Serge Ayoub : Historiquement, être socialiste, c’est être un patriote et un laïque

Publié le 8 novembre 2010 - par - 7 533 vues
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Riposte Laïque : Dans Prochoix numéro 52, datant de juin 2010, tu étais présenté, dans un article signé Caroline Brancher, comme « un ancien skin head néo-nazi très actif, fin des années 80 ». Elle évoquait, en t’y associant, des saluts nazis, dans le virage Boulogne du Parc des Princes, ainsi que la volonté de casser tout ce qui n’était pas blanc. Enfin, dans le même article, une référence à ta page facebook, de 2010, laissant entendre que tu n’avais pas évolué, évoquant des propos antisémites qui y seraient lisibles. Que réponds-tu à ce texte, et surtout quel regard l’homme de 45 ans, aujourd’hui, porte-t-il sur ce qu’il fut fin des années 80 ?

Serge Ayoub : Cet antifascisme d’opérette me fera décidément toujours sourire… Ce combat a eu un sens à l’époque où notre pays était occupé par des puissances étrangères qui se réclamaient de cette idéologie. Aujourd’hui cet antifascisme de dénonciation systématique de tout ce qui ne pense pas dans les clous est une bouffonnerie. C’est simpliste, facile et ridicule. La première idée qui m’est venue lorsque j’ai lu cette question est : mais qu’est-ce que le monde en général et les Français en particulier ont à fiche de ce que je pensais il y a vingt ans ?

Cependant, comme je n’ai pas l’habitude de me défiler, je vais y répondre le mieux possible.

En 81 j’ai 17 ans, je suis inscrit au Parti Socialiste, et je participe à la campagne de François Mitterrand. Je suis issu d’un contexte familial précis : mon aïeul était ce qu’on nommait un hussard de la République. J’ai appris à lire et à réfléchir avec les dictées édifiantes de son livre d’école. Mon arrière grand-père, était ami du député Valon et membre de la Libre Pensée, comme mon grand-père, décoré de la grande guerre, et qui a fait parti des rares officiers qui refusèrent de prêter serment à Pétain. Au mépris de sa carrière et de sa pension, il partit au Tchad et combattit jusqu’à ce qu’en 45 la France soit totalement libérée. Mon grand oncle est mort en se suicidant, car il ne supportait pas le déshonneur de la défaite de 40 et le défilé des troupes allemandes dans Paris. Mon père a fait la guerre d’Algérie et ma mère fonctionnaire a toujours été au service de l’Etat et dévouée au service public.

Dans ma tête j’avais l’histoire des « dix mille », de la bataille des Thermopyles, de la République Romaine, du repli sur l’Aventin, des frères Gracques, le conflit de Marius et de Sylla. J’aimais les incorruptibles, la nuit du 4 aout et les comités de salut public, la pureté dangereuse et les révoltes populaires, bref, tout ce que vomissait mon époque. J’avais des frissons en lisant la Commune et Verdun. Et j’aurais dû ne pas me sentir trahi par la Gauche de la rigueur, de Tapie et de d’Jack Lang ? J’aurais dû trouver normal de voir la France vendue en pièces détachées aux logiques de l’hyperprofit, les Irlandais de Vincennes, les petites lois entre amis, le sang contaminé, les responsables qui ne sont jamais coupables, les écoutes téléphoniques d’un vieux cochon, l’entretien en grandes pompes de la fille adultérine d’un potentat et la multiplication par dix de ses actifs personnels en une législature. J’aurais dû la fermer quand on voulait nous expliquer que la gauche, c’était l’antiracisme avec la France et le paternalisme avec le tiers-monde ? J’étais un cocu de 81, en colère contre tout cela, je voulais être tout sauf ça et je l’assume !

J’avais 18 ans et je suis devenu skin pour affirmer ce que j’étais : un Français qui aime son pays. On m’a insulté, on a voulu que je me taise, alors j’ai crié plus fort, avec plus de colère, et certains n’ont retenu ou n’ont voulu retenir que cette violence. Mais concrètement j’ai fait quoi ? Un génocide ? Une guerre mondiale ? Un goulag ?

Pour savoir qui je suis aujourd’hui et ce que je fais vingt ans après, il suffit de lire ce que je pense comme dans un livre ouvert sur le site 3emevoie.org ou d’assister aux conférences que j’organise au 92 rue de Javel dans le 15e. Vous pourrez constater par vous même que je n’ai rien à voir avec ce que raconte cette Brancher.

Riposte Laïque : Tu as lancé le « Local », avec Alain Soral, en 2008. Pourquoi vous êtes-vous séparé ? Peux-tu nous dire quels étaient vos objectifs, et quel est ton regard, sur cette expérience, deux ans après ?

Serge Ayoub : Je me suis rapproché d’Alain Soral parce qu’il incarnait incontestablement une ouverture idéologique et une pensée sociale qui faisait cruellement défaut à un camp largement dominé par l’extrême droite réactionnaire classique. L’idée d’un local associatif qui puisse être un lieu de vie pour tous les nationalistes et ceux qui voulaient les rencontrer lui a semblé bonne, d’où notre collaboration. Je me suis éloigné de lui car j’ai estimé que le fait de draguer les Français musulmans en tant que musulmans ne pouvait que diviser le camp national et à terme mener à la marginalisation d’ER (Egalité Réconciliation), ce qui s’est d’ailleurs produit dès 2009. Je ne pense pas que l’avenir de la nation passe par la banlieue.

De plus, je pense que Soral aurait été bien plus efficace pour nos idées en restant à gauche.

Riposte Laïque : Au printemps dernier, Riposte Laïque a été invité, via Pierre Cassen et Pascal Mohamed Hilout, à une conférence sur la défense de la laïcité, au XXIe siècle. Quel bilan avez-vous tiré de cette initiative, en interne ?

Serge Ayoub : Excellente. Nous avions anticipé de la part de notre clientèle une animosité naturelle envers RL, notamment due à ses prises de positions sur les questions sociétales et géopolitiques assez éloignées de l’orthodoxie nationaliste. Au lieu de cela, nous avons vu des Français débattre avec d’autres Français et tomber assez souvent d’accord sur l’idée que nos luttes respectives convergent plus qu’elle ne divergent. A titre personnel j’ajoute que je suis un laïc convaincu. Je mets le bien commun au dessus de l’intérêt particulier. Je fais la différence entre la sphère publique et privée. Dans ce cadre la nation est au dessus de tout. Cela ne m’empêche pas de respecter les croyances de chacun. Je ne suis donc en guerre contre aucune religion, j’entends simplement qu’elle se soumette à la chose publique.

Je fais mienne cette maxime héritée de la république romaine :  » A Rome on vit comme un Romain. »

En ce qui concerne l’Islam en France, il n’est qu’une conséquence de l’immigration et de la pulvérisation identitaire de ce pays par les forces du mondialisme.

L’islam provocateur, ostentatoire et conflictuel que vous stigmatisez souvent non sans raisons est d’abord dû à une perte d’identité des immigrés de la deuxième et troisième génération. Une perte largement imputable à l’abrutissement général organisé par le pouvoir. Ces hommes se cherchent et se retrouvent dans une construction souvent caricaturale et artificielle, ainsi qu’une haine de la France entretenue par des associations qui s’opposent directement à nous, Français, sur notre propre territoire. Cela dit quand un chien me mord, j’ai beau savoir que c’est son maître qui l’a dressé à le faire, je ne peux pas m’en prendre d’emblée au maître et faire comme si le chien n’existait pas. Certains pensent qu’on peut retourner le chien contre son maître ? On verra. Mais je crois que ce chien-là est bien dressé.

Je ne saurais dire si ce phénomène d’islamisation relève de la tactique et du « diviser pour régner », ou d’une véritable stratégie pour liquider l’unité et l’identité de ce pays. Ce qui est certain, c’est que tout artificiel qu’il soit, il représente désormais une menace qu’il faudra traiter si on ne veut pas être traités par elle. Cependant, stratégie ou tactique, l’islamisation comme l’immigration sont l’œuvre du système. L’instrumentalisation par le pouvoir de ces provocateurs islamistes, comme de la racaille haineuse des cités a tendance à occulter le fait que c’est le grand capital qui importe des immigrés parfois musulmans pour augmenter sa plus-value, le peuple devant subir et payer, et que c’est le gouvernement qui fait construire le plus de mosquées, présentées comme un remède aux maux dont il est seul responsable.

Alors oui la France supporte mille plaies mais elles sont dues à un seul virus et dans ce combat pour notre liberté, notre identité et notre survie même il ne faut pas se tromper d’ennemi. Ne confondons pas causes et conséquences, les responsables et les exécutants.

Riposte Laïque : Quel est ton regard sur la situation de ce qu’on appelle l’extrême droite, en France, en 2010 ? Peux-tu expliquer à nos lecteurs tes divergences par rapport aux Identitaires, avec qui Riposte Laïque a organisé l’apéro saucisson pinard du 18 juin ?

Serge Ayoub : En ce qui concerne l’extrême droite, je constate que ceux qu’on y rencontre ne sont pas si souvent de droite ! Il y a chez nous de plus en plus de gens qui sont des Français issus de la gauche ou de la droite qui ont dépassés ce type de clivages, qui aiment leur pays et qui ont compris que la seule arme pour lutter contre la mondialisation ultralibérale, c’était la Nation.

Il faut faire de la politique, la vraie, celle qui veut changer la société, redonner espoir, penser l’avenir. Donc bon, c’est vrai qu’on devrait avoir le droit de saucissonner, et c’est vrai que le sketch islamo-tout ce qu’on veut rue Myrha, c’est n’importe quoi, c’est une provocation de plus. Mais si notre seule cause, c’est le saucisson, où est la politique ? Le droit à la cochonnaille c’est sympa et drôle mais pour être franc je ne pense pas que nous ferons la révolution à coups de tranches de saucissons ! Comme coup d’agit-prop, pourquoi pas ? Mais dans agit-prop, il n’y a pas qu’agitation, il y a prop aussi… et donc, la question est : qu’est-ce qu’on veut propager ? La réponse est de prendre le pouvoir et d’agir vraiment. La vraie question c’est comment on y arrive. Le reste c’est du sociétal pour militant désœuvré.

Sur le chapitre des Identitaires, mes divergences portent avant tout sur la conception trop régionaliste du combat national. Un régionalisme excessif qui vise à terme la partition de la France. Ce démembrement ne servirait que les ennemis de cette nation. Je rappellerai aussi que l’Europe des régions est un pilier du projet de Giscard pour notre continent.

Quant à la question sociale, elle y est pour ainsi dire complètement oubliée en faveur de la promotion des langues régionales ? En revanche, il est vrai qu’ils apportent une image plus policée de notre combat. Mais le Français, quand il est en colère, est rarement poli.

Riposte Laïque : Comment juges-tu les deux candidats des primaires du Front national, Marine Le Pen et Bruno Gollnish ?

Serge Ayoub : Les questions de personne ne m’importent pas, ce qui compte, c’est ce que veulent faire les deux candidats, les lignes politiques qu’ils proposent. Pour l’instant, le moins qu’on puisse dire, c’est que tout n’est pas clair…

Mon choix de patriote ira vers celui ou celle qui combattra pour la justice sociale dans mon pays,

Riposte Laïque : Les journalistes du Monde Caroline Monnot et Abel Mestre évoquaient ton intérêt nouveau pour la question syndicale. Tu as invité Jacques Philarcheïn, syndicaliste, membre de Résistance Républicaine et contributeur de Riposte Laïque, sur le thème « Pour un syndicaliste patriotique et solidaire ». Cherches-tu, comme les gauchistes dans les années 70, à faire passer tes idées dans le mouvement syndical ?

Serge Ayoub : L’exemple est peu flatteur, car dans les années, 70, les gauchistes ont davantage saboté le syndicalisme qu’ils ne l’ont rallié à leur idées. D’ailleurs, le gauchisme, c’est quoi ? La révolution morale de la grande bourgeoisie, autant dire rien du point de vue de la justice sociale. Notre démarche est de pénétrer le monde du travail, d’abord parce que c’est là que se trouvent les Français, ensuite parce que c’est eux qui ont objectivement intérêt à nous rejoindre. Ce sont eux qui sont la proie de la paupérisation orchestrée sans vergogne par les multinationales avec l’appui de nos gouvernements. Ce sont eux et leur famille qui sont victimes des conséquences d’une immigration qui a explosé depuis 40 ans. Ce sont eux à qui on demande de travailler deux ans de plus et qui bientôt vivront en moyenne 5 ans de moins. Ce sont eux à qui nous devons parler, ce sont eux que nous devons défendre.

Mais le vrai sujet, c’est : comment faire en sorte que le peuple de France, toutes tendances politiques confondues, se réveille et renverse ce pouvoir mondialiste capitaliste de plus en plus fanatique qui nous fait crever. C’est cette lutte qui forge l’unité !

J’invite par ailleurs vos lecteurs à écouter ce que Jacques Philarcheïn a dit, au Local, le 28 octobre dernier.

http://rutube.ru/tracks/3751167.html?v=d6df5499d0d15ad6e61cf5a08965c471

Riposte Laïque : Historiquement, la mouvance politique à laquelle tu appartiens a toujours marqué une forte hostilité à la République, et à ses valeurs égalitaires. Or, tu as invité une républicaine, Christine Tasin, de Résistance républicaine, à venir parler au Local le 25 novembre et tu parais avoir un discours différent, n’hésitant pas à te réclamer de la IIIe République. Comment concilies-tu cet attachement et ton appartenance à une droite nationaliste ?

Serge Ayoub : L’opposition entre républicanisme et droite nationaliste correspond à une situation historique qui a existé en gros à l’époque où la vieille droite catholique survivante de l’Ancien Régime et les milieux d’inspiration plutôt franc-maçonne opposés au catholicisme s’affrontaient pour déterminer le devenir de la France. Donc, c’est un peu comme si on me disait : comment concilies-tu tes origines armagnacs avec ta collaboration avec le parti bourguignon !

Réveil, on est au XXI° siècle, là ! Les vraies forces en présence sont d’une part l’oligarchie mondialiste, d’autre part les peuples, déjà quasiment transformés en troupeaux d’ahuris par l’idéologie que les médias véhiculent ! Tout le reste est secondaire, tout le reste n’est plus que survivance. La vraie question, c’est : pour le peuple, ou pour l’oligarchie ? Au regard de cette question-là, la « droite nationaliste » c’est quoi ? En quoi est-on de droite quand on s’oppose au capitalisme mondialisé ? Aujourd’hui, le nationalisme français est devenu de fait un nationalisme de décolonisation, puisque la France est colonisée. Bref, que cela nous plaise ou non, nationalistes et patriotes républicains sont appelés à converger, puisqu’ils ont le même ennemi principal commun : le mondialisme.

Comme vous l’évoquez, je me considère républicain parce que je me bats pour que la chose publique prime les intérêts particuliers d’une poignée de puissants. Je suis républicain parce que j’estime que la laïcité doit être défendue contre les revendications répétées et impudiques faite au sein de l’espace publique au nom d’intérêts de nature communautaire, qui vont des lesbiennes aux musulmans aux en passant par les gays, les transgenres, les régionalistes, les Chasse et Pêche, le CRAN ou le CRIF. On veut nous faire croire que la France est devenue ce grand capharnaüm bigarré que le sens commun a quitté, notre objectif est de réaffirmer, au nom de la République, ce sens commun. Je crois en l’Etat de droit et en la justice si elle est égale pour tous. Ce qui me fait douter qu’aujourd’hui nous soyons pleinement en République.

Pour le reste je crois avoir longuement répondu sur ce sujet dans la première question.

Riposte Laïque : Quel est ton regard sur les dernières semaines qui viennent de s’écouler, autour du conflit social sur les retraites, et de l’entrée dans la lutte des lycéens ?

Serge Ayoub : Quand on a en face de soi un pouvoir qui ne veut pas négocier, et d’ailleurs n’a rien à négocier, il y a deux solutions, et deux seulement : la soumission, ou la révolution. Or, pour faire la révolution, il faut deux choses : une troupe qui n’a plus rien à perdre, qui veut un changement radical, et un état-major pour l’encadrer. Là, on n’a ni l’un ni l’autre. Les manifestants ne veulent pas changer radicalement, ils veulent que tout continue comme avant. Déjà, pour faire la révolution, c’est mal parti. D’autre part, il n’y a pas d’état-major révolutionnaire. Donc ça mène où ? A rien. Et c’est dommage. Ça va se terminer par une espèce de période bizarre, de blocage tous azimuts, avec une mauvaise ambiance dans le pays, mais sans alternative au maintien d’un pouvoir complètement déconsidéré. Conclusion : le grand sujet, c’est la proposition d’une vraie alternative. Tant qu’il n’y a pas de vraie alternative, ce pouvoir complètement déconsidéré se maintiendra par défaut.

Quant aux lycéens, c’est ridicule. A quinze ans, on va à l’école et on apprend. Franchement, c’est du grand guignol, tout ça. Je comprends très bien que les jeunes soient inquiets, ils ont raison d’ailleurs. Mais ce n’est pas à quinze ans, en reprenant des slogans par cœur et en se faisant éventuellement dépouiller leurs iphones qu’on renverse un pouvoir ou qu’on écrit l’histoire, ou même qu’on en déplace une virgule. Je commencerai à m’intéresser aux manifs quand ce sont les vrais opprimés, les chômeurs, les salariés qui ne peuvent même plus se payer de logement, les gens qui n’ont même pas de retraite à défendre, quand ce sont ces gens-là qui descendront dans la rue. Parce que là, ça sera du sérieux.

Quant à la réforme elle-même, elle est bien sûr inique et injustifiée d’un point de vue économique : avec plusieurs millions de chômeurs et des perspectives de croissance extrêmement faible à moyen terme, le moins que l’on puisse dire et que la priorité n’est pas de faire travailler plus longtemps les actifs.

Riposte Laïque : Nous écrivons souvent, à Riposte Laïque, que l’islamisation de notre pays, et la poursuite de la politique migratoire menée depuis 30 ans, sont porteurs d’un danger de guerre civile pour notre pays. Es-tu surpris que des personnes se réclamant des idéaux de gauche puissent écrire cela, et partages-tu cette lecture inquiétante de l’évolution de la France ?

Serge Ayoub : En 93, j’ai déclaré devant les caméras d’Arte que la société mult-iraciale amenait nécessairement une société multi-raciste. Les problèmes que posent l’Islam ne sont que l’expression de ce racisme multi-directionnel qui fait de la communauté nationale un mot vide de sens, pour le plus grand bonheur de nos gouvernants complices de cette immigration qui compte dans ses rangs énormément de musulmans. Je peux comprendre que certains immigrés trouvent dans leur religion un exutoire identitaire pour palier à leur déracinement. Néanmoins, la conception de la France que j’ai, et qui ne doit pas être éloigné de celle d’un homme de gauche, m’oblige à dire que si un individu fait passer ses obligations religieuses avant son devoir d’assimilation à la communauté nationale dont il entend être membre, il s’en exclut de lui-même et ne peut demander à être traité en tant que Français, quand bien-même il en aurait la nationalité. Ce n’est pas moi, Serge Ayoub qui vais vous dire que nous, Français, nous devons, en plus d’être exploités par une oligarchie qui se moque complètement du devenir de ce peuple, nous laisser bafouer à domicile par des petites équipes d’illuminés sectaires débarqués du tiers-monde et convaincus d’incarner l’avenir civilisationnel de l’Europe.

Je ne suis donc pas surpris, parce que je ne vois pas pourquoi des gens de gauche ne pourraient pas être lucides. L’expérience m’a enseigné que la proportion de crétins est à peu près la même à gauche et à droite, et donc la proportion de pas trop crétins aussi. Que notre pays soit menacé d’explosion est évident. Les banlieues sont tout ce qu’on veut, sauf un lieu où naîtrait la France d’après. C’est un lieu après la France, ce n’est pas pareil. De plus historiquement être socialiste sous la 3eme République c’est être un patriote et un laïc. Vous êtes donc des républicains, radicaux ou socialistes, ‘canal- historique’! C’est la gauche qui a trahi ses principes années après années, compromissions après compromissions, ministères après ministères, magouilles après magouilles, lâchetés après lâchetés !

En ce qui concerne l’islamisation, j’ai répondu plus haut : elle est d’une part la conséquence naturelle de l’immigration de ces 40 dernières années, et une volonté du pouvoir de pulvériser la communauté nationale en prétendant lutter contre la menace d’un islam radical clandestin. Comme si construire des mosquées aux frais du contribuable, car quand on cède un terrain de l’Etat, pour un euro, c’est clairement le vol d’un bien appartenant aux Français, allait empêcher les quelques fondamentalistes, salafistes, wahhabites ou que sais-je, de prospérer sur le terreau de la misère sociale qui s’accroit pour tout le pays ! Ca n’empêche pas bien sûr qu’un arabe de culture musulmane puisse se sentir français ni qu’il en adopte les mœurs et l’esprit. Et, lui il peut se retrouver dans notre combat. Dans ce contexte de montée des tensions ethno-religieuses tout l’enjeu pour lui sera de se démarquer en choisissant son camp. Je conclurai donc sur cet avertissement pour tout ce « bon grain » et leur demanderai d’agir, avec nous, avant qu’ils ne soient emportés par les confusions que les clivages fabriqués à la hâte ne manqueront pas d’amener.

Riposte Laïque : Si un candidat aux présidentielles te demandait conseil, pour 2012, quelles sont les cinq mesures que tu lui conseillerais de prendre ?

Serge Ayoub : 1. L’abrogation de la loi de 1973 obligeant la République à se financer sur les marchés financiers au lieu de battre monnaie. Je ne vois pas pourquoi nous devrions emprunter de l’argent à des gens qui le fabriquent. On peut aussi bien le fabriquer nous-mêmes. Et si ça déplaît aux grandes banques, on peut aussi dans la foulée annuler unilatéralement toutes les dettes publiques qu’elles détiennent, ça leur fera les pieds. Ne pas oublier de garantir les avoirs des petits épargnants sur un fond public alimenté par les confiscations, bien sûr.

2. Pour cela, la sortie de l’Union Européenne, autant que possible dans un cadre négocié avec les autres grands pays européens. Ça devrait être jouable, parce qu’au fond, tout le monde en a marre, même les Allemands, sauf quelques richards qui s’y retrouvent. D’ailleurs, est-ce que quelqu’un sait à quoi sert Van Rompuy ? Quand il faut décider, Sarkozy, Merkel et Medvedev se rencontrent, et visiblement, ils ne demandent rien à l’autre ‘serpillère humide’ ? Franchement, on pourrait décider que la comédie européiste a assez duré, non ? A qui ça manquerait de ne plus devoir se taper les 140.000 pages de directives pondues par des crânes d’œuf pour la commercialisation des fromages au lait cru, de la viande séchée ou des fixe-chaussettes ?

3. L’abrogation de la loi sur le regroupement familial et, au-delà, la révision des lois sur l’immigration et la nationalité, en particulier la dénonciation des conventions sur la double nationalité avec les pays qui comptent beaucoup de binationaux ; en contrepoids, une vraie politique vraiment en faveur des populations en difficulté, une sorte de nouveau contrat social national, si vous voulez. Que ceux qui ne veulent pas signer ce contrat aillent ailleurs, où ils voudront, le monde est grand… et que les autres s’inscrivent avec nous dans notre histoire.

4. Une politique de relance dans un cadre protectionniste, après renationalisation d’une bonne partie des industries qui touche à l’essence de la France, à notre indépendance, à notre énergie comme les communications et les banques et avec une fiscalité très lourde sur les institutions financières, y compris spoliation pure et simple en cas d’évasion fiscale. Bref, une grande politique de redistribution de la richesse, sans trop demander leur avis aux riches, pour relancer le développement national. De toute façon, ça se terminera comme ça, vous verrez. Alors autant se mettre à l’avant-garde.

5. Enfin, une grande politique de relance de la natalité. La baisse de la natalité des Français, si on omet la perfusion migratoire dont on n’est pas sûr que le groupe où le rhésus soit compatible avec le nôtre, est largement d’origine sociale. Il faut que les Français aient les moyens d’assumer financièrement d’avoir deux ou trois enfants sans forcément disposer des revenus d’un chef d’entreprise… Il faut refonder nos valeurs, et la première valeur, c’est la vie elle-même. On peut développer l’adoption prénatale, par exemple, ou encore mettre en place un salaire maternel. L’avenir d’un peuple, ce sont ses enfants ; sans enfants, pas d’avenir ; sans avenir, pas de projet, pas d’élan, pas d’audace.

Merci de m’avoir permis de m’exprimer librement

Propos recueillis par Pierre Cassen

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