actif un certain courage. Un historien pourrait nous dire exactement dans quelles conditions P.Boussel a été arrêté par les Allemands à Paris pendant la guerre, puis s’est évadé et a rejoint la Résistance, où il a adopté le pseudonyme de « Lambert ». Un peu plus tard, alors qu’il était militant de la CGT, il a été envoyé par cette organisation en Yougoslavie pour prendre contact avec Tito et son parti, mais entre temps la roue avait tourné, Tito était devenu un ennemi de l’URSS, et à son retour en France Lambert a appris qu’il était exclu de la CGT. C’est pour cela qu’il a adhéré à FO, y a pris des responsabilités, et a incité nombre de ses amis à adhérer à ce syndicat, où ils sont encore. Tout cela est à son honneur, et montre qu’il avait des principes et agissait d’après sa conscience de militant. Par ailleurs, c’était un bon vivant, il aimait la bonne chère et les jolies femmes, mais on ne saurait lui en faire reproche. Que n’a-t-il continué ainsi jusqu’au bout ! Si l’on suit sa trajectoire, on ne peut s’empêcher de penser que l’exercice du pouvoir, à l’intérieur de la petite organisation qu’il avait créée, par rupture avec la Quatrième Internationale dirigée par Pablo (Raptis) qui est maintenant représentée en France par la LCR, a fait peu à peu de lui un dictateur retors et plein de contradictions. On me dira que le « pouvoir », dans une formation qui n’a jamais compté plus de 2000 membres, est quelque chose de ridicule, mais compte tenu des innombrables ramifications du réseau d’influence que l’OCI entretenait autour d’elle, son dirigeant devenait une véritable éminence grise dont on pouvait flairer la présence ou l’inspiration dans d’innombrables événements et retournements imprévus de la vie politique, spécialement dans le mouvements ouvrier. A partir d’une certaine époque, disons dans les années 60, le lambertisme s’est concentré autour de la personne de son chef, et est devenu un petit appareil, aussi opaque et intolérant que le gros appareil stalinien. A partir de là , il était admis que les militants de base n’étaient que des pions que la hiérarchie des responsables, savante structure de pouvoirs totalement aveugles et obéissants, pouvait manoeuvrer à sa guise. Tout venait d’en haut, rien ne venait d’en bas. Les militants n’étaient bons qu’à distribuer des tracts, faire signer des pétitions et ramasser de l’argent. Contrairement à tous les statuts, ils n’avaient pas voix au chapitre. Protestaient-ils ? On leur envoyait quelqu’un de prestigieux pour les faire taire. C’est ainsi que pendant la guerre des Malouines, j’ai écrit à Lambert pour lui dire que le mot d’ordre qu’il lançait : « Les Malouines ne sont pas anglaises, elles sont argentines », ne me paraissait pas correct, d’autant plus qu’à cette époque l’Argentine était dirigée par des généraux de sinistre mémoire, et puis enfin le mouvement trotskiste n’était pas nationaliste, il était internationaliste, nous chantions l’Internationale à la fin de chaque meeting, cela représentait quelque chose pour nous. Mais j’avais commis un crime de lèse-majesté, et quelques jours plus tard j’ai dû m’expliquer devant un militant chilien qui avait échappé aux geôles de Pinochet, et devant qui, moi simple enseignant français sans problèmes, je ne pesais pas lourd. Je ne répéterai pas cette discussion, qui ne m’a d’ailleurs absolument pas convaincu, mais je ne me rendais pas compte à ce moment-là que j’étais passé à deux doigts de l’exclusion. Quelque temps après ce fut le tour de Pierre Broué, mon ami de toujours. Lui qui avait passé sa vie à faire toute la lumière sur les procès staliniens et le Goulag, après avoir été utilisé par Lambert comme accusateur dans le procès Mélusine (un militant lyonnais à qui on reprochait quelques virgules), se vit taxé de « royalisme » parce qu’il était allé faire une conférence sur Trotski dans un cercle de royalistes de gauche (cela existe). Exclusion immédiate, naturellement, et Broué me dit ensuite qu’en lisant son acte d’accusation il n’avait pas pu s’empêcher de vomir (physiquement) tant cette prose lui rappelait les actes d’accusation de Vychinski. Comment le mouvement trotskiste avait-il pu en arriver là ? Heureusement qu’ils n’avaient pas conquis le pouvoir en France ! Cependant, Lambert et les dirigeants multipliaient les voyages au long cours pour aller « reconstruire la Quatrième Internationale », et revenaient régulièrement en disant qu’ils avaient rompu avec tous les Troskistes d’Amérique latine et d’Asie du sud-est parce que ceux-ci ne pensaient qu’à se faire élire dans les élections « bourgeoises ». Donc la Quatrième Internationale n’était pas construite, elle était détruite, mais l’OCI existait toujours, c’était l’essentiel. Le but de l’organisation n’était plus de faire la Révolution prolétarienne mondiale, mais de se reproduire en tant qu’organisation. De quoi donner raison à tous les théoriciens de l’anarchisme. Nos cotisations, très lourdes, servaient à entretenir une petite camarilla protégée par le secret le plus absolu (il ne fallait pas renseigner l’ennemi de classe), et à cela s’ajouta un jour un épisode grottesque : on nous demanda de verser exceptionnellement une rallonge à nos cotisations pour alimenter une souscription pour un livre que Lambert allait écrire, et qui serait intitulé « Lénine, Trotski, Quatrième Internationale ». Donc nous payâmes, une fois de plus, mais du livre de Lambert, pas de nouvelles… Les mois, les années passèrent, pas de livre. Pétain disait : « Les Français ont la mémoire courte ». Au moins, on ne pouvait pas reprocher à Lambert d’avoir fait écrire son livre par un nègre ! Il fallait vraiment avoir le coeur bien accroché pour rester dans une telle organisation. Et comme dit le proverbe russe : « Tel pope, telle paroisse ». D’ailleurs, dans la direction de l’OCI, tout le monde appelait Lambert « le pape ». Mais ce qu’on peut, à mon avis, surtout reprocher à Lambert en tant que militant ouvrier, c’est d’avoir transformé l’entrisme selon Trotski en noyautage. Tout le monde répète le mot « entrisme » comme si c’était un terme infamant, mais en réalité Trostki, au moment du Front populaire, avait recommandé à ses partisans, qui à cette époque en France n’étaient qu’une cinquantaine, d’entrer dans la SFIO, mais sans aucune ambiguïté, « bannière au vent », comme il disait, c’est–à dire en exposant en toute clarté leur programme révolutionnaire, ce que les dirigeants de la SFIO acceptaient. Le but n’était pas de « plumer la volaille », faire adhérer certains militants socialistes au parti trotskiste, mais d’infléchir la ligne de la SFIO dans une voie plus à gauche. C’était la tentative de Marceau Pivert, sur laquelle Jean-Paul Joubert a travaillé. On sait que cela n’a rien donné, parce que la SFIO n’a tenu aucun compte de ce que disait ce petit groupe de révolutionnaires, et ensuite une partie des militants trotskistes sont restés dans la SFIO parce qu’ils s’y trouvaient très bien, et les autres sont sortis. Cette tentative n’a pas eu de succès, mais au moins elle était honnête, et son échec n’était pas écrit d’avance. Mais la pratique généralisée par Lambert, et qu’il a appelée « mise en fraction », consistant à placer des militants dans toutes sortes d’organisations, de droite comme de gauche, y compris dans des loges maçonniques (alors que Trotski avait interdit à ses adeptes d’adhérer à la franc-maçonnerie parce que c’était « une organisation bourgeoise ») sans révéler leur appartenance au PT, et en jouant le jeu de l’accord avec l’organisation en question (on les appelle les bernards-l’hermite), cette pratique n’a rien à voir avec l’entrisme, et son but n’est pas de répandre la bonne parole le plus largement possible, mais de faire de l’espionnage et d’augmenter l’influence, y compris financière, de l’organisation lambertiste. Rappelons-nous Rosa Luxemburg : « La vérité est révolutionnaire, le mensonge est réactionnaire ». Elle, elle n’a pas menti, et elle l’a payé de sa vie. Ces considérations posent, à mon avis, un problème pour toute la gauche, pour tout le mouvement ouvrier : comment se fait-il que ce dernier n’ait jamais réussi à instituer une véritable démocratie dans ses rangs ? En ouvrant ce dossier, je ne compte pas étudier les multiples aspects de cette question, il y faudrait des volumes, mais tout de même, quand on est de gauche on ne peut pas renier le siècle des Lumières et la Révolution française. Marx et Engels étaient de cet avis, mais pas Lénine, à cause de l’article de la déclaration des Droits de l’homme qui dit que la propriété est un droit sacré. Propriété des biens personnels, propriété des moyens de production, ce n’est pas la même chose. Et nous n’avons pas à rougir du fait que les partis de gauche adoptent un mode de fonctionnement démocratique sur le modèle de la démocratie dite « bourgeoise », car il faut penser dialectiquement et historiquement, comme le faisait Trotski quand il disait : « Les tâches démocratiques que la bourgeoisie n’est plus capable d’accomplir à cause de sa crise économique, c’est au prolétariat de les réaliser ». Sans idéaliser le prolétariat, on peut reprendre cette formule, à la condition de ne pas oublier que la première tâche démocratique de notre époque, c’est la laïcité.

Antoine Thivel

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Un bémol à la « cause juste » palestinienne

Rebonsoir. Je viens de relire l’article de Kebir Jbil, et je voudrais même mettre un bémol à l’idée de « cause juste » concernant la cause palestinienne. Que le sionisme et la création de l’état d’Israël aient été des erreurs historiques, peut-être. Si les sionistes du dix-neuvième siècle pouvait voir l’état, prospère mais assiégé, qu’est Israël, peut-être auraient-ils renoncé à leur projet. Mais, comme le dit fort justement l’intellectuel égyptien Ali Salem, si tous les états nés d’une erreur historique devaient disparaître, il y en aurait beaucoup ! De même pour les populations déplacées ayant pris la place de populations plus anciennes : au Kosovo, les serbes étaient majoritaires au dix-neuvième siècle, la population serbe était de 50% à la fin de la deuxième guerre mondiale, et, suite aux déplacements de population et aux politiques discriminatoires pro-musulmanes et anti-serbes de Tito, elle était de 10% sous Milosevic. Même si Milosevic et ses séïdes étaient des monstres, même si l’oppression des kosovars albanais sous son gouvernement était inadmissibles, pourquoi la « cause juste » est-elle maintenant celle des kosovars albanais et non celle des kosovars serbes dont beaucoup ont fui la province au rythme des mesures discriminatoires de Tito ? Deuxième exemple : en Afrique du Sud, où il est évident que la population rapportée est la population blanche (+ les zoulous, qui avaient relégué les autres peuples noirs au rang de peuples de seconde zone avant l’arrivée des blancs), même si l’après-apartheid ne se passe pas sans heurts, bien loin de là , je n’ai pas entendu de leaders ou de mouvements noirs parler de jeter les blancs à la mer. Enfin, la réalité historique de l’ensemble Israël/Palestine : en 1948, les palestiniens étaient à peu prêt au nombre de 700.000, principalement des citadins ayant dans l’ensemble un niveau culturel élevé, les zones rurales étant pour beaucoup quasi-incultes (du point de vue agricole, j’entends). Après la proclamation de l’état d’Israël, les palestiniens de souche réfugiés dans les pays arabes voisins ont été parqués dans des camps, l’assimilation dans la société des pays d’accueil leur étant systématiquement refusée, et instrumentalisés par les pays arabes pour promouvoir la destruction d’Israël (erreur historique de leur part : Israël existe toujours !). La population palestinienne est de nos jours, si je ne me trompe pas, d’environ 6 millions de personnes. Comment une population de 700.000 habitants a-t-elle pu croître ainsi en 60 ans ? Simple : les arabes des pays environnants sont tout simplement venus s’y installer au fil des ans, attirés par la prospérité économique d’Israël et le niveau de vie élevé par rapport au leur, des palestiniens ! C’est un fait historique. La plupart des « palestiniens » ne sont pas nés en Palestine, ou leur parents n’y sont pas nés. Israël a rendu les terres cultivables, créé une économie moderne qui nourrit 12 millions de personnes, malgré les énormes dépenses militaires, et la majeure partie des « palestiniens », endocrinés d’abord par les idées nasseriennes, puis par la gauche européenne, et maintenant par les mouvements extrémistes locaux et l’Iran, travaillent opiniâtrement depuis 60 ans à couper la main qui les nourrit. Les palestiniens n’ont toujours pas d’état ? Un exemple simple : qu’ont fait les palestiniens des serres de Gaza après la rétrocession du territoire par Israël ? Incapables de les exploiter, ils ont réclamé à Israël de leur envoyer des spécialistes pour les remettre en service ! Tout est à l’avenant ! Tant que les palestiniens suivront aveuglement des mouvements pour lesquels les seuls enseignements dignes d’intérêt sont le terrorisme, la guerre et la shariah (à propos de shariah, il faudrait d’ailleurs écrire davantage sur la situation de plus en plus dramatiques des palestiniens chrétiens, les grands oubliés de ce conflit, et qui trouvent pour beaucoup secours et accueil… en Israël !), et non les sciences, les techniques et l’économie, comment seront-ils capables de bâtir un état viable, en paix et coopérant avec ses voisins, avec une économie et des infrastructures indépendantes et un système d’enseignement capable de former une jeunesse dynamique et entreprenante ? Alors, une « cause juste », pour moi, même pas. La seule cause juste, pour les palestiniens, serait, comme le dit justement Brigitte Gabriel (arabe chrétienne originaire du sud-Liban, à présent citoyenne américaine), de les débarrasser de ces cancers qui s’appellent Fatah, OLP, Hamas, Hezbollah, qui, à part les avoir endoctriné dans la haine et l’espoir fallacieux de jeter les juifs à la mer pendant 60 ans, les ont depuis le début ponctionné de leurs maigres ressources, d’une part pour alimenter la guerre (disons le terrorisme, pour parler franc), d’autre part pour assurer leur propre train de vie. Il y aurait bien d’autres choses à dire sur le sujet, comme les « informations » de propagande tournées à l’attention de l’occident, auxquelles de nombreux journalistes occidentaux, ceux qui ne sont pas dupes, mais qui continuent pourtant à se taire, ont donné le nom de « Paliwood », mais je vais m’arrêter là , sinon mon e-mail va faire trois pages ! Amicalement.

Vincent Manoury

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